vendredi 8 novembre 2019

Dernières traces du Café de la Régence ?

Etienne Cornil m’a fait parvenir un document qui date de début 1957 et qui représente à ce jour la trace la plus récente du Café de la Régence.
Je le remercie tout particulièrement pour cette découverte que j'ai le plaisir de partager sur ce blog.

Attention, quand j’indique « trace du Café de la Régence », il s’agit du lieu historique depuis 1855, et non l’ersatz ouvert en 2016 à quelques dizaines de mètres, qui se sert allègrement des images de ce blog et qui n’a rien à voir avec le jeu d’échecs.

Voici donc le document d’Etienne, que j’ai retranscrit partiellement, suivi de quelques commentaires

« CAISSA
Revue mensuelle de la Fédération Belge des Échecs
15 janvier 1957 – 5



Paris la nuit
(traduit de l’anglais d’après un article de Art. Buchwald).

Nous sommes toujours heureux de trouver un restaurant ou un café qui a un passé historique. Cela ne rend pas la nourriture ou les boissons meilleures, mais nous donne l’occasion d’écrire au sujet de quelque chose.
Un des plus vieux cafés de Paris est le Café de la Régence, place du Théâtre Français, juste en face de la rue de la Comédie Française, salle Richelieu.
(…)
L’année passée, Monsieur et Madame Bataille (elle est la sœur de Claude Terrail) achetèrent le Café et essayèrent de faire revivre son grand passé. À l’entrée se trouve la table sur laquelle Napoléon joua. À l’intérieur se trouve un restaurant de premier ordre et un endroit retiré pour les célébrités actuelles du théâtre et des lettres.
Dans le fond, les même joueurs d’échecs qui n’ont pas bougé depuis les jours de Robespierre, peuvent être vus assis et rouspétant au sujet du bruit.
On peut y aller soit pour le déjeuner, le dîner ou le souper, quoique nous préférons ce dernier. Il n’y a rien de plus agréable qu’un restaurant tranquille et historique, surtout si vous désirez un peu jouer aux échecs. »

Je n’ai pas retranscrit la partie du texte qui contient les poncifs, broderies et légendes que l’on trouve partout au sujet du Café de la Régence, cela n’a pas d’intérêt.
Par contre la partie finale attire mon attention pour plusieurs raisons :
* La date de ce texte
* Les joueurs d’échecs
* le nom des nouveaux propriétaires

Pour la date, mes recherches pour mon livre montrent que le Café de la Régence change de nom en 1955 pour devenir « Hostellerie Guillaume de Conquérant ».


Bottin du commerce de 1954 au 161 rue Saint-Honoré (Archives de Paris)


Bottin du commerce de 1955 au 161 rue Saint-Honoré (Archives de Paris)

Mais Il y a quelque chose qui ne colle pas.
Le texte ci-dessus est publié en janvier 1957, à partir d’une traduction (probablement d’un texte de 1956), et parle donc d’un changement de propriétaire l’année d’avant en 1955.
Tout ça est ok, mais il ne s’agit plus du Café de la Régence, car le Bottin du commerce indique un changement de nom.

Quant à l’activité du jeu d’échecs, elle y existe peut-être mais elle est anecdotique.
Voici un extrait du tome 2 de mon livre.

J’ai passé pas mal de temps à feuilleter la collection complète de la revue L’Échiquier de Paris (1) puis de la revue L’Échiquier de France qui lui succède sans trouver la moindre allusion au Café de la Régence de 1946 à 1958. 
En 1946 la liste des Cercles d’échecs de la région parisienne que publie L’Échiquier de Paris montre qu’ils sont quasiment tous installés dans des Cafés. 
C’est une tradition française qui est alors encore fortement ancrée à cette époque. 
Si vous souhaitez jouer aux échecs en France depuis le début du XVIIIe siècle alors vous devrez obligatoirement ou presque mettre les pieds dans un Café. Vous noterez que curieusement le grand Cercle Caïssa se trouve alors dans le quartier du Palais-Royal si cher au jeu d’échecs français.  

« (…) Cercle Caïssa – Provisoirement installé au Café « Le Dauphin », Place du Théâtre Français (Métro Palais-Royal) et sous l’impulsion énergique et l’intelligente directrice direction de son active Présidente, Mme Le Bey Taillis, le Cercle « Caïssa » poursuit son activité avec le même brio que par le passé. (…)

Échecs du Palais-Royal (2)
La Coupe d’Or 330, rue Saint-Honoré (VIIIème) (…) (3) »

(1) L’Échiquier de Paris – Bulletin des Cercles de l’Ile de France – La collection complète va de 1946 à 1955. En 1956 cette revue fait place à l’Échiquier de France qui portera la mention ex-échiquier de Paris. En 1959 l’Échiquier de France fusionnera avec l’Échiquier de Turenne pour donner naissance à la revue toujours existante en 2015, Europe Échecs.
(2)  Comme déjà vu, il s’agit de l’association qui succède à l’Union Amicale des Amateurs d’échecs de la Régence en 1918. Cette association semble disparaître après l’été 1953. En effet je n’en ai plus trouvé de trace après le numéro de juin 1953 de l’Échiquier de Paris
(3)  L’Échiquier de Paris – Avril 1946

Voir également un petit article que j’avais rédigé sur la visite à Paris au début des années 1950 des deux joueurs soviétiques Flohr et Kotov.


L'acteur Jean Marais et la table de Bonaparte, dans les années 1950.
Café de la Régence ?

Le dernier point du texte communiqué par Etienne Cornil ouvre un espoir de retrouver la table de Bonaparte.
Il est indiqué que la femme du nouveau propriétaire est Mme Bataille, sœur de Claude Terrail.
Claude Terrail était le propriétaire du fameux restaurant « La Tour d’Argent » à Paris jusqu’en 2006, année de son décès. C’est son fils, André Terrail, qui lui a succédé.
J’ai écrit à la « Tour d’Argent » et à M. André Terrail, un peu comme une bouteille à la mer, en espérant avoir une piste au sujet de cette fameuse table de Bonaparte. A suivre…

dimanche 15 septembre 2019

Acte de naissance de Deschapelles

M. Philippe Bodard, que je remercie chaleureusement, m'a communiqué l'acte de naissance de Deschapelles, ainsi que la transcription de l'acte.

Avant de lire cet acte de naissance, je vous invite à voir ou revoir la courte biographie que j'avais écrite sur Deschapelles en suivant ce lien.
On ne peut que regretter que la Fédération Française des Échecs ne mette pas en avant cet homme extraordinaire, qui fut le meilleur joueur d'échecs du monde au début du 19e siècle.

La suite de cet article est de la main de M. Bodard :


Ville d’AVRAY, 7 mars 1780, naissance d’Alexandre Deschapelles (baptême du 10 mars 1780).

Alexandre Louis Honoré né le mardy sept Mars de l’année
mil sept cent quatre vingt du légitime mariage de Messire Louis
Gatien Lebretton Deschapelles Chevalier Chevalier de l’ordre Royal
Et Militaire de St Louis Lieutenant Colonel d’Infanterie et de
Damoiselle Marie Françoise Geneviève d’Hemerie de Cartousière
De cette paroisse a été baptisé par nous Curé soussigné le dix
Mars de la même année le parrain Messire Honoré François de
Commendaire de Taradeau Chanoine archidiacre Dumans
Vicaire Général du diocèse de St Flour, la maraine Mademoiselle
Marie Claude Alexandrine Eleonore Guitton épouse de Messire
Jean Jacques Gatien Lebretton procureur du Roy de St Marc Ile de St Domingue
Oncle de l’enfant qui ont signé avec nous le père étant présent
M C A E Guiton Bretton Deschapelles
Ho François de Commendaire de Taradeau chn arch vic gen.
Le Robert Curé Lebretton Deschapelles

Notes :

- Dumans = Du Mans, H. F. de Commendaire de Taradeau (1741- ?) était bien archidiacre du Mans (dès au moins 1774).
- Marie Claude Alexandrine Eléonore Guitton (de Petit Breuil), (1751-après 1817), mariée le 08/01/1771 à St Marc, St Domingue,
- à Jean Jacques Gatien Lebretton Deschapelles né le 11 juin 1741, décédé le 3 novembre 1795, oncle d’Alexandre.
- Louis [Nicolas] Gatien Lebreton Deschapelles (1745-1805), père d’Alexandre
- Marie Françoise Geneviève d’Hemerie de Cartouzière ( ?- ?), mère d’Alexandre, mariage en 1770.
Je croyais qu’Alexandre était un filleul de Louis XVI, en fait il semblerait que c’est son père qui était un filleul de Louis XVI (Généalogie et Histoire de la Caraïbe numéro 205 Juillet-Août 2007).

dimanche 1 septembre 2019

Lettre manuscrite de La Bourdonnais

En août 1923, la revue "La Stratégie" publia une lettre manuscrite de La Bourdonnais.
Il existe assez peu d'informations sur La Bourdonnais, ce qui en fait un document très intéressant.
Il fut, rappelons-le, le meilleur joueur d'échecs du Monde, en gros de 1825 à 1840 (année de son décès à Londres), et personnage incontournable du Café de la Régence durant cette période.
Et j'ai essayé de faire un biographie de La Bourdonnais dans le tome 1 de mon livre, à partir de mes recherches dans différentes archives.


Cette lettre, un peu difficile à déchiffrer, donne quelques informations sur sa vie privée, notamment sur ses difficultés financières et sa santé.
Ceci comme l'indique l'introduction signée V. Place et que voici :

"Un autographe de Mahé de La Bourdonnais - Par M. V.Place

Alors que les revues modernes nous tiennent aujourd'hui au courant de tous les faits et gestes des maîtres actuels de l'échiquier, - sans nous faire grâce de la moindre séance de parties simultanées - nous ne savons que peu de choses sur les maîtres du passé.

Nous avons conservé à peine du grand Philidor quelques parties jouées dans sa vieillesse ; nous avons en vérité de Mahé de La Bourdonnais les parties de ses matches contre Mac Donnell, mais des nombreuses luttes qu'il a soutenues victorieusement, à but ou en faisant l'avantage, tant en France qu'en Angleterre, il ne nous est presque rien parvenu.

Nous possédons de Philidor une image fidèle; mais celle de de La Bourdonnais qui nous a été transmise n'offre de l'avis de ceux qui ont connu ce grand maître, aucune ressemblance.
Aussi nous semble-t-il que le moindre document relatif à celui qui fut aux Échecs le plus grand génie, avec Morphy, présentait un intérêt réel, pourvu qu'il fût direct et authentique.

On lira, pensons-nous, avec plaisir la lettre autographe de de La Bourdonnais que nous reproduisons par la photographie, lettre écrite quatre ans après sa victoire sur le célèbre Mac Donnell et deux ans avant la mort prématurée du maître.

On ne peut qu'être frappé par son style correct et facile et par son élégante écriture de l'époque; on verra avec émotion, dans cette missive, les traces d'une splendeur passée et les indices des difficultés matérielles où de La Bourdonnais commençait à se débattre et qui assombrirent ses derniers jours; enfin on y lira avec tristesse les plaintes qu'il formule sur sa santé, plaintes, hélas ! trop fondées, car elles révèlent les atteintes du mal qui devait bientôt l'emporter."


Quelques commentaires sur cette introduction :

1) Joué à but, signifie jouer à égalité matérielle avec son adversaire. Il était habituel au XIXe siècle de donner à son adversaire du matériel et/ou le trait afin d'équilibrer la partie d'échecs.

2) Comme Deschapelles, La Bourdonnais avait la réputation d'être beaucoup plus fort que Philidor pour ceux qui connurent les 3 joueurs.
Actuellement, seul le nom de Philidor reste connu des amateurs du fait de sa célèbre maxime.

3) Les différents matchs entre La Bourdonnais et Mac Donnell se sont déroulés en 1834 à Londres. 6 matchs en tout, 85 parties jouées. La Bourdonnais en gagna 45, contre 27 à son adversaire et 13 parties remises.
Ce match consacra la suprématie aux échecs de La Bourdonnais en son temps.

4) Contrairement à ce qu'indique M. V.Place, la lecture de la lettre n'est pas si simple.
D'ailleurs il me manque un mot que je n'ai pas réussi à retranscrire. Si quelqu'un peut m'aider !?
Il est dommage que M.V.Place n'indique pas qui est en possession de cette lettre. Elle doit toujours exister, j'imagine.


Vous pouvez cliquez sur l'image pour voir la lettre en plus grand.

Voici le contenu de la lettre de La Bourdonnais

"
répondu le 18 août

Monsieur,

Ayant fait bâtir en 1836, une maison rue St Antoine
je me suis trouvé en dissidence avec mon entrepreneur.
mes  comptes ne sont points terminés avec lui ; hier, j’ai
reçu une lettre de son avoué, qui m’a menacé (?) d’une
procédure dispendieuse, ma position envers lui ne
me fait nullement craindre cette provocation. cependant
Monsieur, je serai bien aise de causer avec vous de 
cette affaire, mon infirmité m’empêchant d’aller à Paris,
il faudrait nécessairement que vous veniez chez moi
à Villemonble, pour que je puisse vous entretenir de
tout cela qu’il me serait impossible de vous faire
connaitre par écrit à cause de la longueur des détails.

J’ai des notes sur ??????, la correspondance et les marchés
Dont je vous donnerai toutes les circonstances.
Je sais Monsieur, combien votre temps est précieux pour
tous vos clients, cependant ma fâcheuse position
demande une exception, j’ai donc espéré
que vous voudriez bien vous rendre à mon
invitation le plus prochainement possible, pour que
nous avisions ensemble de la réponse à faire à l’avoué
de ma partie adverse.

Nous avons des voitures qui viennent à Villemonble
Mais elles ne vous conviendraient pas, parce que leur
Retour est trop tardif ; aussi Monsieur, prenez 
une voiture, dont son prix sera compris dans
votre vacation.

On vient à Villemonble en sortant par la
Barrière St Martin, en passant à Pantin,
Noisy le Sec et Villemonble.

Cette circonstance me procurerait le plaisir de 
Vous connaitre, on traite mieux les affaires, quand
On s’est vu.

J’ai l’honneur Monsieur, d’être avec la
Considération la plus distinguée,

Votre très humble serviteur 

Mahé de la Bourdonnais

Villemonble ce 17 août 1838
"

Une recherche rapide dans les archives françaises en ligne permet de trouver à Villemonble (en banlieue est de Paris), un membre de la famille de La Bourdonnais qui doit probablement l'héberger.
Il s'agit de Joseph Marie Mahé de La Bourdonnais, inspecteur des Postes des armées, demeurant au 46 rue Saint-Dominique à Villemonble.



Voici le mini-arbre généalogique que j'avais fait de La Bourdonnais. Il s'agit peut-être d'un cousin de notre joueur d'échecs (étude à faire).



Toujours dans les archives ont apprend que Joseph Marie Mahé de La Bourdonnais habitait au 135 rue Saint-Antoine à son décès (en 1840).



Il s'agit là probablement de l'adresse du fameux immeuble dont il est question.
En voici une photo provenant de Google Map (j'y ai ajouté une croix rouge).
L'immeuble existe toujours et il est situé dans le Marais à Paris.


mercredi 8 mai 2019

50 parties jouées au Cercle des Echecs et au Café de la Régence

Manifestement le nom "Café de la Régence" est suffisamment attractif pour vendre le livre éponyme de Kieseritzky tombé dans le domaine public.
Alors qu'il est accessible librement sur internet, des petits malins l'ont mis en vente (fac-similé) pour une trentaine d'euros.



J'avais déjà abordé ce recueil de parties dans un de mes tous premiers articles sur ce blog.
Lors de l'écriture de mon livre sur l'histoire du Café de la Régence, j'ai repris le livre de Kieseritzky pour voir s'il y avait des choses intéressantes.



J'ai notamment retranscrit l'ensemble des parties.
Ce n'était pas chose simple, compte-tenu du système de notation alambiqué qu'il avait inventé et qui ne lui survivra pas.

La première partie du recueil, dans le système de notation de Kieseritzky.
Par exemple 1.a31 f56 désigne les coups 1.a2-a3 f7-f5 dans notre notation algébrique...

Vous trouverez l'ensemble des parties en suivant ce lien.

samedi 4 mai 2019

Un jeton de café

Il y a quelques semaines, j'ai acquis sur Ebay une nouvelle relique du Café de la Régence.
Celle-ci est assez modeste, il s'agit d'un jeton.

Celui-ci à la taille d'une pièce de 20 centimes d'euro.


Traditionnellement il s'agit d'une forme d'avoir.
"Bon pour xx centimes en consommation" se retrouve fréquemment sur ce type de jeton, mais pas celui du Café de la Régence.


L'authentification provient du nom "Café de la Régence" associé à "Kieffer".
Il s'agit de Joseph Kieffer, propriétaire du lieu de 1875 à 1903, sur lequel j'ai rédigé plusieurs articles.
Ce jeton date donc de la fin du XIXème siècle.

samedi 6 avril 2019

Les Cahiers de l'échiquier Français

Je viens de découvrir que le site Gallica (bibliothèque numérique de la BNF) avait mis en ligne depuis 3 ans le collection presque complète des "Cahiers de l'échiquier Français" (il manque quelques numéros de 1930, 1931 et 1932).
Pour mon livre j'étais allé consulter la collection à la BNF François Mitterand.
Et en toute logique j'ai complété la partie bibliographique de ce blog, où vous trouverez les liens avec les différents numéros.


Avant-Propos

Les Cahiers Trimestriels de l’Echiquier Français sont d'une conception nouvelle.
Il ne prétendent pas rivaliser avec les excellents organes qui existent déjà en France.
Nullement didactiques, ils ne visent même pas à donner ces fraîches nouvelles si vite défraîchies.
Leur seul but est de cueillir, au gré de la fantaisie, les fleurs d'un jardin dont les années n'ont pas flétri la beauté et d'en faire un bouquet d'un attrait durable.

S'ils charment et divertissent plutôt qu'ils n'enseignent et n'informent, nous croyons cependant que les débutants ne les liront pas sans profit. 
Grâce au fidèle appui de nombreux lecteurs, nous espérons que la collection de ces cahiers formera un jour une précieuse anthologie des Échecs.

Toutes les suggestions qu'on voudra bien nous faire seront reçues avec reconnaissance. Nous utiliserons tous les documents intéressants qui nous seront communiqués et nous faisons appel à la collaboration de toutes les compétences.

La revue est créée en 1925 par Gaston Legrain (voir une courte biographie sur Héritage des Échecs Français), puis reprise par François Le Lionnais en 1933 jusqu'en 1937 (date du dernier numéro).

Comme l'indique son avant-propos, elle est effectivement différente de la revue La Stratégie, dans ce sens où elle ne suit pas vraiment l'actualité échiquéenne, mais s'intéresse plus à la culture autour de ce jeu.

Maintenant, j'attends avec hâte la collection complète de La Stratégie numérisée.
En attendant, si le cœur vous en dit vous pouvez toujours aller la consulter à la BNF sur des microfilms...






samedi 23 mars 2019

Enveloppes

Voici deux enveloppes provenant du Café de la Régence.

La première date du 28 avril 1919, et je remercie M. Alain Barnier de me l'avoir communiquée.


La seconde est en ma possession, mais à défaut d'oblitération, le timbre a été simplement barré.


J'ai cherché la date d'émission du timbre afin de dater l'enveloppe.
Voici ce que j'ai trouvé :

Deuxième série des orphelins de la guerre 15c + 5c surchargé sur 10c gris-vert –
(Yvert et Tellier – Arthur Maury N°: 164)
Ce timbre a été émis le 1er septembre 1922 à ? exemplaires. Retiré de la vente le 31 août 1934.
Technique d’impression: typographie.
Dessinateur : Louis Dumoulin. Graveur: Léon Ruffé.

Pour ma part, la typographie étant la même entre les deux enveloppes, j'aurais tendance à dater la deuxième du milieu des années 1920.

Rappelons qu'à la fin de l'année 1918 les joueurs d'échecs quittent le Café de la Régence après de sérieux problèmes avec le propriétaire de l'époque, Lucien Lévy.
Ces mêmes joueurs d'échecs ne revinrent dans le café qu'au cours des années 1930 avec le nouveau propriétaire, Pierre-Octave Brun, nettement plus conciliant...