dimanche 22 novembre 2015

Chapitre 14 – 1850 à 1852 L’adieu à l’ancien Café de la Régence

русский перевод

Contenu du chapitre 14 (dernier du tome 1)

Bouleversements  – Statuts du Cercle des échecs de la Régence – Cercle des échecs, Café et Estaminet de la Régence – Un enfant appelé Paul Morphy – Grand Tournoi au Cercle des échecs – 1er Tournoi d’échecs international à Londres – Kieseritzky représente la France à Londres – La partie immortelle – Les échecs en berne – Les travaux annoncés dans le quartier du Palais-Royal

Une annonce de tournoi au Café de la Régence


Au début de l’année 1851, la revue La Régence publie un courrier de la Nouvelle-Orléans datant de la fin de l’année 1849, de la part d’Ernest Morphy, oncle d’un tout jeune joueur promis à un grand avenir : Paul Morphy. Ce dernier n’a que 12 ans en 1849 et son niveau de jeu est déjà stupéfiant.

« Nous devons cette jolie partie à l’obligeance de M. Ernest Morphy, de la Nouvelle-Orléans, qui nous écrit à cet égard les lignes suivantes :

« Nouvelle-Orléans, le 31 octobre 1849.
Mon cher Monsieur,
Je vous envoie ci-jointe une partie d’Échecs jouée le 28 courant, par M. R… et le jeune Paul Morphy, mon neveu, âgé de seulement douze ans. Cet enfant n’a jamais ouvert un traité d’Échecs ; il a appris le jeu de lui-même, en suivant les parties jouées entre les membres de sa famille. Dans les débuts, il joue les coups justes comme par inspiration ; et l’on est étonné de la précision de ses calculs dans le milieu et à la fin des parties.
Assis devant l’Échiquier, nulle agitation ne se révèle sur son visage, comme dans les positions les plus critiques ; dans ces cas, il siffle ordinairement un air entre ses dents et cherche avec patience la combinaison qui doit le tirer d’embarras. Aussi, fait-il trois ou quatre parties assez ardues chaque dimanche (seul jour où son père lui permette de jouer) sans éprouver la moindre fatigue.  »
 
Ce Monsieur R… adversaire de Paul Morphy est en fait Eugène Rousseau (Circa 1810 / 1870), un français émigré à la Nouvelle-Orléans et réputé pour y être le plus fort joueur d’échecs de cette époque.

Morphy,Paul - Rousseau,Eugène
Nouvelle-Orléans, dimanche 28 octobre 1849

Cette partie s'est jouée à la Nouvelle-Orléans le 28 octobre 1849. Les commentaires sont de Lionel Kieseritzky. Cette partie Italienne, selon notre dénomination moderne, est appelée par Kieseritzky "Partie du Cavalier irrégulière".
1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fc4 f5


Ce gambit en second est vicieux parce que les Noirs ouvrent au Fou Blanc une ligne d'attaque qui les empêchera de roquer. [Le coup juste eût été 3...Fc5 ] 4.d3 Cf6 5.0–0 d6 6.Cg5 Bon coup d'attaque, avec lequel les blancs entrent dans le début du Cavalier sur lequel feu Bilguer nous a laissé son mémorable ouvrage. 6...d5 7.exd5 Cxd5 8.Cc3 Cce7 9.Df3 c6 10.Cce4 Coup délicieux, profondément calculé.  



10...fxe4 La prise du Cavalier nous parait fort dangereuse. Il aurait mieux valu jouer Dc7. [10...h6 11.Dh5+ g6 12.Fxd5 Dxd5 (12...gxh5 13.Cf6#) 13.Cf6+ Rd8 14.Cxd5 gxh5 15.Cf7+ Re8 16.Cc7+ Rxf7 17.Cxa8 Cd5 18.c4 Cb4 19.Fe3 Cc2 20.Tac1 Cxe3 21.fxe3 Fd6 22.c5 Fb8 23.e4 et le Cavalier Blanc n'est plus en danger, puisque le Fou Noir ne peut pas bouger.] 11.Df7+ Rd7 12.De6+ Rc7



En revenant avec le Roi à sa case les Noirs s'exposaient à un autre danger. [12...Re8 13.Df7+ Rd7 14.dxe4 et les Blancs regagnaient la pièce perdue, gardant la position supérieure.] 13.Dxe5+ Dd6 14.Dxd6+ Rxd6 15.Cf7+ Re6 16.Cxh8 exd3 17.cxd3 Rf6 18.b4 Fe6 19.Te1 Fg8 20.Fb2+ Rg5 21.Te5+ Rh6 22.Fc1+ g5 23.Txg5


Brillamment terminée une jolie partie qui aurait fait honneur à nos meilleurs amateurs. LIONEL KIESERITZKY. 1–0

(Pour visualiser la partie il vous faut un lecteur d'Adobe Flash).

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