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samedi 15 février 2025

Différents baux de location - Le Café de la Régence au XVIIIème siècle - 5ème partie

Complément du 22 mars 2025
Suite à ce découvertes sur les différents baux de location, j'ai mis à jour la liste des limonadiers, gérants du Café de la Régence. Un des premiers articles de ce blog. 
 
Correction du 18 avril 2025
Un des noms lus n'est pas Repucu, mais Nepveu...La difficulté de la paléographie.
 
Voici l'avant dernier article consacré à ma visite aux archives nationales en octobre dernier.
Celui-ci est consacré aux différents baux de location des boutiques qui constituent le Café de la Régence au XVIIIe siècle. 
Ils proviennent essentiellement de la côté Q/1/1146 qui est particulièrement riche.
Ces différents baux de location permettent de retracer une histoire légèrement différente de ce qui est couramment rapporté concernant l'histoire du Café de la Régence. 
 
Par exemple ce qu'indique la revue l’Échiquier Français en mai 1906 (5ème numéro).
Le premier gérant du futur Café de la Régence serait un sieur Lefèvre, et son successeur appelé Leclerc, etc. C'est ce que je reprends à tort dans mon livre, en y ajoutant un dénommé Antoine de Ramez, mais la côté Q/1/1146 permet de corriger tout ça.

Extrait de l’Échiquier Français de mai 1906.
 
Côte Q/1/1146 - Document (bail) daté du 4 septembre 1697
 
D'autres documents sont antérieurs à cette date dans la côte Q/1/1146. Mais arbitrairement c'est ce document daté de 1697 avec lequel je commence. Le café, en tant que boisson, arrive à Paris dans la deuxième moitié du XVIIe siècle et les premiers établissements sont créés à la fin du XVIIe siècle, dont le futur Café de la Régence. Puis la plus ancienne trace du jeu d'échecs dans un café parisien trouvée à ce jour date de 1718, comme je l'indique dans un précédent article.
 
 
Le 4 septembre 1697
Bail de la maison dite en 1769 le Caffé de la Régence

Le bail de 3 ans est contracté par Nicolas Nepveu d'Angerville et Marie Nepveu.
Maison sise rue Saint-Thomas du Louvre faisant face sur la Place du Palais-Royal. Trois boutiques, chambres appartenances et dépendances.
 
Il n'est pas fait mention d'un certain M. Lefèvre, et cela fait donc apparaitre un gérant inconnu jusqu'à lors.
Poursuivons...

Côte Q/1/1186 - Document (bail) daté du 3 septembre 1704
 


Ce document nous apprend que le propriétaire de l'immeuble est Gabriel du Maitz Chevalier seigneur de Goimpy. C'est cette famille qui en sera propriétaire tout au long du XVIIIe siècle jusqu'à l'achat de l'immeuble par la ville de Paris en 1774 (voir l'article dédié).
 
Extrait :
"...promet faire jouir à Noël Lavoisiere marchand Me (Maître) limonadier à Paris et Marie Henriette Fevre ( = Fèvre).... "
 
Il est précisé que le bail commence à partir du 1er janvier prochain (donc en 1705), qu'il concerne 2 boutiques (sur les 3 qui composent le rez-de-chaussée de l'immeuble), pour un bail d'une durée de 3 ans, et un montant annuel de 1400 livres.
 
Il est donc fait mention d'une Marie Henriette Fèvre. Est-ce la fameuse Le Fèvre dont il est question à l'origine ? Tout ceci n'est pas très clair car ce nom est cité en 1691 bien avant ce bail de 1704.
 
Côte Q/1/1186 - Document (bail) daté du 10 septembre 1705
 


Bail commencé en 1705 et n‘est allé que jusqu’en 1709, d'après une note manuscrite en entête du document.
 
Deux noms et une profession apparaissent :
Jean Lecointre Maitre rôtisseur et Germaine Cécile Landrin

Une boutique, une soupente, Loyer 300 livres
La fin du bail indique que le propriétaire les décharge du bail le 2 octobre 1709.
 
Ce bail nous apprend donc qu'au début du XVIIIe siècle, le futur Café de la Régence est partagé entre un maitre rôtisseur, qui occupe une des trois boutiques, et un maitre limonadier qui occupe les deux autres boutiques.
 
Côte Q/1/1186 - Document (bail) daté du 27 décembre 1710
 
C'est à ce moment-là qu'apparait Antoine Déramées, Déramée, Déramez, des Ramez, de Ramez selon les orthographes rencontrées. Il sera le gérant du café de 1710 à 1737.  Et c'est seulement ensuite qu'apparaitra Leclerc dont il est question au début de cet article.Ce bail de 1710 marque également la jonction des 3 boutiques qui vont former le Café de la Régence proprement dit.
 
Ajout du 19/03/2025 - Dans un document des archives (côte Y//12149) Antoine de Ramez signe ainsi son nom. C'est donc cette orthographe que je vais choisir.
 
C'est donc Antoine de Ramez qui va nommer le lieu "Café de la Régence" en 1718, qui va probablement introduire et accepter le jeu d'échecs dans ce café parisien, et dont Antoine François de Legall, sire de Kermeur, sera le premier maître Français du jeu d'échecs à partir des années 1720 en attendant l'arrivée de Philidor quelques décennies plus tard.
 

 
à Antoine Desramées marchand limonadier
et à sa femme Marie Jeanne Mirat
 
Côte Q/1/1186 - Document (bail) daté de 1720 


Ce bail de 1720, toujours à Antoine de Ramez, contient un paragraphe intéressant. Outre le prix du loyer annuel, il doit fournir au bailleur "6 livres de café bon loyal" !
A noter que c'est tout le bâtiment qui est en location à Antoine de Ramez.
 
Côte Q/1/1186 - Document (bail) daté de 1729
 
Il s'agit de la continuité de la location par Antoine de Ramez et sa femme Marie Jeanne Mirat. 

Son épouse décède probablement, vers 1730, car une côte des archives nationales, MC/ET/IX/640 , nous apprend qu'un mariage a lieu à Paris le 4 mars 1734 entre Antoine de Ramez, chef d'échansonnerie du duc d'Orléans, et Marie-Julie Turgis. 
 
Échanson :  Personnage qui était chargé de servir à boire à la table d'un roi, d'un prince. 

Côte Q/1/1186 - Document (bail) daté du 14 août 1737




Bail de la maison place du Palais Royal fait à M Le Clerc pour 9 années commencé à Pâques 1738
9 ans à François Le Clerc Maitre limonadier et maitre distillateur (ce dernier n'est pas marié comme l'indique le bail).
 
A noter l'orthographe changeante de son nom : Le Clerc, Leclerc, Leclair, Le Clair sont les différentes variantes que j'ai trouvées de ce gérant du Café de la Régence.

(…) Maison sise à Paris place du Palais Royal appartenant à Messire de Goimpoy consistant en trois boutiques quatre caves, cinq étages de chambres et grenier au-dessus des lieux d’aisances et  dépendances de la maison

Loyer 2300 livres annuel... engagement de verser du Café 6 livres par an de bon café loyal...Antoine de Ramez a cédé son droit au bail à Leclerc le 7 novembre 1736.

Le 20 avril 1746, Leclerc va décéder (côte Y/12149 pour laquelle je consacrerai un article dédié), et Antoine de Ramez s'occupera quelques semaines encore du Café de la Régence (il vivait dans l'immeuble et avait un lien familial avec François Le Clerc).
 
Côte Q/1/1186 - Document (bail) daté du 20 juin 1746




Bail daté du 20 juin 1746 selon la dernière page, pour une durée de 9 ans à Guillaume Rey et Jeanne Collot pour 2400 livres de loyer, ainsi que du chocolat et du café à livrer chaque année !
C'est ce Guillaume Rey qui est cité dans Le Neveu de Rameau de Diderot (écrit entre 1762 et 1773 environ). Guillaume Rey va rester le gérant du Café de la Régence pendant près de 30 ans !

Si le temps est trop froid ou trop pluvieux, je me réfugie au café de la Régence. Là, je m’amuse à voir jouer aux échecs. Paris est l’endroit du monde, et le café de la Régence est l’endroit de Paris où l’on joue le mieux à ce jeu ; c’est chez Rey que font assaut le Légal profond, Philidor le subtil, le solide Mayot ; qu’on voit les coups les plus surprenants et qu’on entend les plus mauvais propos ; car si l’on peut être homme d’esprit et grand joueur d’échecs comme Légal, on peut être aussi un grand joueur d’échecs et un sot comme Foubert et Mayot 

Côte Q/1/1186 - Document (bail) daté de 1756
Côte Q/1/1186 - Document (bail) daté de 1765

Ces deux baux sont toujours au nom de Guillaume Rey, maitre limonadier, et Jeanne Collot.
 
à Guillaume Rey et Mme Jeanne Colleau...
Bail de 9 ans 2400 livres par an en 4 quartiers...
Consistant en trois boutiques n’en formant qu’une, quatre caves, cinq étages de chambres et greniers au dessus aisances et dépendances...
 
Avec toujours du café et du chocolat à livrer au bailleur une fois par an.

Côte Q/1/1186 - Document (bail) daté de 1772

La propriétaire du bâtiment, qui le met en location, est Marie Marguerite Antoinette Louise de Pas de Feuquière veuve de Mgr Henry Dumaitz Chevalier seigneur de Goimpy

La bail démarre à Pâques 1774.

(…) bail donné à loyer pour neuf années entières et consécutives qui commenceront au jour en fête de Pasques mil sept cent soixante quatorze et promis le temps durant faire jouir au M. Guillaume Rey marchand limonadier à Paris y demeurant dans la maison cy après paroisse Saint- Germain l’auxerrois (…)
Une maison (…) sise en cette ville place du palais royal consistante en trois boutiques confondues en une seule, quatre caves, cinq étages de chambre en greniers au dessus aisances et dépendances de la maison (…)


Rey dit la connaitre parfaitement pour l’occuper depuis plusieurs années.
3000 livres de loyer par an payer en 4 fois par an, 1er paiement le 1er juillet 1774

Et toujours la même clause particulière :

Plus à la charge de fournir pour chacune année au premier avril douze livres de Caffé moka la meilleure qualité et quatre livre de chocolat à une vanille qui ne pourra être de moindre prix qu’à raison de cent soles la livre à commencer la première livraison au premier avril mil sept cent soixante quatorze  

Promet et l’oblige le Sieur Rey de faire ratifier ces présentes par la personne qu’il épousera ce faisant de la faire obliger conjointement et solidairement avec lui elle seule.

L'épouse de Guillaume Rey est-elle décédée ?
 
Mais tout ceci va changer en fin d'année 1774, avec le projet de démolition et d'achat par la ville de Paris.
 
Côte Q/1/1186 - Document daté du 25 octobre 1774
 


(…) Lequel en sa dite qualité en exécution des lettres patentes de sa majesté, du sept août mil sept cent soixante neuf registrées au parlement le vingt neuf du même mois, portant entre autres choses que la place du Palais Royal serait élargie par la suppression de plusieurs maisons, tant du côté des quinze vingt que de celuy de la rue froidmanteau et qu’il serait formé un pan coupé à chacun des angles de la rue Saint-Honoré.

(…) acquéreur au nom de la dite ville, en vertu des lettres patentes énoncées et datées ci-dessus, une maison située à Paris rue Saint-Thomas du Louvre sur la dite place du Palais Royal appelée Le Caffé de la Régence occupée par le sieur Rey limonadier ayant son entrée par une allée dans la dite rue Saint-Thomas du Louvre et sur la dite place du Palais Royal, et composée d’un étage de cave, rez de chaussée, quatre étages en carrée, un autre en mansarde et grenier au-dessus

(…) Achat de la maison pour la somme de cinquante cinq mil livres.
 
Côte H/2/1959 - Document daté du 18 janvier 1788
 
Il manque des éléments dans la côte Q/1/1186. Avec notamment ce que devient le bâtiment suite à son achat par la ville de Paris et du fait qu'il ne sera pas détruit (heureusement pour l'histoire du jeu d'échecs !).
Nous avons quelques détails avec un document qui se trouve à une autre côte aux archives nationales, la côte H/2/1959.
 


La première page du document parle de Pierre Nicolas Lecomte écuyer conseiller secrétaire du Roi couronne de France.

M Lecomte d’acquérir une maison place du Palais Royal, ayant pour enseigne le Caffé de la Régence, battie sur un terrain qui appartenait ci-devant à la ville et qui depuis a été adjugé au Sieur de sieurs Rey et Jacquemard par sentence du 29 avril 1775.  

Ainsi, Guillaume Rey, en association avec un dénommé Jacquemard, a acheté à la ville de Paris l'immeuble du Café de la Régence en 1775 !
Guillaume Rey doit être assez âgé à l'époque, et de toute façon c'est un autre gérant qui loue le café de la Régence. Il s'agit d'un certain François Haquin, qui officiera durant la Révolution Française et fera fuir les joueurs d'échecs au Café Morillon, cher à la légende que s'est construite Deschapelles.
 
 

dimanche 19 avril 2020

Battez Philidor !


En 1882 le Théâtre national de l’Opéra-Comique joue une pièce en un acte ayant pour thème le Café de la Régence et intitulé Battez Philidor ! 
Le spectacle est donné dans la salle Favart, dans le deuxième arrondissement de Paris, qui brûlera en 1887 et sera ensuite reconstruite.

Battez Philidor ! - Opéra-comique en un acte (1882)
Par Abraham Dreyfus, musique Amédée Dutacq

Cette pièce met en scène Philidor et le Café de la Régence en 1777.
C'est ce qui en fait l'intérêt pour ce blog.
Comme vous le verrez en lisant le texte, il est question d'un certain propriétaire appelé Boudignot qui est une pure invention.
En 1777, le "vrai" propriétaire des lieux à cette date est Guillaume Rey, mentionné par Diderot dans "Le neveu de Rameau"

Si le temps est trop froid ou trop pluvieux, je me réfugie au café de la Régence. Là, je m’amuse à voir jouer aux échecs. Paris est l’endroit du monde, et le café de la Régence est l’endroit de Paris où l’on joue le mieux à ce jeu ; c’est chez Rey que font assaut le Légal profond, Philidor le subtil, le solide Mayot ;

Dix représentations sont données, mais les critiques de l’époque restent assez mitigées sur la qualité du spectacle.
Le texte est en ligne sur le site Gallica., je le donne un peu plus bas également.

A noter que j'ai cherché en vain la partition de "Battez Philidor" notamment avec l'aide d'amis musiciens. Si vous la trouvez, je suis preneur !

Abraham Dreyfus

Dès la première représentation du 13 novembre 1882, la critique du Figaro (14/11/1882) est assez cinglante.

« (…) Ce livret, agréablement écrit, présente peu de situations musicales : et je ne m’étonne pas qu’il n’ait rien dit à l’imagination de M. Dutacq. Ce jeune compositeur, second prix de Rome, est le fils de notre ancien confrère, Armand Dutacq, le fondateur du Siècle et l’ami de Balzac, qui a laissé de durables souvenirs à ceux qui l’ont connu. 

Ce qui manque à la partitionnette de M. Amédée Dutacq, ce n’est ni le talent, ni le savoir, c’est l’intérêt. J’aime mieux l’attendre à une autre épreuve que de le discuter inutilement aujourd’hui. M. Barré compose avec esprit et bonhomie la physionomie de Philidor ; M. Nicot, enroué, avait fait réclamer l’indulgence, mais il n’en avait pas besoin pour mimer d’une manière amusante le rôle insignifiant de Richard  »

Le journal Le Temps (21/11/1882) publie une critique musicale qui se termine ainsi :

« (…) La comédie de M. Dreyfus est spirituellement écrite ; seulement elle ne prête pas beaucoup à la musique ; elle pourrait même s’en passer, à l’exception de l’air de Doris, qui, du reste, pourrait être chanté tout entier dans la coulisse. M. Dutacq a eu en 1876 le second grand prix à l’Institut ; Battez Philidor ! est le premier ouvrage qu’il ait donné au théâtre.

Malheureusement pour lui, Nicot, subitement enrouée, a chanté son air comme il a pu ; je ne puis donc juger le morceau sur une audition aussi défectueuse ; j’en dis autant de la pastorale que Mme Thuillier a fort bien vocalisé, mais en prononçant les paroles si mal, ou plutôt si peu, que je m’évertuais à me demander de quoi il était question. 


Charles Auguste Nicot

J’ai lu plus tard les paroles dans le livret imprimé ; mais la musique n’y est pas. Le duo des deux amoureux ne m’a pas laissé une impression assez vive. L’ouvrage commence par un chœur des joueurs d’échecs, et termine par un morceau d’ensemble, où le chœur : « Au café Procope ! », avec les entrées successives des parties, m’a paru bien scénique, quoique l’exécution fût hésitante, par la faute des choristes.  »


Louise Victoire Thuillier dite Thuillier-Leloir 

Voici le texte - Source Gallica.

vendredi 5 avril 2013

Monsieur Rey, Maître du Café de la Régence

Dans un des premiers articles de ce blog, j’avais listé les différents propriétaires du Café de la Régence.
Un des propriétaires est notamment cité par Diderot dans « Le Neveu de Rameau », il s’agit de Rey (dont j’ignore le prénom à ce jour).

Le « Cahier des l’échiquier Français » n°33 de 1925 (cité dans le cahier du CREB sur le Café de la Régence) indique que M. Rey en fut le gérant durant une quinzaine d’année en précisant
"Vers 1762, le cafetier Leclerc céda sa place au sieur Rey, ancien officier de cuisine du duc d'Orléans."


L’ « Almanach Dauphin » datant de 1777 indique Rey comme propriétaire en 1777.
Donc déjà quelque chose ne colle pas.

En fait grâce à l’annonce que j’ai trouvée et dont je donne le texte ci-dessous, il est possible de dire que Rey était le propriétaire au moins en 1748.
Entre 1748 et 1777 il y a une période de 30 ans durant laquelle le sieur Rey fut aux commandes du Café de la Régence..
Le « Cahier de l’échiquier Français » s’est donc trompé sur cette période.

(Source Gallica)

Leclerc cède sa place à Rey au plus tard en 1747.
Voici le texte qui provient de « Les affiches de Paris avis divers du jeudy 25 janvier 1748 » (Source Gallica)


Il a été perdu le Lundi 15 Janvier 1748, entre cinq et six heures du soir, dans une maison du Cloître Saint Jacques l’Hôpital, une petite chienne épagneule, blanche, avec quelques marques rousses sur le derrière, sur la tête et sur les oreilles ; les oreilles et la tête petites, et le museau allongé comme un furet, les soies assez longues, et les pattes forts minces.
Celui qui l’aura trouvée et voudra la rapporter à M.Rey, Maître du Café de la Régence, Place du Palais Royal, aura vingt-quatre livres de récompense.



lundi 10 octobre 2011

Petite annonce de 1752

Dans un précédent article, je cite M.Rey comme propriétaire du Café de la Régence dans la deuxième partie du XVIIIème siècle. 
Il est notamment cité par Diderot dans "Le neveu de Rameau". 

Voici une petite annonce parue dans "Annonces, Affiches et Avis divers 1752 - Source Gallica BNF".
Si vous connaissez un peu Paris, Picpus est désormais un quartier du 12ème arrondissement. Elle est loin la campagne !




"Jolie Maison de campagne, à Picpuce, à demi-lieue de la Porte S.Antoine, près de la barrière de ce nom, & vis-à-vis de l'Avenue de Vincennes. A louer. On s'adreffera à M.Rey, Officier de Mgr. le Duc d'Orléans, au Caffé de la Régence, place du Palais Royal."

mercredi 28 septembre 2011

Les noms des limonadiers (II)

Je vous renvoie à l'article précédent qui contient le tableau des différents propriétaires. En fait, à peine l'avais-je mis en ligne que j'ai trouvé une autre source sur Gallica, ce qui m'a permis de compléter mon tableau.

Il s'agit de l'incontournable "Intermédiaire des chercheurs et des curieux".
En 1885, à une question d'un lecteur, de cette revue du 19ème/20ème siècle, qui souhaitait connaitre la liste des différents propriétaires du café avant 1820, voici les deux réponses qui ont été faites (avril 1885 puis mai 1885) :

"De 1770 à 1795, le Café de la Régence a dû être tenu par M. François Haquin, qui avait épousé en premières noces mademoiselle Marie-Antoinette Brisset, morte vers 1773 ou 1774, et en deuxièmes noces mademoiselle Marie Hesse : ce fut cette dernière qui a dû avoir l'honneur de recevoir l'empereur Joseph II lors de son passage en France en 1777, lorsqu'il vint dans ce Café."

Source Gallica - Intermédiaire des chercheurs et des curieux - Avril 1885

"Les Tablettes Royales de Renommée mentionnent, en 1769, un sieur Reye, Place du Palais Royal, ancien juré. Ce sieur Reye, appelé Rey, dans les Tablettes de Renommées pour 1773, est le premier propriétaire du Café de la Régence que nous avons pu découvrir.
Voici l'article qui lui est consacré dans les Tablettes de 1773 :
"Rey, Place du Palais Royal au Caffé de la Régence. Ce Caffé, un des plus anciens et des plus renommés, est très bien composé et suivi des plus habiles joueurs d'échecs."
Ce fut probablement à Rey que succéda M. François Haquin, qui, d'après M.J.M.P. (?), tint le Café de la Régence de 1770 environ à 1795.
En l'an VIII (1800 - 1801) l'Almanach du commerce de Paris (aïeul du Bottin) indique comme propriétaire :
" Beaupied, Café de la Régence, rue Saint-Honoré, place du Tribunat, 243."
Beaupied y resta jusqu'en 1809, où un sieur Watré lui succéda (1809 - 1819).
En 1821, c'est un sieur Masson qui est indiqué comme tenant le Café de la Régence."

Source Gallica - Intermédiaire des chercheurs et des curieux - Mai 1885

mardi 27 septembre 2011

Les noms des limonadiers

Dernière mise à jour de cet article le samedi 22 mars 2025.
Suite à la publication des articles concernant les archives nationales et le XVIIIème siècle, notamment celui-ci
 
C'est sous cette dénomination de "limonadier" qu'étaient recensés les gérants/propriétaires des cafés, cabarets etc dans Paris au début du 19ème siècle.

Voici un tableau des différents propriétaires du Café de la Régence, de sa création (fin 17ème siècle) jusqu'à la deuxième guerre mondiale.
Même si l'activité disparait quasiment à la fin de la première guerre mondiale, il semble néanmoins que le Café de la Régence a connu une certaine activité échiquéenne jusqu'au début de la deuxième guerre mondiale comme je l'ai trouvé dans des coupures de presse que je mettrai en ligne prochainement.




Références
(a) Paris, Café de la Régence – Monographie de Charles Mallet 1893 - Source BNF
(b) Cahier de l'Echiquier Français, n°33, 1925 - Cité dans le cahier du CREB sur le Café de la Régence - Il est indiqué M.Rey gérant durant une quinzaine d'années
(c) Almanach du commerce et de l'industrie de Paris - 1799 à 1836 - Source Gallica BNF ainsi que Google Book - Ci dessous extrait de l'Almanach de 1820

(d) Factum M.Vielle - Expulsion - Source BNF - Document déjà présenté dans un article précédent
(e) Revue La Régence janvier 1856 - Source Gallica
(f) La Régence avril 1860 - Source Gallica
(g) La Régence avril 1860 - Source Gallica
(h) La Stratégie août 1878 - Cité dans le cahier du CREB sur le Café de la Régence
(i) La stratégie octobre 1903 - Cité dans le cahier du CREB sur le Café de la Régence
(j) Tijdschrift van de Nederlandschen schaakbond avril 1933 - Cité dans le cahier du CREB sur le Café de la Régence
(k) L'intermédiaire des chercheurs et des curieux - Mai 1885 - Source Gallica 
(l) Almanach Dauphin 1777 - Source BNF- Cite Rey comme propriétaire du Café en 1777, en contradiction avec la source (k) 
(m) plusieurs numéros du Figaro mentionnent Lucien Lévy comme propriétaire du café de la Régence en 1918 
(n) La Semaine des Familles du 5 février 1859 (Source Gallica). Il est indiqué la date du 15 août 1855 pour l'inauguration du Café de la Régence rue Saint-Honoré.
(o) Les affiches de Paris avis divers du jeudy 25 janvier 1748 (Source Gallica)
(p) Le Palais-Royal – Tome premier – Par Victor Champier, Paris 1900. Ce texte fait référence à un document conservé aux Archives Nationales sous la référence R4*, 1067. 
(q) La Régence - Octobre 1856 indique la vente par M et Mme Gillet de leur établissement à M. Delaunnay. Delaunnay est également cité en 1859 dans le livre "Paul Morhy, the chess champion" de F.Edge.
(r) https://lecafedelaregence.blogspot.com/2021/04/la-fin-du-cafe-de-la-regence.html
(s) Ajout du prénom de M. Pierre-Octave Brun, grâce à Mme Marie-Hélène Imbaud (septembre 2018).
(t) Précision sur la date de changement entre Delaunay et Gillet https://lecafedelaregence.blogspot.com/2022/10/precision-sur-un-changement-de.html 
(u) Le prénom a été trouvé sur les archives numérisées de la ville de Paris. Voir la note (t) précédente.
(v) Les différents baux de location du XVIIIème siècle que j'ai découverts aux Archives Nationales - Côte Q/1/1186. Voir l'article que je leur ai consacrés
Remarques sur le tableau
Un "?" dans le tableau indique que la date n'est pas connue. 
Si j'ai mis un "?" devant la ligne c'est qu'il y a une incertitude sur cette date.
La colonne "présence" indique que la personne était le propriétaire avéré à cette date.
Ainsi pour M.Beaupied, je sais qu'il était propriétaire en 1799, mais je en connais pas la date de son arrivée.

Enfin je ne pouvais pas terminer cet article sans mentionner l'extrait suivant de l'Almanach du commerce de Paris 1820 - Source Google Book... Dans Paris on trouvait alors des métiers improbables à notre époque !