Affichage des articles dont le libellé est Mennerat Jean. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mennerat Jean. Afficher tous les articles

mercredi 27 août 2025

Le tournoi d’échecs de l’exposition universelle à Paris en 1900

Il s'agit d'un tournoi d’échecs très particulier, révélateur des problèmes de l'époque du microcosme échiquéen français, comme nous allons voir.
 

Le Monde Illustré - 23 juin 1900. Collection personnelle. Curieusement il manque une partie des numéros du Monde Illustré sur le site Gallica pour l'année 1900. Par un heureux hasard j'en possède un exemplaire qui contient cette gravure du tournoi de Paris 1900, gravure que je n'ai jamais vue par ailleurs. Samuel Rosenthal est représenté sur la droite, assis sur une chaise.

Au XIXème siècle, la France a organisé 5 expositions universelles à Paris : 1855, 1867, 1878, 1889 et 1900. A chaque fois, des comités se sont formés pour organiser un tournoi d’échecs international.
L’idée d’un tel tournoi provenait de l’exposition universelle de Londres en 1851 et du 1er tournoi d’échecs international remporté par l’allemand Adolf Anderssen.

En 1855, Jules Arnous de Rivière attribue l’échec de l’organisation d’un tournoi d’échecs par l’attitude de Saint-Amant.  Voir une lettre qu’il a écrit à ce sujet et à laquelle j'ai consacré un article.
 
En 1867 l’enthousiasme est là, on parle même pour la première fois de réunir les joueurs français au sein d’une fédération. Paul Morphy est de passage à Paris et beaucoup caressent l’espoir de le voir jouer le tournoi, un vœu pieux. C’est le hongrois Ignatz von Kolisch qui remportera le tournoi.  
 
En 1878, nouvelle exposition universelle, et c’est le polonais Szymon Winaver qui le gagnera.

Puis arrive l’exposition de 1889. Nous sommes 5 ans après le déchirement des joueurs d’échecs français à l’occasion du match par correspondance entre Paris et Vienne en 1884. J’ai déjà eu l’occasion de discuter de cet incident regrettable qui privera pour plusieurs décennies la France d’une fédération de joueurs d’échecs.
 
Le tournoi de 1889 n’aura pas lieu. Après Saint-Amant en 1855, c’est Samuel Rosenthal qui œuvrera pour faire échouer l’organisation. Voir la série d’articles que j’ai consacrés à ce sujet :
 
 
Pour l’exposition de Paris 1900, c’est Samuel Rosenthal qui va s’occuper de l’organisation. Il souhaite sans doute montrer à ses ennemis, Jules Arnous de Rivière, Albert Clerc et bien d’autres, qu’il est capable lui d’organiser un tel tournoi ! Jules Arnous de Rivière restera curieusement assez discret durant cette période, contrairement à 1889. Peut-être une explication : il fait profil bas et œuvre à l’organisation d’un premier tournoi d’échecs international à Monaco, tournoi qui aura lieu en 1901.
 

Le Monde Illustré - 23 juin 1900. Collection personnelle.Détail - Samuel Rosenthal

La première trace que j’ai trouvée, concernant le tournoi de 1900, remonte à un article paru dans « Le Monde Illustré » du 21 janvier 1899. C’est Samuel Rosenthal qui y tient la chronique hebdomadaire d’échecs depuis de nombreuses années.

Puis toujours dans Le Monde Illustré, le 28 janvier 1899, on apprend qu’un comité s’est formé avec des membres du Grand Cercle situé 16 boulevard Montmartre, dont Samuel Rosenthal y est le directeur du jeu d’échecs. 10.000 francs sont déjà alloués au tournoi, et les souscriptions sont ouvertes, pour un montant minimum de 100 francs.
 

Le Monde Illustré - 21 janvier 1899 - Gallica
 
Comme pour le tournoi avorté de 1889, il me semble intéressant de faire une courte disgression concernant la situation des échecs en France en 1899. Et c’est un article de « La Stratégie » qui nous donne quelques détails :

♔ ♖ Nous n’avons pas à Paris un local convenable pour faire jouer un grand match, pour faire donner des séances aux grands maîtres et faire apprécier les beautés du noble jeu en mettant en évidence le vrai talent. Le Grand Cercle, le Cercle artistique et littéraire et plusieurs autres ont des installations luxueuses dont une petite partie est consacrée aux échecs, mais ce sont des Cercles fermés pour le grand public ; ce qu’ils font n’est que pour leurs propres membres et n’aide en rien à la propagation des Échecs. Ainsi, par exemple, le Grand Cercle va, l’année prochaine, consacrer une somme importante pour un tournoi international ; combien de parisiens, de provinciaux assisteront aux belles luttes qui auront lieu ? Ceux qui pourront ou voudront souscrire 100 francs…

D’autre part, les membres du Cercle Philidor, le plus important de Paris comme nombre, se réunissent dans la salle commune d’un Café, la faible cotisation ne permettant pas les frais d’un loyer. Bien des amateurs désirent la fondation d’un lieu de réunions, lequel, sans être absolument fermé, ni luxueux comme les grands cercles, fût confortable, non accessible sans présentation, mais pourrait donner des fêtes, suivant ses ressources, auxquelles tout le monde serait convié.

Le Café de la Régence aurait dû remédier, depuis longtemps, à l’état actuel des Échecs à Paris, en mettant à la disposition des joueurs, un local indépendant ; comme il ne semble pas disposé à le faire, un groupe d’amateurs va le tenter. La nouvelle réunion prend le titre : « Association Française des Échecs » ; le local choisi est 36, rue Richelieu, salle du 1er étage du Café Molière. Momentanément l’on se réunira les lundis, mercredis et samedis de 4 heures à 7 heures. La cotisation annuelle est fixée à 12 francs ; nous la trouvons un peu minime, mais probablement tout est encore provisoire et statuts et règlements définitifs ne seront discutés et adoptés que lorsque les adhérents seront assez nombreux.

Les adhésions doivent être adressées à M. L. Maurat, président provisoire, au Café Molière, 36, rue Richelieu.

 
Ainsi, « L’Association Française des Echecs » refait parler d’elle. 
Mais à vrai dire, ce sera vraiment de façon éphémère. Et il est difficile d’en trouver des traces après 1900.

Projetons nous un peu plus tard dans l’année 1899. Toujours dans « Le Monde Illustré » nous apprenons que Samuel Rosenthal s’est rendu en Angleterre pour faire la promotion de son tournoi auprès des participants du tournoi de Londres 1899. Tournoi remporté par Emanuel Lasker.

Si vous consultez la page Wikipedia (en anglais) du tournoi, vous pouvez constater que David Janowski prend la 4ème place du tournoi, sous la bannière de la France. Et vous pouvez également constater qu’il n’est pas mentionné dans les joueurs abordés par Rosenthal à l’occasion de son voyage. Peut-être est il inclus dans le mot « etc. » (voir ci-dessous) ? Nous verrons un peu plus loin que ce n’était pas un oubli…
 


 Le Monde Illustré - 22 juillet 1899 - Gallica
 
En février 1900, Jean Préti parle de  l’organisation du tournoi et relève plusieurs aspects étonnants. 
 
 
  

Merci à Dominique Thimognier de m’avoir communiquer plusieurs années complètes de La Stratégie.

Voici la transcription de l'article de La Stratégie de février 1900.

Tournoi international des Échecs du Grand Cercle de Paris

Le Monde Illustré vient de publier le programme du Tournoi international organisé par le Grand Cercle.
Il y aura six prix d’une valeur totale de 13.500 fr., et les quatre premiers recevront en plus un Vase de Sèvres, offert par M. le Président de la République. Le tournoi commencera le 15 mai, il sera à un tour, avec un maximum de vingt concurrents ; chacun doit verser une entrée de 100 fr. et 200 fr. de dédit qui seront restitués quand il aura joué toutes ses parties ; quatre parties par semaine, trente coups pour les deux premières heures et ensuite quinze coups par heure ; la première partie nulle ne comptera pas et devra être recommencée avec changement du trait.

Nous désirons que ce programme reçoive l’approbation des maîtres auxquels il est fait appel, mais nous doutons qu’ils accourent nombreux et avec enthousiasme, car il est loin d’être comparable aux dernières luttes étrangères. — Tournoi du Jubilé de S. M. l’Empereur d’Autriche et Tournoi de Londres 1899.

Pourquoi une entrée de 100 fr. ? Il est établi maintenant que lorsque l’on fait appel à des professionnels, il faut leur offrir une compensation. Aux précédents concours, à Vienne, par exemple : pour 19 concurrents il y a eu 11 prix valant 19.700 couronnes, à Londres, 15 concurrents, 10 prix valant 12.800 fr., plus le remboursement des frais de séjour. En ne payant pas un nombre restreint de prix, comme 25 ou 50 fr. à ceux qui n’ont pas triomphé, on les oblige à perdre une partie des frais de séjour et de voyage.

Or, nous pensons que les maîtres refuseront net, et, après avoir consenti aux prix offerts pour 100 fr., ils devront payer leurs frais eux-mêmes, comme amateurs, en temps de l’Exposition ! Pour des professionnels, cela ressemblerait même peu à une prime…

Pourquoi aussi 200 fr. de dédit ? À Vienne il n’a été demandé que 100 couronnes, à Londres 1,5 l.

Les prix sont de valeurs suffisantes, mais ils ne sont pas assez nombreux, parce que la souscription n’a pas marché ; en dehors des dons spéciaux du Grand Cercle et de M. le baron A. de Rothschild de Vienne, il n’a été recueilli que 3.400 fr., presque entièrement parmi les membres du Grand Cercle.

La cause de cette abstention totale du public français est le pouvoir omnipotent imposé de M. Rosenthal, comme directeur du Tournoi. Pour un tel rôle il faut une impartialité impeccable envers tous les concurrents et la confiance ne se commande pas. Déjà, en allant à Londres, faire signer aux concurrents l’engagement de venir à Paris, M. Rosenthal s’est adressé à tous, sauf à M. Janowski (!) qui depuis longtemps représente dignement la France dans les tournois Allemands, Anglais et Autrichiens.

Malgré les prix du Président de la République, ce tournoi n’a pas un caractère national : ce n’est pas Paris qui l’organise, mais seulement un groupe d’amateurs et c’est ce qui explique le titre sous lequel nous en donnerons des nouvelles… si nous pouvons.

Jean Préti, directeur de « La Stratégie » est pessimiste sur les joueurs qui viendront. Mais finalement, on peut le dire, ce sera un succès pour Samuel Rosenthal. Les meilleurs seront présents à quelques exceptions, dont Steinitz atteint de troubles mentaux et qui décèdera le 12 août 1900 à New-York.

Les souscripteurs proviennent essentiellement du Grand Cercle, dont les membres sont fortunés. Et vous pouvez voir l’attitude étonnante de Samuel Rosenthal vis-à-vis de David Janowski qu’il semble ignorer. 
Déjà, Jean Préti s’inquiète de ce qui risque être un tournoi privé. D’ailleurs les spectateurs ne pourront venir que s’ils ont déboursé la somme de 100 francs de souscription, une somme importante qui correspondait à peu près au salaire mensuel moyen d’un ouvrier en France à l’époque !
 
La liste des participants, au tournoi de Paris 1900, est publiée dans « La Stratégie » de mai 1900. On retrouve bien David Janowski, mais celui-ci jouera sous le drapeau de l’Empire Russe...
Rosenthal est français depuis une dizaine d'année, et ce n'est peut-être pas le cas de Janowski ? Un aspect à fouiller. Pourtant c'est lui qui représente la France dans les grands tournois...

 
Collection Dominique Thimognier 
 
Plus nous nous approchons de la date prévue pour le tournoi, plus les journaux français en parle. Par exemple dans « L’Écho de Paris » du 7 mars 1900


Retronews - L’Écho de Paris - 7 mars 1900 
 
Puis par exemple dans le journal « Le Temps » du 17 mai 1900. Le tournoi va commencer, le tirage au sort a été effectué.
 

 Retronews - Le Temps - 17 mai 1900 

Passons directement au mois de juin 1900 et un article de « Le Journal » du 27 juin 1900. Celui-ci s’étonne du peu de publicité pour le tournoi dans les journaux Français, tandis qu’à l’étranger une très large place était faire à ce tournoi dans les feuilles quotidiennes…C’est tout simplement Samuel Rosenthal qui distille les informations au fur et à mesure du tournoi. Il n’informe que ceux avec qui il s’entend bien à l’étranger en ignorant la presse Française. 

L'INTERNATIONAL DES ÉCHECS
au Grand Cercle de Paris

Le concours qui a pris fin lundi dernier au Cercle des échecs de Paris a eu, dans toute l'Europe et jusqu'en Amérique, un retentissement considérable. Des centaines de journaux ont tenu leurs lecteurs au courant des péripéties de la lutte. Nos voisins d'Allemagne et d'Angleterre ont fait dans leurs feuilles quotidiennes et dans leurs périodiques une très large place aux jeux sportifs dont les échecs sont le plus sérieux. Le jour viendra où l'on comprendra en France qu'il convient de mieux équilibrer les parts de publicité entre les exercices du plein air et les spéculations scientifiques. S'il est bon de savoir tirer du fusil ou exécuter des pirouettes, il n'est pas moins utile de fortifier chez les jeunes gens la puissance de concentration et les qualités maîtresses de la pensée logique et de l’intelligence active. Voilà ce que savent bien des nations. Et l'on est fondé à croire que les Français comprendront comme les autres peuples l’intérêt qu’il y a à faire vivre chez nous une science du jeu aussi sérieuse que celle des échecs. De fortes sommes, aujourd’hui, sont dépensées dans ce but.

Le tournoi de 1900 ne fut pas seulement une rencontre de maîtres ; il fut aussi un groupement d’une association vitale entre les bons éléments que possède notre pays.

Vingt années se sont écoulées depuis le dernier concours d’échecs à Paris. Le Grand Cercle vient de donner enfin avec beaucoup d’éclat et de succès une regrettable lacune et nous aurons, l’hiver prochain, à Monte-Carlo, un nouveau concours pour lequel les notabilités de l’échiquier se sont fait inscrire sans hésitation.

Le tournoi de 1900 a été pour Lasker l’occasion d’établir une fois de plus sa supériorité. Il a remporté le premier prix comportant un beau vase de Sèvres offert par le Président de la République et une allocation de 5.000 fr. L’Américain Pillsbury, si célèbre par ses performances du jeu sans voir, est arrivé second. Maroczy (de Vienne) et Marshall, le Canadien, ont reçu ex æquo les troisième et quatrième prix. Après eux, le champion anglais Amos Burn, puis Tchigorin, le grand maître russe.

Mieses (de Leipzig) s’est adjugé un prix spécial donné par M. le baron Albert de Rothschild pour récompenser la partie la plus brillante.

À l’issue du tournoi, un vote de remerciements a été émis par les hôtes du Cercle de Paris, dont les somptueuses générosités et l’hospitalité pleine de courtoisie ont charmé les concurrents et tous les visiteurs.


La réaction de Jean Préti dans « La Stratégie » de juin 1900 est cinglante : « Chez nous la propagande se fait par le silence ».
 

 
 
 
 





En cas de partie nulle, une seconde partie était immédiatement rejouée en inversant les couleurs.
Cette seconde partie attribuait le résultat définitif. Ceci explique les « n » dans le tableau (1ère partie nulle).

En 1937 Lasker, vainqueur de ce tournoi de Paris, va publier un livre très intéressant dans lequel il décrira de nombreux épisodes de sa carrière échiquéenne. Ce livre s’intitule « Comment Victor est devenu un maitre d’échecs » et je lui ai consacré un article. Nous suivons les aventures de Victor (personnage fictif du livre, qui n’est autre que Lasker). Emanuel Lasker dresse un portrait très critique de Samuel Rosenthal directeur des échecs au Grand Cercle.
 

 Le Monde Illustré - 23 juin 1900. Collection personnelle. Portrait d'Emanuel Lasker, champion du Tournoi international d'Echecs

Le Cercle ne sert pas à développer les échecs. Telle est la conclusion de Victor, après sa visite au Cercle.

En 1901, Samuel Rosenthal publiera le livre du tournoi de Paris 1900. La seule photo qui s’y trouve est celle de Samuel Rosenthal ! (Il décèdera le 12 septembre 1902).
 
Les photos ci-dessous proviennent de l'exemplaire du livre du tournoi de Paris 1900 de Jean Mennerat.
Livre consultable à Belfort au fonds Mennerat.
 
* La seule photo du livre, celle de Samuel Rosenthal
* La dédicace de Samuel Rosenthal à un certain Monsieur Malmanche 
* Un extrait du texte en vers en l'honneur du tournoi et de Rosenthal 
* La signature de Jean René Mennerat - 26 août 1940 






 









Le tournoi d'échecs de Paris 1900 était quand même un évènement sportif d'importance. Plusieurs évènements annexes se déroulèrent durant l'exposition universelle. On peut citer par exemple la simultanée donnée par Pillsbury.
 
Je termine avec la partie Mieses - Janowski qui remporte le prix de beauté du tournoi de Paris 1900.
Partie commentée par Samuel Rosenthal dans Le Monde Illustré du 21 juillet 1900.

 
 
 
[Event "Paris"] [Site "?"] [Date "1900.06.12"] [Round "?"] [White "Mieses, Jacques"] [Black "Janowski, David"] [Result "1-0"] [ECO "C27"] [Annotator "Samuel Rosenthal"] [PlyCount "71"] {Commentaires de Samuel Rosenthal pour Le Monde Illustré du 21 juillet 1900. "Jouée le 12 juin 1900 au Grand Cercle, dans le tournoi international, entre MM. Mieses et Janowski. Cette partie a obtenu le 1er prix de 500 francs offert par le baron Albert de Rothschild, de Vienne, à la plus belle partie du tournoi." Partie Viennoise} 1. e4 e5 2. Nc3 Nf6 ({Ainsi que nous l'avons dit à plusieurs reprises, le coup juste est} 2... Nc6 3. f4 exf4 {pour la suite voir nos analyses données sur ce début.}) 3. Bc4 Bc5 ({Nous aurions préféré} 3... Nxe4 4. Qh5 (4. Bxf7+ Kxf7 5. Nxe4 d5 6. Qf3+ Kg8 7. Ng5 Qd7 { etc. mieux}) 4... Nd6 5. Bb3 Nc6 6. Nb5 g6 7. Qf3 Nf5 8. Qd5 Nh6 9. d4 d6 10. Bxh6 Be6 {etc. mieux}) 4. d3 d6 5. f4 Nc6 (5... Ng4 6. f5 h5 ({Si} 6... Nf2 7. Qh5 g6 8. Qh6 Nxh1 9. Qg7 {etc. et gagnent}) 7. Nh3 Qh4+ 8. Kf1 {etc. mieux}) 6. f5 Na5 7. Qf3 c6 8. g4 h6 (8... h5 9. g5 Ng4 10. Nh3 {etc. mieux}) 9. h4 b5 10. Bb3 Nxb3 11. axb3 h5 12. gxh5 Nxh5 13. Nge2 Qb6 14. Ng3 Nf6 15. Bg5 Bb7 16. h5 Nh7 17. Bd2 O-O-O 18. h6 g6 19. O-O-O Rhg8 20. fxg6 fxg6 21. Rdf1 Kb8 22. Qf7 Rh8 ({Si} 22... Qc7 23. Qxc7+ Kxc7 24. Rf7+ Rd7 25. Rhf1 Rgd8 26. Rg7 { et gagnent}) 23. Qxg6 Rdg8 24. Qg7 {Très joli coup qui termine brillamment la partie} Bc8 (24... Rxg7 25. hxg7 Rg8 26. Rxh7 {etc. et gagnent}) 25. Nf5 Bxf5 26. Rxf5 Bb4 27. Kb1 Bxc3 ({Si} 27... Rxg7 28. hxg7 Rg8 29. Rf7 ({Si} 29. Rxh7 Qg1+ 30. Ka2 Rxg7 {défendrait la partie}) 29... Nf6 30. Rh8 {et gagnent}) 28. bxc3 Nf8 29. Rhf1 Ng6 30. Qd7 Rd8 ({Si} 30... Qc7 31. Qxc7+ Kxc7 32. Rf7+ Kb6 33. Be3+ c5 34. R1f6 {et gagnent}) 31. Qe6 Nf4 32. Bxf4 exf4 33. R5xf4 Qc5 34. Rf7 Qg5 35. Rf8 Qc5 (35... Rhxf8 36. Rxf8 Rxf8 37. Qxd6+ {et gagnent}) 36. Qe7 1-0

mercredi 16 juin 2021

Un témoignage insolite du XVIIIe siècle

17/06/2021 - Complément au sujet de l'auteur de la note manuscrite citée dans cet article - Par Oliver Sheppard (voir sous la première photo).

Petit à petit le site de la bibliothèque de Belfort s'enrichit d'articles très intéressants sur les plus beaux livres du fonds Mennerat. Et parfois il est possible de tomber sur quelque chose d'insolite. 

Voici un extrait de l'article (par Jean-Baptiste Grange) illustré de photos que j'ai prises sur place.
L'auteur de cette note cite le Café de la Régence et cela a donc obligatoirement attiré mon attention !
Par contre, le texte manuscrit n'est pas vraiment cohérent, car il s'agit d'une note écrite sur le livre de Ruy Lopez et il ne peut donc contenir les parties de Philidor...

A la décharge de l'auteur des lignes manuscrites, il faut signaler que ni le nom de Ruy Lopez, ni celui de Philidor n'est mentionné, ce qui a été peut être à l'origne de sa confusion ?! Voir ici l'ouvrage numérisé.

A défaut de l’édition originale du traité de Ruy López, la collection Mennerat est riche de sa première édition italienne (cote FM MAN 1184) parue en 1584. Nous conservons également une édition in-12 en français de 1674 (cote FM MAN 1185), publiée à Paris par Antoine de Rafflé, et reliée en parchemin. 

En regard de sa page de titre, son ancien possesseur du XVIIIe siècle, un certain Eustache Deschamps, homonyme du poète du XIVe siècle, a laissé le témoignage manuscrit suivant : 

« J’ai acheté ce livre d’habord à Paris en 1784. 24 sous. Il renferme les parties les plus intéressantes, et singulièrement presque toutes celles de Philidor, dans ses 4 ouvrages. Philidor passe pour être le premier François qui ait écrit sur le jeu des échecs, il le dit dans sa préface ; ainsi cet ouvrage lui était inconnu, et il ne l’était pas moins de tous les joueurs et amateurs du Caffé de la régence à qui j’en ai parlé. On y verra que les règles qu’on suivait à Paris à la fin du siècle dernier étaient différentes des modernes, surtout dans la manière de roquer. 
Eustache Deschamps »

Fonds Mennerat - Première indication de cet ancien propriétaire du livre, un certain Deschamps.

17/06/2021 - Nous progressons dans l'identification de l'auteur de la note manuscrite. Comme l'indique Oliver Sheppard, Deschamps était probablement "Commissaire des Guerres" comme le laisse deviner la photo ci-dessus. C'est-à-dire selon Wikipedia "des fonctionnaires chargés des tâches d'administration, de comptabilité, d'intendance et de logistique militaires". 


Fonds Mennerat - Le livre de Ruy Lopez dans sa traduction française de 1674

Sur la page de gauche, le texte manuscrit daté de 1784 (voir ci-dessus) signé par le dénommé Eustache Deschamps en 1784. Qui était-il ?

Essai sur le jeu des Échecs, par le sieur Philippe Stamma natif d’Alep en Syrie

Où l'on découvre que chaque exemplaire de l'édition originale de son livre d'échecs, paru en 1737, porte une mention manuscrite très probablement de Philippe Stamma lui-même.

Cet article fait suite à ma visite du fonds Mennerat à Belfort le 12 juin 2021, et contient des informations communiquées par Jean-Baptiste Grange, responsable du patrimoine de la bibliothèque de Belfort. 

Même si je n'aime pas rester sans sourcer les informations que je donne, voici quelques mots sur ce qui est communément admis au sujet de Stamma :

Phillipe (Philipp, Philippo ou Filipo) Stamma est né à Alep, en Syrie vers 1705 (alors l'empire Ottoman). Son nom arabe était Fathallah, fils de Safar, du clan Shtamma. 
Sa famille avait des origines syro-orthodoxes, mais aussi des liens avec l'église catholique. 
En plus d'être joueur d'échecs, il était interprète de langues orientales. 
Après avoir quitté l'Empire ottoman, il séjourne quelque temps en Italie avant d'arriver en France. 
Puis, il s'installe ensuite à Londres vers 1738. Il est nommé interprète de langues orientales en 1739. Il meurt à Londres vers 1755.

Fonds Mennerat - Belfort 
Le livre de Philippe Stamma

Lors de son séjour à Paris, dans les années 1730, il publie la première édition de son livre "Essai sur le jeu des Échecs, par le sieur Philippe Stamma natif d’Alep en Syrie, à Paris en 1737".
Sa situation financière est précaire, comme il l'indique dans son introduction où il remercie son protecteur en Angleterre qu’il va bientôt rejoindre (William Stanhope, 1er comte de Harrington, homme d'état et diplomate britannique).

"A très haut et très honoré seigneur Mylord Harrington, ministre et secrétaire d'état du Roi de Grand-Bretagne, etc. (...) Dans la situation, où la fortune m'a réduit, la compassion vous parlera pour moi (...)"

Il est juste de considérer Stamma comme ayant un niveau de jeu inférieur à Legall contre lequel il a dû forcément jouer au Café de la Régence durant son séjour à Paris.
En effet, Philidor disposera facilement de son adversaire syrien, alors considéré comme le deuxième joueur d’Angleterre derrière Janssen, lors de son match à Londres en 1747.

Stamma mentionne aussi une façon de jouer particulière des Orientaux, il s’agit peut-être du gambit d’Alep (en fait le Gambit Dame) qu’il emploiera contre Philidor, et l’intérêt particulier des joueurs arabes pour l’étude des finales.

"(...) la manière de jouer chez les Orientaux ne vous a pas déplu : je commence à la rendre publique en Occident, quoique j'y sois étranger.(...)".

Voici ce que m'a indiqué M. Jean-Baptiste Grange, au sujet du livre de Stamma :

"La collection Mennerat possède un exemplaire de l'édition originale du livre de Stamma, imprimé par le libraire parisien Pierre Emery au format in-16, et relié en veau. Sur l'ensemble des exemplaires de l'édition originale figure, page 146 précisément, à la suite de l'achever d'imprimer, l'inscription manuscrite en arabe suivante :

"Ce livre a été imprimé à Paris sous le nom de Philippe Stamma".

L'ouvrage, le premier à utiliser la notation algébrique, popularisa en Europe l'art des finales d'échecs, fort appréciées depuis des siècles au Moyen-Orient."

Fonds Mennerat - Belfort
Note manuscrite en arabe, probablement de Philippe Stamma

Jean-Baptiste Grange ne franchit pas le pas, mais il me semble très probable que cette inscription manuscrite soit de Philippe Stamma.

Ci-dessus la note manuscrite de Stamma dans l'exemplaire du fonds Mennerat à Belfort.
Vous retrouvez la même note manuscrite dans l'exemplaire consultable sur Google Book en provenance des Etats-Unis.

Google Book - Princeton University Library
Une note en arabe similaire à la précédente (il semble manquer un mot sur la 2ème ligne -  je ne parle pas arabe, et si quelqu'un veut m'aider il sera le bienvenu).

Pour la petite histoire, Jean-Jacques Rousseau cite Stamma dans le livre V des Confessions (1782). 
Voici le premier et le deuxième article que je lui ai consacré.

On y découvre qu'il achète le manuel de Stamma, Philidor et le traité d'échecs de Gioachino Greco (dit "Le Calabrais"). Une belle collection !

"Il y avait un Genevois nommé M. Bagueret, lequel avait été employé sous Pierre le Grand à la cour de Russie ; un des plus vilains hommes et des plus grands fous que j’aie jamais vus, toujours plein de projets aussi fous que lui, qui faisait tomber les millions comme la pluie, et à qui les zéros ne coûtaient rien. 

Cet homme, étant venu à Chambéry pour quelque procès au sénat, s’empara de maman comme de raison, et, pour ses trésors de zéros qu’il lui prodiguait généreusement, tirait ses pauvres écus pièce à pièce. Je ne l’aimais point : il le voyait ; avec moi cela n’est pas difficile : il n’y avait sorte de bassesse qu’il n’employât pour me cajoler. 

Il s’avisa de me proposer d’apprendre les échecs, qu’il jouait un peu. J’essayai presque malgré moi ; et, après avoir tant bien que mal appris la marche, mon progrès fut si rapide, qu’avant la fin de la première séance, je lui donnai la tour qu’il m’avait donnée en commençant. Il ne m’en fallut pas davantage : me voilà forcené des échecs. 

J’achète un échiquier, j’achète le Calabrois : je m’enferme dans ma chambre, j’y passe les jours et les nuits à vouloir apprendre par cœur toutes les parties, à les fourrer dans ma tête bon gré mal gré, à jouer seul sans relâche et sans fin. Après deux ou trois mois de ce beau travail et d’efforts inimaginables, je vais au café, maigre, jaune, et presque hébété. Je m’essaye, je rejoue avec M. Bagueret : il me bat une fois, deux fois, vingt fois ; tant de combinaisons s’étaient brouillées dans ma tête, et mon imagination s’était si bien amortie, que je ne voyais plus qu’un nuage devant moi.

Toutes les fois qu’avec le livre de Philidor ou celui de Stamma j’ai voulu m’exercer à étudier des parties, la même chose m’est arrivée ; et après m’être épuisé de fatigue, je me suis trouvé plus faible qu’auparavant. Du reste, que j’aie abandonné les échecs, ou qu’en jouant je me sois remis en haleine, je n’ai jamais avancé d’un cran depuis cette première séance, et je me suis toujours retrouvé au même point où j’étais en la finissant. Je m’exercerais des milliers de siècles que je finirais par pouvoir donner la tour à Bagueret, et rien de plus."

lundi 14 juin 2021

L'analyse des Échecs

...Où l'on découvre que la BNF a mis en ligne sur Gallica une "vulgaire" copie pirate de la première édition du livre de Philidor.

Le buste de Philidor, par Augustin Pajou - Musée Carnavalet, Paris.

Le sculpteur Pajou a l'habitude de fixer les traits de ses amis, tel Philidor (1726-1795), ici âgé de 57 ans. 

NB : cet article est basé sur les découvertes effectuées par Jean Mennerat au sujet du livre de Philidor.
Découvertes que Jean-Baptiste Grange, responsable du patrimoine de la bibliothèque de Belfort, a bien voulu me faire partager.
Je l'en remercie, d'autant plus que ce fut pour moi une découverte totale.
J'ignore si la découverte de Jean Mennerat, que j'indique ci-dessous, a déjà été publiée.

A.D.Philidor publie en 1749 la première édition de son célèbre livre "L'Analyze des Echecs".
 
Dans son introduction, on trouve bien évidemment sa célèbre maxime :


« Mon but principal est de me rendre recommandable par une nouveauté dont personne ne s’est avisé, ou peut-être n’en a été capable : c’est celle de bien jouer les Pions. Ils sont l’âme des Échecs. 
Ce sont eux uniquement qui forment l’attaque et la défense, et de leur bon ou mauvais arrangement, dépend entièrement le gain ou la perte de la partie. 
Un joueur, qui ne sait pas (même en jouant bien un Pion) la raison pour laquelle il le joue, est à comparer à un général qui a beaucoup de pratique et peu de théorie. »

Puis, Philidor publie en 1777 une nouvelle version de son livre "considérablement augmentée" où l'on trouve par exemple Diderot et le Chevalier d’Éon parmi les souscripteurs.



Et enfin en 1790 une troisième et dernière version de son vivant, dont voici ce qu'en dit La Stratégie (Biographie de Philidor publiée dans La Stratégie d’octobre et novembre 1886 et janvier 1887)

« Dans les lettres de Philidor, on voit qu’il s’efforçait de payer ses dépenses personnelles à Londres avec l’argent qu’il gagnait de cette manière et dans les parties particulières et qu’il envoyait à sa famille toute la somme qu’il recevait annuellement des membres du club. L’importance de cette somme n’est pas exactement connue. En 1790 fut publiée à Londres, probablement avec le consentement de l’auteur, une édition en anglais de son analyse augmentée de nouvelles variantes et avec neuf parties jouées par Philidor sans voir.» 

Mais revenons à l'édition de 1749.

Le succès du livre de Philidor est immédiat. La protection des œuvres n'existe pas encore à cette époque et rapidement plusieurs copies sont imprimées, se faisant passer pour les livres issus de la souscriptions originale. En tout cas, dans sa démarche de collectionneur, Jean Mennerat fait l'acquisition à la fois d'un exemplaire original de 1749, mais également de copies datées de la même année.

Dans plusieurs notes manuscrites, insérés dans ces livres, il explique les différences parfois subtiles entre l'édition originale et les copies. Philidor était-il au courant de l'existence de ces copies ? La question reste ouverte.

Comment reconnaître une édition originale du livre "L'Analyze des Échecs" de 1749, issue de la souscription, d'une copie opportuniste (ou copie pirate, comme les nomme Jean Mennerat) ?

Edition originale du livre Philidor - Fonds Jean Mennerat à Belfort.

La première édition du livre de Philidor comporte 127 souscripteurs pour 433 exemplaires.
Elle contient 170 pages + 21 pages préliminaires.
La vignette sur la première page représente un plateau de fruits.

Le plateau de fruits

Au passage, Jean Mennerat signale une faute d'orthographe en latin sur la première page (des originaux et des copies). Il précise :

"La faute de grammaire, effigie au lieu d'effigiem, vient peut-être d'une erreur typographique sur un exemplaire de Vida peut-être lu par Philidor. Il est possible qu'un tel exemplaire existe".

Les copies pirates présentent plusieurs différences, même si l'année de publication indiquée est la même, à savoir 1749 - MDCCXLIX.
La liste des souscripteurs n'est pas précisée.
Chaque livre contient 162 pages + 14 pages préliminaires.
Et les vignettes de première page sont différentes, avec soit deux cornes d'abondance, soit deux oiseaux.

Fonds Jean Mennerat - Belfort
Une édition pirate, le plateau de fruits est remplacé par deux oiseaux.

Les deux oiseaux...au lieu du plateau de fruits

Fonds Jean Mennerat - Belfort
Une autre édition pirate.

Deux cornes d'abondance.

Jean Mennerat a également découvert un détail sur la première page.
le mot "temps" (avec l'orthographe "tems" de l'époque) est écrit avec un "T" majuscule dans l'édition originale, et avec un "t" minuscule dans les copies pirates.

Les deux points pour identifier une édition originale d'une copie + la faute d'orthographe en latin (présente y compris sur les éditions pirates).

Avec un "T" majuscule, c'est l'édition originale.

Un "t" minuscule, c'est une copie pirate...

Vous avez maintenant les cartes en main pour déjouer les faussaires du XVIIIe siècle et les copies pirates :-)

Pour en revenir à la première phrase de cet article, vous pouvez maintenant aller consulter la version numérisée par la BNF et présente sur Gallica...
Vous savez désormais qu'il s'agit d'une vulgaire copie pirate et non d'un original de Philidor !

Une copie pirate, numérisée par la BNF et présentée à tort comme l'édition originale.
Source Gallica.

dimanche 13 juin 2021

Week-end à Belfort

A l'invitation du club d'échecs de Belfort et de la bibliothèque Léon Deubel, je me suis rendu à Belfort ce vendredi 11 juin et samedi 12 juin, dans le cadre des événements de "la bibliothèque sur l'échiquier".


Pour ma part, j'ai donné une conférence sur le thème du Café de la Régence (je mettrai prochainement le support en ligne), j'ai pu visiter l'incroyable fonds Jean Mennerat (3ème collection de livres d'échecs dans le monde) et j'ai consulté plusieurs documents uniques. 
Je partagerai dans mes prochains articles plusieurs documents absolument exceptionnels pour toutes personnes qui s'intéressent aux jeu d'échecs et à son histoire. 

Je souhaite remercier tout particulièrement la directrice de la bibliothèque Léon Deubel, Mme Nathalie Bouchetal, Jean-Baptiste Grange, responsable du secteur patrimoine et Christophe Infanti, président du club Belfort-Échecs pour leur accueil fort sympathique.

En attendant mes prochains articles plus détaillés et ciblés, voici quelques photos de ces deux journées à Belfort.

La bibliothèque Léon Deubel à Belfort qui abrite le fonds Mennerat.
Voici le lien, avec une présentation de ce fonds dédié au jeu d'échecs et de M. Jean Mennerat.

Avant la conférence sur "Le Café de la Régence - Haut lieu emblématique du jeu d’échecs" ce vendredi 11 juin.

Samedi 12 juin, simultanée par Andrei Sokolov, ancien numéro 3 mondial et finaliste des candidats au titre mondial en 1987. Score : 19 parties, 19 victoires !

Visite du fonds Jean Mennerat : plus de 20000 livres et 6000 exemplaires de revues sur le jeu d'échecs.
A ce jour le fonds est très peu consulté malheureusement, et il est indispensable de valoriser cette collection. 
Un travail en commun avec la BNF, la Fédération Française des Échecs et la bibliothèque de Belfort est sans doute à mettre en place.
Si vous souhaitez vous faire une idée de ce que contient cette collection, vous avez ici accès au catalogue du fonds Mennerat, via le CCFr, Catalogue Collectif de France.

Ex-libris de Jean Mennerat.

Voici quelques photos de la visite du fonds.

La collection complète de la revue "Chess Player's Chronicle", fondée par Howard Staunton.

Sur la droite, The Chess Monthly

Une curiosité parmi les livres et revues : une carte postale dédiée au jeu d'échecs par correspondance.
Ayant moi-même pratiqué cette forme de jeu cela a attiré ma curiosité :-)
La carte n'est pas datée, mais je pense qu'elle est des années 1940/1950. 


Une des fameuses gravures du Café de la Régence.
Je ne la connaissais pas colorisée.
Elle a été publiée dans la revue "Le Monde Illustré" du 7 mars 1874.
A cette époque la chronique d'échecs était tenue par Paul Journoud.
Mais l'article accompagnant cette gravure est signé par Samuel Rosenthal qui s'occupera de la chronique échecs de cette revue de juillet 1884 à son décès en septembre 1902.

Andreï Sokolov lors de la visite du fonds Mennerat.

Jean Mennerat était véritablement un collectionneur !
Toute cette rangée est consacrée au manuel de Tartakower "le bréviaire des échecs" dans ses différentes éditions en français...

...le bréviaire des échecs (suite) avec sur la droite quelques éditions en anglais et en allemand !

Au sujet du 1er tournoi international de Londres en 1851.

La collection complète de la revue "La Stratégie" créée par Jean Preti.
La revue commence en 1867 et s'éteindra en 1940.
J'attends depuis des années une numérisation de cette revue française indispensable pour l'histoire des échecs :-)
A ce jour je n'ai trouvé que 3 années numérisées sur différents sites internet (1867, 1868 et 1879).

La revue "La Régence".

La collection de la bibliothèque de Belfort ne contient pas que des livres d'échecs :-)
Voici la première édition de la fameuse "encyclopédie de Diderot et d'Alembert".

Les livres les plus précieux du fonds Mennerat.
A suivre...