samedi 18 mai 2024

Carte publicitaire du Café de la Régence

Article mis à jour le 20/05/2024 - Par M. Philippe Bodard - Remarque au sujet d'une date indiquée sur la carte publicitaire.
 
Voici une carte publicitaire, que je ne connaissais pas, du Café de la Régence.
C'est M. Oliver Sheppard qui a attiré mon attention sur cette carte, toujours en vente à ce jour sur Ebay et je l'en remercie.

Quelques remarques :
La carte date de 1953 d'après le texte que l'ont peut lire. 
Il est fait mention de la table de Bonaparte toujours visible ! il est donc possible de conclure que cette table a accompagné le Café de la Régence jusqu'à son changement de dénomination en fin d'année 1955.
le mystère est toujours présent quant au devenir de cette fameuse relique !
Mais je doute qu'il soit toujours possible d'y jouer aux échecs même si le restaurant revendique son passé lié aux échecs.
Le nom mentionné "Pierre Barberis, directeur du restaurant" m'était inconnu jusqu'à présent.

La table de Bonaparte en 1951 - Journal Ce Soir du 13 avril 1951 - Retronews.
La personne sur la photo est probablement un certain M. Dumont directeur de la Régence en 1951

Vous pouvez retrouver d'autres cartes de ce type dans un article que j'ai précédemment publié.

Photo Ebay

1718
La Régence
Place du Théâtre Français
OPERA 32-34 Paris (1er) 

Photo Ebay

Sur la gauche de la carte
Le plus ancien Café de Paris
Ouvert jusqu'à 2 heures du matin
Bar
Restaurant - Soupers
Pierre Barberis, Directeur du restaurant
 
Sur la droite de la carte (en Français et en Anglais) 
1424
Jeanne d'Arc est grièvement blessée durant le siège de Paris à l'emplacement actuel de la Régence.
Siège of Paris, Joan of Arc, wounded on the site where the Régence now stands.
1798
Napoléon Bonaparte, Premier Consul, joue aux échecs au Café de la Régence. Sa table préférée s'y trouve toujours.
Napoléon Bonaparte, Premier Consul, playing chess at the Café de la Régence. His favourite table there is still shown.
1953
Reprenant la tradition des grands joueurs d'échecs et des grands hommes qui la fréquentèrent, les célébrités très parisiennes déjeunent, dinent et soupent à la Régence redevenue à la mode.
In the tradition of the famous chess players and celebrities of other days, all Paris still lunches and dines at the Régence.
 
20/05/2024 - Comme l'indique fort justement M.Philippe Bodard, les dates mentionnées sont un peu farfelues :
M. Barberis n'est pas vraiment doué en histoire ! (ou du moins il est responsable de la publicité).
1424 : Jeanne d'Arc blessé en commandant le siège de Paris ?
Mais elle aurait eu 12 ans !
Il s'agit de 1429 en fait (Jeanne a 17 ans).

 
Philippe a tout à fait raison et vous pouvez voir ici un article que j'avais rédigé à ce sujet.  
Il est également possible de faire une remarque sur la date 1798 et Bonaparte 1er Consul (au-delà de la véracité de cette anecdote et de la table).
Arrivé au pouvoir en 1799 par le coup d'État du 18 Brumaire, il est Premier consul — consul à vie à partir du 2 août 1802 — jusqu'au 18 mai 1804, date à laquelle l'Empire est proclamé par un sénatus-consulte suivi d'un plébiscite.
 
 
Photo Ebay.
Dos de la carte.
"Café de la Régence" Société Anonyme au capital de 1.600.000 francs - Registre du commerce de la Seine 192.287

dimanche 12 mai 2024

Genèse des grands shows parisiens de Samuel Rosenthal en 1873

 Merci beaucoup à M. Joost van Winsen qui m’a envoyé courant mars 2024 une gravure que je ne connaissais pas. Cette gravure provient du journal « L’Illustration, Journal Universel » de février 1873.
Il y a quelque temps déjà, j’avais pourtant pris un abonnement au site internet https://www.lillustration.com/ et manifestement j’étais passé à côté de cette gravure ! 
 

L'illustration - 1er février 1873 - Photo communiqué par M. Joost van Winsen

M. van Winsen pensait qu’elle représentait Samuel Rosenthal lors d’une simultanée au Café de la Régence.
Mais en fait non, comme l’indique la légende que l’on peut lire sous la gravure « Le grand tournoi des joueurs d’échecs au Café Catelain ». Mais il est vrai que c’est assez ambigu, car à l’époque, en 1873, le propriétaire de la Régence se nomme Pierre Catelain, d’où la confusion possible. 
 

Exposition universelle. Paris, 1878. Palais du Trocadéro. Un dessin de Isidore Laurent Deroy réalisé en 1878, conservé à la Bibliothèque nationale de France

Les Catelain sont alors une fratrie très connue dans la restauration à Paris (Pierre, Laurent, JB Jean-Baptiste ?). Par exemple ce seront eux qui auront la charge de restaurants associés à l’exposition universelle de Paris en 1878. 
 
Journal Le Siècle - 30 mai 1878 au sujet des restaurants Catelain de l'exposition universelle - Retronews

Mais revenons à la simultanée. Avec cet évènement, Samuel Rosenthal prend ses marques de meilleur joueur d’échecs en France à cette époque et tient à le faire savoir. En France il n’a plus d'adversaire de sa force et nous sommes environ 3 ans après le départ de Paris de son rival et supérieur Gustav Neumann, Prussien d’origine, contraint de quitter la France à cause de la guerre avec l’Allemagne en 1870.
 

 
L'illustration - 1er février 1873 - Photo communiqué par M. Joost van Winsen
 
Voici un large extrait retranscrit. On y apprend notamment que les Allemands n’y étaient pas les bienvenus. A noter que le texte du journal L’Illustration associé à la gravure contient pas mal d’erreurs sur les noms des différents protagonistes de cette simultanée.

Le grand match des Joueurs d'échecs du 24 Janvier 1873
 
Vendredi, 24 janvier 1873, dans les salons de M. Laurent Catelain, au Palais-Royal, se donnait une grande séance d'échecs où tout l'univers semblait avoir pris rendez-vous. Le défi avait été porté par le célèbre professeur Rosenthal à tous les meilleurs joueurs présents à Paris.

Malgré son origine polonaise, M. Rosenthal compte parmi les joueurs français ; réfugié depuis 1864, c'est au café de la Régence qu'il a appris le jeu d'échecs, et par reconnaissance il a soutenu pour la France et gagné, non-seulement la partie engagée contre les Allemands dans ce fameux congrès international. de Baden-Baden, mais encore un grand match livré à Londres contre les champions anglais, et à Genève, où il a joué simultanément vingt-cinq parties en rendant un cavalier à chacun de ses adversaires, qui furent tous vaincus sauf un seul.

(…)

Les Allemands seuls n'étaient pas admis dans son sein. La partie commença à huit heures et demie précises. C'était un coup d'œil saisissant que la grande salle silencieuse et pleine de monde où se livrait ce combat intelligent ;
 

La Stratégie de Janvier 1873 annonce également l’évènement.

GRANDE SOIRÉE D'ÉCHECS.

C'est Vendredi 24 Janvier, à 8 heures du soir, dans les salons de M. Laurent Catelain, galerie Montpensier, 23, que M. Rosenthal donnera la grande soirée dont nous avons parlé dans notre dernier numéro. Nous rappelons que le prix d'entrée est fixé à 5 francs, et nous invitons les Amateurs, désireux d'assister à cette intéressante séance, à se procurer à l'avance des billets, soit au bureau de la Stratégie, soit au café de la Régence, rue Saint-Honoré, 161.

Le compte rendu de l’évènement est publié dans le numéro suivant de La Stratégie, le 15 février 1873.
La foule était nombreuse, et Samuel Rosenthal a fait le show. La Stratégie publiera une quinzaine de parties jouées lors de cette simultanée dans ses numéros de février, mars et avril. Je les ai retranscrites et vous les trouverez un peu plus loin.
Le niveau des adversaires de Rosenthal est assez faible globalement, mais la contrainte de peu réfléchir à chaque coup (au maximum 1 minute pour Rosenthal) ne lui a pas rendu la tâche facile. En tout cas la foule était présente pour assister à cet évènement mondain et sportif. A noter que La Stratégie ne mentionne pas l’interdiction des joueurs allemands.
 
 

La Stratégie – février 1873

La soirée d'échecs donnée par M. Rosenthal a été un véritable triomphe pour la cause des échecs. Depuis de longues années on n'avait vu une aussi nombreuse réunion d'amateurs de notre noble jeu.
Plus de deux cents personnes (parmi lesquelles étaient nombreux les noms illustres par le rang, par le talent et par la fortune) se pressaient autour des tables près desquelles étaient assis les champions qui avaient accepté la lutte ; plusieurs dames, même, n'avaient pas dédaigné d'honorer celte solennité de leur présence. 

M. Rosenthal, en annonçant sa soirée, n'avait refusé personne ; il avait, au contraire, hautement déclaré qu'il acceptait pour adversaires tous les joueurs qui se présenteraient quelles que fussent leur force et leur nationalité. Aussi, M. Rosenthal a-t-il eu à combattre une grande partie des sommités actuelles.
Parmi les amateurs français, nous citerons : M. le baron d'André, M, le comte de Locmaria, M. Dupin, député, M. Chaseray, M. Dermenon.... Parmi les étrangers, nommons : M. le prince André de Mingrelie, M. le prince Villafranca, M. Bezkrovny, M. Martin Winawer, M. Meisels, M. Nackman, M. de Gogorza.... et parmi les nombreux assistants nous avons remarqué M. le général Froissard, M. Devinck, M. le marquis Villa-Franchesa, M. le comte de la Taille et.... bien d'autres notabilités.
 
M. Rosenthal s'était engagé à suivre en même temps de 20 à 30 parties ; 28 joueurs seulement ont accepté le défi et à 8 heures 1/4, le Président, M. Lequesne a déclaré la séance ouverte. Le célèbre professeur, qui s'était réservé le trait a annoncé pour 1er coup P.4R (NDA : 1.é2-é4) pour tous les joueurs.
Les réponses ont été peu variées, car 24 joueurs ont répondu par P.4R (NDA : 1…. é7-é5), deux par P.4D (NDA : 1. …d7-d5), un par P.4FD (NDA : 1….ç7-ç5) et enfin un par C.3FD (NDA : 1….Cb8-ç6).
A partir de ce moment les coups se sont succédé sans interruption.
 
A l'égard du temps employé, M. Rosenthal a tenu plus qu'il n'avait promis ; les 28 parties représentent un total de 8 à 900 coups environ, ce qui, à une minute par coup demanderait, en chiffre rond, 14 heures. Or à 2 heures 1/2, c'est-à-dire en 6 heures 1/4 la séance était terminée !
 
Les amateurs peuvent se rendre compte de la difficulté qu'il y avait pour M. Rosenthal et qu'elle tension d'esprit il a dû déployer pour répondre avec cette rapidité aux coups les plus disparates et qui ont présenté nombre de positions compliquées, d'autant plus que chacun de ses adversaires avait en moyenne de 10 à 15 minutes pour préparer et étudier son coup.
 
En résumé, le succès de M. Rosenthal est vraiment mirobolant et unique dans l'histoire, et nous sommes heureux de joindre nos ardentes félicitations à celles qu'il a unanimement reçues. Le résultat des parties est de 22 gagnées, 4 perdues et 2 nulles ; pour mettre nos lecteurs à même de les apprécier, nous en avons choisi une quinzaine dignes d'être publiées. Ci-dessous nous en donnons cinq, les autres paraîtront dans nos numéros suivants.
 

Samuel Rosenthal (curieusement appelé "Emil" sur la photo) - Cleveland Public Library
Photographie non datée, mais peut être de mai 1880, date à laquelle il joue à Londres un match contre Zukertort
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L’année suivante, en date du 27 février 1874, le même évènement sera organisé au même endroit et annoncé comme en 1873 dans de nombreux journaux.

Puis il faudra attendre 1876 pour voir Rosenthal recommencer une telle démonstration.
Mais cette fois-ci ce sera au célèbre restaurant Lemardelay, 100 rue de Richelieu non loin de chez Catelain (il ne reste plus rien de ce restaurant de nos jours à cette adresse, comme du restaurant de Laurent Catelain dans la galerie Montpensier).
Mais la différence est qu’en 1875 le Café de la Régence a été cédé à un certain Joseph Kieffer ce qui explique sans doute ce changement de lieu.
 
Journal Le Gaulois - 20 janvier 1876 - Retronews
 
Carte publicitaire du restaurant Lemardelay en 1894 - Source BHVP

Quelques années plus tard, cet évènement deviendra une habitude, Samuel Rosenthal l’organisant chaque année au Grand Cercle et Cercle des Échecs.

Pour terminer j’ai trouvé un article intéressant paru dans le journal Gil Blas du 2 septembre 1882 au sujet du décès de Pierre Catelain (né en 1836, décédé le 26 août 1882, inhumé dans un caveau familial au cimetière de Montmartre), ancien propriétaire de la Régence. Cela n’a pas grand-chose à voir avec mon étude, mais un détail m’a troublé. Pierre Catelain décède du « cancer des fumeurs ». Nous sommes en 1882, et j’ai toujours cru que le lien démontré entre fumer et le cancer datait des années 1960, soit près d’un siècle plus tard. Manifestement ce lien était connu depuis longtemps.
 
Journal Gil blas - 2 septembre 1882 - Retronews
 
Nous apprenons la mort de M. Pierre Catelain, l'un des membres de l'honorable dynastie des Catelain, qui furent tous restaurateurs. Celui qui vient de mourir avait été autrefois propriétaire du Café de la Régence. Il était bien connu dans le monde du sport, car il a longtemps fait courir. Il est mort du cancer des fumeurs. Il faut dire qu'il fumait en moyenne vingt cigares par jour à un franc pièce, ce qui, pour les trente ans qu'il a fumé, représente environ deux cent mille francs. C'est de lui-même que nous tenons ce détail.


[Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "de Mingrelie, Prince André"] [Result "0-1"] [ECO "C38"] [PlyCount "54"] [EventDate "1873.01.24"] {Partie publiée dans La Stratégie du 15 février 1873} 1. e4 e5 2. f4 exf4 3. Nf3 g5 4. Bc4 Bg7 5. d4 d6 6. c3 h6 7. Qb3 Qe7 8. O-O c6 9. a4 {Pour empêcher b7-b5} b6 {C'était bien joué, dégagent leur Fou Dame} 10. g3 g4 11. Nh4 f3 12. Bf4 Bf6 13. Nf5 Bxf5 14. exf5 d5 15. Bd3 ({Les Blancs pouvaient forcer les Noirs a accepter la nullité en jouant} 15. Bxd5 cxd5 16. Qxd5 Qe2 17. Rf2 Qe1+ {etc}) 15... Bg5 16. Bxb8 {La prise de ce Cavaier semble forcée, car les Blancs ne peuvent prendre le Fou ni se laisser prendre, à cause de la forte attaque que les Noirs auraient eu par l'avance de leur Pion de la Tour du Roi.} Qe3+ 17. Rf2 {forcé} (17. Kh1 Qxd3 {et gagnent}) 17... Qxd3 18. Bf4 Bxf4 19. gxf4 Qxf5 20. Nd2 Nf6 (20... Qxf4 21. Nf1 {et kes Blancs peuvent soutenir l'attaque}) 21. Re1+ Kd7 22. c4 {La partie des blancs est compromise, ils cherchent une contre-attaque} Rhe8 23. Re5 Qxf4 24. cxd5 Qxd4 25. dxc6+ Kxc6 26. Qb5+ Kc7 27. Nc4 Ne4 {Les Blancs abandonnent} 0-1 [Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "Joliet, Auguste"] [Result "1-0"] [ECO "C51"] [PlyCount "40"] [EventDate "1873.01.24"] {[%evp 0,40,18,18,18,12,14,12,11,-18,-26,-35,32,15,22,-13,16,0,0,0,83,114,161, 120,394,394,452,398,651,301,773,724,756,644,687,483,710,1165,1256,792,857,1129, 29995]} {Partie publiée dans La Stratégie du 15 février 1873} 1. e4 e5 2. Nf3 Nc6 3. Bc4 Bc5 4. b4 Bxb4 5. c3 Bc5 6. d4 exd4 7. O-O d6 8. cxd4 Bb6 9. Nc3 Nge7 {Faible} ({La défense correcte est} 9... Bg4 {ou Na5}) 10. Ng5 d5 ({ Le Roque est impossible à cause de} 10... O-O 11. Qh5) 11. exd5 f6 12. dxc6 fxg5 13. Bxg5 Qxd4 14. Qb3 Nxc6 15. Rae1+ Kf8 16. Nd5 Bg4 17. Re3 Bh5 18. Rf3+ Ke8 {S'ils prenaient la Tour, ils seraient mat en peu de coups} 19. Re1+ Kd7 20. Nxb6+ Qxb6 {Et les Blancs font mat en trois coups} 1-0 [Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "Milleriot"] [Result "1-0"] [ECO "C41"] [PlyCount "45"] [EventDate "1873.01.24"] {[%evp 0,45,24,24,22,23,76,61,79,76,121,96,151,76,78,75,77,72,81,52,71,47,60, 44,115,172,333,333,437,437,29991,29992,29993,648,874,553,553,553,553,555,556, 557,561,480,469,482,569,569]} {Partie publiée dans La Stratégie du 15 février 1873} 1. e4 e5 2. Nf3 d6 3. d4 Bg4 4. Bc4 Bxf3 5. Qxf3 Nf6 6. Be3 Nbd7 7. Nc3 c6 8. O-O-O Be7 9. g4 O-O {Dans la position actuelle, le Roque est dangereux} 10. h4 Ne8 11. g5 g6 12. h5 Bxg5 13. hxg6 Bxe3+ 14. fxe3 hxg6 15. Qh3 Kg7 {forcé} 16. Qh6+ Kf6 17. Rdf1+ Ke7 18. Qxf8+ Kxf8 {forcé} 19. Rxf7+ Kg8 20. Rxd7+ d5 21. Rxd8 Rxd8 22. exd5 cxd5 23. Bxd5+ {Les Noirs abandonnent} 1-0 [Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "Bezkrovny, Michel"] [Result "1/2-1/2"] [ECO "C54"] [PlyCount "67"] [EventDate "1873.01.24"] {[%evp 0,17,19,38,25,7,30,26,23,-33,41,-13,-1,-1,4,-12,9,15,-2,21]} {Partie publiée dans La Stratégie du 15 février 1873} 1. e4 e5 2. Nf3 Nc6 3. d4 exd4 4. Bc4 Bc5 5. c3 Nf6 6. cxd4 Bb4+ 7. Bd2 Nxe4 8. Bxb4 Nxb4 9. Bxf7+ Kxf7 10. Qb3+ d5 11. Ne5+ {Dans une des parties du Match jouées entre MM. Steinitz et Zukertort, on a critiqué l'un des joueurs de ne pas avoir donné échec avec le Cavalier en e5.} Ke6 {Très bien joué ; ce coup et le suivant détruisent complètement l'attaque des Blancs.} 12. Qxb4 c5 13. Qa4 cxd4 14. Qxd4 Qf6 15. Nf3 Qxd4 16. Nxd4+ Kf6 17. O-O Bd7 18. Nc3 Nxc3 19. bxc3 Rac8 20. Rac1 Rc4 21. Rfd1 Rhc8 22. Rd3 g6 23. Rf3+ Kg7 24. Nb3 b6 25. h3 Ra4 26. Rd3 Rxa2 27. Rxd5 Be6 28. Rb5 Bc4 29. Rb4 b5 30. Nd4 a5 31. Rbb1 Bd3 32. Ra1 Rxa1 33. Rxa1 a4 34. Ra3 {Et après quelques coups, la partie a été déclarée nulle} 1/2-1/2 [Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "Philippe"] [Result "1-0"] [ECO "C36"] [PlyCount "43"] [EventDate "1873.01.24"] {Partie publiée dans La Stratégie du 15 février 1873} 1. e4 e5 2. f4 d5 3. exd5 Qxd5 4. Nc3 Qe6 5. Nf3 exf4+ 6. Kf2 Be7 7. d4 g5 8. Ne5 Nh6 {Bonne riposte qui empêche la prise de leur pion f7} 9. Bc4 Qf5 10. Qh5 Ng4+ 11. Nxg4 Qxg4 12. Qxf7+ Kd8 13. Re1 Re8 14. Nd5 Nc6 15. Qxe8+ Kxe8 16. Nf6+ Kf8 17. Nxg4 Bxg4 18. c3 Rd8 19. h3 Bf5 20. Bd2 a6 21. Be6 Bg6 22. Re2 {après quelques coups les Noirs abandonnent} 1-0 [Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "Baron d'André"] [Result "0-1"] [ECO "C30"] [PlyCount "34"] [EventDate "1873.01.24"] {[%evp 0,34,28,12,34,-24,25,20,19,32,35,36,89,67,35,56,38,24,108,63,78,61,81, -70,-55,-117,-16,-304,-251,-386,-401,-458,-304,-703,-778,-1082,-1092]} { Partie publiée dans La Stratégie du 15 mars 1873. Début de fantaisie.} 1. e4 Nc6 2. f4 e5 3. Nf3 d5 4. exd5 Qxd5 5. Nc3 Qa5 6. fxe5 Bg4 7. Bb5 Nge7 8. h3 { Le Roque était meilleur} Bh5 9. g4 Bg6 10. d4 {encore un coup faible. Il fallait jouer d2-d3} O-O-O 11. Be3 (11. Bxc6 {et ensuite Be3 était préférable. Les Noirs ont joué toute cette partie d'une manière fort remarquable.}) 11... Nd5 12. Qd2 Ncb4 13. Bd3 Nxe3 14. Qxe3 Bxd3 15. O-O-O Bg6 16. a3 Nxc2 17. Qd2 Na1 {Les blancs abandonnent. Notes par M. Rosenthal} 0-1 [Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "M. de Gororza"] [Result "1-0"] [ECO "C37"] [PlyCount "51"] [EventDate "1873.01.24"] {[%evp 0,51,18,25,25,-27,-29,-28,-37,-62,-62,-40,-68,-94,-83,-123,-19,1,54,89, 62,-15,34,57,58,59,68,23,321,204,292,327,323,323,302,232,221,148,305,255,448, 536,587,644,1257,1308,1317,1323,1323,1332,1491,2369,29997,29998]} {Partie publiée dans La Stratégie du 15 mars 1873.} 1. e4 e5 2. f4 exf4 3. Nf3 g5 4. Bc4 g4 5. Ne5 Qh4+ 6. Kf1 f3 7. d4 fxg2+ 8. Kxg2 Qh3+ 9. Kg1 Nh6 10. Bf4 (10. Bxh6 Bxh6 {menaçant du mat, ce qui rendrait la position des blancs très difficile à cause de l'attaque du pion via g4-g3 à laquelle ils seraient exposés.}) 10... Bg7 11. c3 d6 12. Nd3 Be6 {Faible comme on va le voir} 13. Bg3 Qh5 {Forcé pour prévenir la perte de la Dame} 14. Nf4 Qa5 15. Bxe6 fxe6 16. Nxe6 Bf6 17. Nd2 Kd7 18. Nf4 Rf8 19. Qb3 Bxd4+ 20. cxd4 Qxd2 21. Rd1 Qa5 22. Qe6+ Kc6 {Forcé à cause de Bh4} 23. Rc1+ Kb6 24. Nd5+ Kb5 25. Nxc7+ Kb6 26. Qb3+ {et gagnent} 1-0 [Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "Winaver, Martin"] [Result "1-0"] [ECO "C42"] [PlyCount "65"] [EventDate "1873.01.24"] {[%evp 0,65,25,25,47,11,27,6,38,31,32,-6,19,42,71,44,44,57,55,57,72,74,118,95, 99,74,120,112,126,125,104,77,95,73,120,63,78,36,46,41,54,0,125,171,148,23,95, 94,144,163,163,45,221,178,280,253,275,150,375,360,459,407,808,551,894,1135, 29995,29996]} {Partie publiée dans La Stratégie du 15 mars 1873.} 1. e4 e5 2. Nf3 Nf6 3. Nxe5 d6 4. Nf3 Nxe4 5. d4 Be7 6. Bd3 f5 {Faible} (6... d5 {est meilleur}) 7. O-O O-O 8. c4 Nd7 9. Nc3 Nxc3 10. bxc3 c5 {Bien joué. Par ce coup, qui empêche les Blancs de dédoubler leurs pions, on reconnait l'école de Winaver} 11. Qc2 Nb6 12. a4 d5 13. cxd5 Nxd5 14. Bc4 Kh8 15. Ba3 Nb6 16. Bb3 Nd7 ({Si} 16... c4 17. Bxe7 cxb3 18. Bxd8 bxc2 19. Bxb6 axb6 {Les blancs gagnent le pion "c" et restent avec un pion passé.}) 17. Rae1 b6 18. Re3 Bb7 19. Rfe1 Be4 20. Qd2 Bg5 21. Nxg5 Qxg5 22. g3 Rad8 23. Qe2 {Menace de jouer g4} Qf6 24. f3 Ba8 25. f4 Qc6 ({Si le Fou revient} 25... Be4 {les blancs jouent d'abord} 26. Bb2 {et ensuite Bc2}) ({Si} 25... cxd4 26. Re6 {et gagnent}) 26. d5 Qc8 27. c4 Nf6 28. Re7 Ne4 29. Bb2 Rg8 30. Qh5 Rdf8 ({Ils ne peuvent jouer} 30... Rde8 {à cause de} 31. Bxg7+) 31. Bc2 Qd8 32. R1xe4 fxe4 33. Bxe4 { Les Noirs abandonnent} 1-0 [Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "David, S."] [Result "1-0"] [ECO "C50"] [PlyCount "63"] [EventDate "1873.01.24"] {[%evp 0,63,47,31,26,33,29,22,-5,-34,11,-34,68,23,90,68,118,141,138,126,153, 156,167,155,176,193,269,226,234,135,226,201,228,168,152,117,120,66,142,136,149, 137,127,71,134,97,93,41,51,55,157,70,64,72,73,-49,96,50,137,143,206,206,348, 287,370,287] Partie publiée dans La Stratégie du 15 mars 1873.} 1. e4 e5 2. Nf3 Nc6 3. d4 exd4 4. Bc4 h6 5. c3 d6 6. O-O Bg4 7. Qb3 Qd7 8. Bxf7+ Qxf7 9. Qxb7 Rc8 10. Qxc6+ Bd7 11. Qa6 dxc3 12. Nxc3 Be7 13. e5 Qe6 14. Nd4 Qg4 ({Si} 14... Qxe5 {les Blancs répondent par} 15. Nc6 {et regagnent le Pion ou déroquent les Noirs, restant avec une forte position}) 15. exd6 cxd6 16. Be3 Nf6 17. Ncb5 O-O 18. Nxd6 Rb8 19. Qc4+ Kh7 20. Qc2+ Kh8 21. f3 Qh5 22. Ne4 Nd5 23. Bd2 Rfc8 24. Qd3 Rd8 25. Ng3 Qf7 26. Bc3 Bc5 27. Kh1 Nf4 28. Qc2 Rbc8 29. Ndf5 Qg6 30. Qe4 Ne6 31. Nxg7 Kh7 32. Nxe6 {Et les Noirs abandonnent} 1-0 [Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "Dr Landowski"] [Result "1-0"] [ECO "C34"] [PlyCount "53"] [EventDate "1873.01.24"] {Partie publiée dans La Stratégie du 15 mars 1873.} 1. e4 e5 2. f4 exf4 3. Nf3 d6 {NDA : il est intéressant de voir que Samuel Rosenthal met un point d'nterrogation à ce coup, le considérant comme un mauvais coup. Près d'un siècle plus tard, Robert J.Fischer en fera son arme numéro 1 contre le gambit du Roi.} 4. d4 g5 5. h4 g4 6. Ng5 Qf6 7. Nc3 c6 8. Bc4 Nh6 9. O-O d5 10. exd5 Bd6 11. Nce4 Qe7 12. Nxd6+ Qxd6 13. Bxf4 Qg6 14. Be5 O-O 15. Rf6 Qh5 16. Qd3 Bf5 17. Rxf5 Nxf5 18. Qxf5 Qg6 19. Qxg4 h6 20. Nxf7 Qxg4 21. Nxh6+ Kh7 22. Nxg4 {Menacent du mat en deux coups} Kg6 23. Bd3+ Kh5 24. Nf6+ Kxh4 25. Kf2 Nd7 26. Rh1+ Kg5 27. Rh5# 1-0 [Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "Dermenon"] [Result "1-0"] [ECO "B01"] [PlyCount "75"] [EventDate "1873.01.24"] {Partie publiée dans La Stratégie du 15 avril 1873.} 1. e4 d5 {Contre-Gambit du Centre} 2. exd5 Qxd5 3. Nf3 ({Le coup juste est} 3. Nc3) 3... Bf5 4. Nc3 Qd7 5. Bc4 e6 6. d4 Bd6 7. Bg5 Ne7 8. O-O Ng6 9. d5 e5 10. Bb5 c6 11. dxc6 bxc6 12. Bc4 O-O 13. Qd2 Bb4 14. Qe3 Qc7 15. a3 Bxc3 16. Qxc3 Nd7 17. b4 Rae8 18. Rad1 Nb6 19. Bb3 Be6 20. Be3 f6 21. Bc5 Nd5 22. Qb2 (22. Bxd5 cxd5) 22... Rf7 23. Qc1 Rd7 24. g3 Bg4 25. Qe3 Kh8 26. Bxd5 cxd5 27. Rd2 Qc8 28. Re1 e4 29. Nd4 Ne5 30. Qf4 Nf3+ 31. Nxf3 Bxf3 32. c3 Re5 33. Bd4 Rd6 34. Qh4 Rh5 35. Qf4 Qh3 ( 35... Rd8 {était le coup juste}) 36. Qxf3 Qxh2+ 37. Kf1 Qh3+ 38. Qg2 {Les Noirs abandonnent} 1-0 [Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "Dubail"] [Result "1-0"] [ECO "C50"] [PlyCount "81"] [EventDate "1873.01.24"] {[%evp 0,72,29,34,12,18,12,17,60,51,44,40,46,72,98,107,141,126,73,87,98,95,123, 135,171,154,233,194,701,676,715,723,717,717,925,599,706,620,631,634,631,627, 787,470,687,706,710,872,882,694,725,728,788,780,752,750,865,720,722,778,790, 837,830,794,907,909,1067,861,1073,1029,1135,480,473,508,531]} {Partie publiée dans La Stratégie du 15 avril 1873.} 1. e4 e5 2. Nf3 Nc6 3. Bc4 a6 {Faible. Les Blancs répondent par le coup juste} 4. d4 exd4 5. O-O b5 6. Bb3 Bc5 7. c3 Na5 8. cxd4 Bb6 9. Nc3 Nxb3 10. Qxb3 c6 11. e5 h6 12. Ne4 Bc7 13. Re1 d5 { Une grave erreur qui coûte la pièce} 14. exd6 Be6 15. dxc7 Qxc7 16. Nc5 O-O-O 17. Nxe6 fxe6 18. Qxe6+ Kb8 19. Ne5 Kb7 20. Bf4 Nf6 21. Rac1 Rd6 22. Qb3 Nd5 23. Bg3 Re8 24. Nf3 Rxe1+ 25. Rxe1 Qd8 26. Bxd6 Qxd6 {Evidemment les Noirs ont perdu ; nous donnons néanmoins la suite de cette partie, qui a été brillamment terminée.} 27. Ne5 Qe7 28. Nd3 Qc7 29. Nc5+ Ka7 30. Qa3 a5 31. Qf3 Nf4 32. a4 g5 33. h4 Kb6 34. g3 Nd5 35. Qxd5 cxd5 36. Re6+ Ka7 37. axb5 Qf7 { forcé} 38. b6+ Kb8 39. Rf6 Qg7 40. Rf8+ Qxf8 41. Nd7+ 1-0 [Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "Meisels"] [Result "0-1"] [ECO "C00"] [PlyCount "58"] [EventDate "1873.01.24"] {Partie publiée dans La Stratégie du 15 avril 1873.} 1. e4 c5 2. f4 (2. d4 { est meilleur}) 2... Nc6 3. Nf3 e6 4. c3 d5 5. e5 Nge7 6. Bd3 {NDA : Par interversion de coups on retombe dans une variante de la Défense Française inventée par Samuel Rosenthal.} d4 7. Na3 Nd5 8. g3 h5 9. Be4 h4 10. c4 hxg3 { Nous croyons le sacrifice du Cavalier incorrect, néanmoins, cela rend la partie des Blancs très difficile, d'autant plus qu'ils ne peuvent réfléchir plus d'une minute pour chaque coup. (NDA : En fait l'ordinateur indique que les Noirs sont gagnants après la prise du Cavalier !)} 11. cxd5 exd5 12. Bb1 Rxh2 13. Rg1 Bg4 14. d3 Qa5+ 15. Bd2 Bxf3 16. Bxa5 Bxd1 17. Kxd1 Nxa5 18. Rxg3 Rxb2 19. Bc2 c4 20. Ba4+ Kd8 21. Nc2 b5 22. Kc1 c3 23. Bb3 Nxb3+ (23... Rxb3 { était plus rapide}) 24. axb3 Rxb3 25. Nxd4 Rb2 26. f5 Rf2 27. Ra5 Rc8 28. Nxb5 c2 29. Rg1 g6 {Les Blancs abandonnent} * [Event "Simultanée Restaurant Catelain"] [Site "?"] [Date "1873.01.24"] [Round "?"] [White "Rosenthal, Samuel"] [Black "Chaseray"] [Result "1-0"] [ECO "C38"] [PlyCount "93"] [EventDate "1873.01.24"] {Partie publiée dans La Stratégie du 15 avril 1873.} 1. e4 e5 2. f4 exf4 3. Nf3 g5 4. Bc4 Bg7 5. d4 Nc6 {Faible ; évidemment les Noirs cherchent à égarer leur adversaire en sortant de la théorie.} 6. c3 Na5 7. Bb5 a6 8. Ba4 b5 9. Bc2 Nc4 10. Qe2 Bb7 11. b3 Nb6 12. O-O h6 13. Ba3 Ne7 14. Nbd2 d5 15. e5 Qd7 16. Bc5 Qe6 17. a4 bxa4 18. bxa4 a5 19. Rab1 Ba6 20. Bd3 Bxd3 21. Qxd3 O-O 22. Qc2 Rfc8 23. h3 Nf5 24. Qa2 Ne3 25. Rf2 Nd7 26. Ba3 c5 27. Nf1 cxd4 28. cxd4 Nc4 29. Bc1 Rab8 30. Rb5 Ncxe5 31. dxe5 Rxc1 32. Qxd5 Rxb5 33. Qxb5 Nxe5 34. Qxa5 {Les Blancs profitent de quelques coups faibles joués par les Noirs.} Nxf3+ 35. Rxf3 Bd4+ 36. Kh2 Qe4 37. Qb5 Qc2 38. Rd3 Ra1 39. a5 Ra2 40. Nd2 Bc3 41. Qf5 Bxd2 ({Il était préférable de jouer} 41... Bxa5) 42. Rd8+ Kg7 43. Qe5+ f6 {Forcé} 44. Qe7+ Kg6 45. Rg8+ Kf5 46. Qd7+ Ke5 47. Re8# 1-0
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dimanche 28 avril 2024

Guide touristique de Paris en 1893

M. François Zutter (Suisse) m’a envoyé plusieurs photos d’un guide touristique de Paris datant de 1893, et je l’en remercie. Il s’agit de « Paris, par Paul Joanne », avec la mention « Renseignements pratiques mis au courant en 1893 ». Comme beaucoup de guides touristiques anciens de Paris, il est fait mention du Café de la Régence.
 
Photo de M. François Zutter.

J’ai déjà parlé de ce guide dans un précédent article. Mais il s’agissait alors de l’édition de 1876, par Adolphe Joanne, le père du précédent. 
Je remercie d’autant plus M. Zutter, que je n’ai pas trouvé le guide de 1893 sur Gallica, ni les suivants, ni les précédents pour la plupart. Par exemple sur Gallica, outre celui de 1876, on trouve celui de 1887 qui ne contient que quelques lignes sur le jeu d’échecs.

Le texte de 1893 reste assez similaire à celui paru dans le guide de 1876. Par exemple sur le prix de la location d’un jeu d’échecs, ou bien les enjeux des parties. Mais, de mon point de vue c’est une assez bonne synthèse du Café de la Régence de l’époque et de la revue La Stratégie. La photo qui illustre ce blog date approximativement de cette époque.
 
Une photo fameuse (dont je possède un tirage d'époque), où l'on peut voir le propriétaire du Café de la Régence à l'époque, Joseph Kieffer.

Il y a quand même une phrase qui m’intrigue dans le texte du guide touristique de 1893.
« Le Demi-Cavalier ne se rend pas dans les tournois. »
J’avoue ne pas connaitre cet avantage. Un joueur peut rendre un Cavalier, mais je ne vois pas à quoi correspond le demi-cavalier. Si un lecteur a une idée à ce sujet, je suis preneur !
 
Photo de M. François Zutter.
 
Les Échecs.

Le Café de la Régence (actuellement rue Saint-Honoré, 161, sur la place du Théâtre-Français), fondé en 1718, et dont l'histoire est si intimement liée à celle de Paris, a vu, comme le Café Procope, défiler les personnages illustres des deux derniers siècles.

C'est à La Régence que Diderot allait dépenser les six sous que sa femme lui donnait tous les jours pour sa tasse de café, et c'est le décor où il a placé la scène de ce chef-d'œuvre d'esprit français qui s'appelle Le Neveu de Rameau.

Parmi ses souvenirs, on y voit les bustes de Philidor et de Morphy, les portraits des joueurs célèbres et la Table de Bonaparte, en marbre noir, portant cette inscription gravée sur une plaque d'argent :
« Table où Napoléon, Premier Consul, joua aux échecs. — Café de la Régence »

On peut dire que La Régence est le Salon des Échecs, où s'unit le calme d'un cercle à la liberté d'un café. Une courtoisie toute française est de tradition entre les habitués, et les étrangers y trouvent cette hospitalité qui fait de Paris une ville d'élection, une monde patrie. On reçoit surtout les journaux scandinaves.

On joue moins aux échecs à Paris qu'à Londres ; mais Paris n'en reste pas moins le grand théâtre où les joueurs célèbres, comme les artistes, viennent consacrer leur réputation et recueillir leur plus belle couronne.

L'école française a été longtemps incomparable pour ne pas dire unique en Europe ; aux Grands-Maîtres de l’Échiquier, Philidor, Deschapelles et La Bourdonnais, l'Amérique ne saurait opposer celui dont le génie éclipse tous ses devanciers : Paul Morphy appartient à la France par son origine, et c'est à Paris, à La Régence qu'il a remporté ses premières victoires, reçu les honneurs du triomphe et le baptême de la célébrité.

Parmi les joueurs contemporains, on pourrait citer les vainqueurs et les champions des tournois internationaux ; mais le cadre restreint de cette étude pratique ne permet pas d'inscrire les favoris du Livre d’or, encore moins d'établir la hiérarchie d'une classification. 
 
Photo de M. François Zutter.

La location d'un échiquier, pour toute la durée d'une séance, est fixée à 40 c. dont les frais sont également partagés entre les deux adversaires. Le jeu d'échecs a assez d'attrait par lui-même pour que ce léger impôt suffise à intéresser la partie ; cependant l’enjeu varie de 50 c. à 5 fr., et c'est aussi le prix d'une étude ou d'une leçon.

Les forces des joueurs sont connues et classées par les résultats des tournois handicap qui ont lieu fréquemment à La Régence, et s'équilibrent par des avantages : Les joueurs de première classe rendent aux quatre classes inférieures Tour, Cavalier, Pion et 2 traits et Pion et trait. Le Demi-Cavalier ne se rend pas dans les tournois. Une galerie nombreuse suit en silence, mais avec une curiosité passionnée, les luttes émouvantes et les brillantes parties engagées depuis 2 h. de l’après-midi jusqu’à minuit.
 
La Stratégie, le Moniteur des Échecs, fondée en 1867 par Jean Preti, aujourd’hui dirigé par son fils et rédigée une Société d'amateurs, est publiée sous la forme d’une Revue, le 15 de chaque mois ; elle a son siège à Paris, rue Saint-Sauveur, 72, et l’abonnement coûte 20 fr. par an. M. Numa Preti continue également la publication des ouvrages classiques sur les Échecs, qui constituent une Encyclopédie spéciale et complète, tenue au courant par La Stratégie. On peut s’adresser à lui pour tout ce qui concerne cette science, livres anciens et modernes, français et étrangers, collections de journaux, échiquiers, pièces, diagrammes, etc.

vendredi 12 avril 2024

Les revues d'échecs Françaises

C'est une excellente idée qu'ont eu Thierry Lafargue et Bernard Montangerand de mener une recherche sur les revues d'échecs Françaises.
Il manquait une synthèse indispensable à qui s'intéresse à l'histoire du jeu d'échecs en France, et leur catalogue comble cette lacune.

"Les revues d'échecs Françaises, Catalogue des principales revues, du Palamède à Europe Échecs."
Cette première édition date de mars 2024, et le catalogue n'a été tiré qu'à 50 exemplaires.

Précipitez-vous pour l'acquérir auprès des auteurs Thierry Lafargue et Bernard Montangerand, ou bien auprès d'Alain Barnier président de l'association Thèméchecs qui a soutenu ce beau projet. 
 
Voici quelques morceaux choisis, et un complément possible pour une deuxième édition :-)

La couverture du catalogue

La quatrième de couverture.

Table des matières

Table des matières (suite...)

 
Table des matières (...et fin)

Une revue classique 

 
L'échiquier d'Aix, revue très difficile à trouver.
Il est possible de la consulter au fonds Mennerat à Belfort.

Le courrier des échecs, revue des joueurs d'échecs par correspondance.
J'ai pratiqué cette forme du jeu d'échecs pendant plus de 10 ans... juste avant l'apparition de l'ordinateur.
Et je garde une certaine sympathie pour cette revue.

J'aimais beaucoup cette revue des années 80 dont je possédais tous les numéros.
Malheureusement, un problème aquatique a détruit ma petite collection il y a quelques années...

Une revue récente et malheureusement défunte après quelques numéros.
Difficile de concurrencer internet.

Un bulletin rare d'une grande association.

A nouveau une revue très rare.
L'ensemble de la collection de "La renaissance échiquéenne" est consultable à Belfort au fonds Mennerat.
Et comme l'indique Thierry Lafargue : "Le n°13 est très rare. Le seul que j'ai pu consulter est celui du fonds Mennerat"
 
En complément, hors catalogue...

Le bulletin du cercle d'échecs parisien "Astarté".
Ce bulletin date des années 1930. Dominique Thimognier - Héritage des échecs Français - a pu le consulter, je vous laisse deviner où... sans surprise à Belfort, au fonds Mennerat, d'où il m'a envoyé les photos qu'il a faites du bulletin.
Ce bulletin pourra apparaitre dans une deuxième édition de ce magnifique catalogue !

mercredi 10 avril 2024

Un petit échiquier Régence

Le 17 mars 2024, M. Holger Langer a publié sur FaceBook toute une série de photographies d’un élégant jeu d’échecs Régence. Ce jeu, probablement des années 1930 selon M. Holger Langer, provient de la boutique d’Henri Delaire, située au 4 rue des Pyramides à Paris.
 
Henri Delaire, 1er Président de la FFE
Source: Les Échecs Modernes  (1914)
http://heritageechecsfra.free.fr/delaire.htm - Dominique Thimognier

Les photos du jeu d’échecs sont accompagnées d’un texte en anglais (dont vous avez ci-dessous la traduction), hommage à Henri Delaire.
M. Holger Langer s’est inspiré de la biographie que j’ai publiée sur ce site. Il m’a aimablement autorisé à publier les photos qu'il a prises de son jeu, ainsi que son article, et je l’en remercie.
 
 

 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Petit jeu d'échecs d'une taille de 5 cm seulement, de style Régence français, en ivoire, une face naturelle, l'autre teintée en rouge vif. Le jeu est présenté dans une boîte ajustée recouverte de satin brun rougeâtre et a vraisemblablement été fabriqué vers 1930. L'extérieur du couvercle porte l'inscription « Lewis Le Bouvier », qui était probablement le nom du premier propriétaire. Cependant, je n'ai pu trouver aucune information à son sujet jusqu'à présent. (Note JO Leconte - Lewis Bouvier n'apparait pas dans la liste des membres du Philidor en 1925, ni de l'UAAR en 1913)

La partie intéressante est l'empreinte à l'intérieur du couvercle, qui indique « Delaire, 4 Rue des Pyramides, Paris ». Cela indique que le jeu a été fabriqué et vendu par Henri Delaire, qui distribuait du matériel d'échecs à l'adresse susmentionnée à Paris.

Henri Delaire n'était pas seulement un simple négociant en matériel d'échecs, mais l'une des figures clés du jeu d'échecs français à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Né dans le 3e arrondissement de Paris le 15 mai 1860, il est rapidement devenu ce que Rachel Syme a appelé dans le New Yorker « une dynamo parisienne des échecs » (cf. Rachel Syme, Making Peace With a Precious Chess Set, The New Yorker, 13 juillet 2022).

Il a été le fondateur et le président de longue date du club d'échecs parisien « Cercle Magenta », créé en 1888 et rebaptisé « Cercle Philidor » en 1895. En 1903, Delaire organise le premier championnat de France amateur d'échecs à Arcachon, auquel il participe également. À partir de 1908, il devient le troisième rédacteur en chef de la revue d'échecs française « La Stratégie », créée en 1867 par Jean Preti et poursuivie par son fils Numa Preti en 1881. 
 

Photo : La Stratégie - Directeur H.Delaire - août 1923


Le magazine était notoirement sous-financé et a été maintenu en vie par Delaire, qui a investi d'importantes sommes d'argent dans ce projet. Une grande partie de cet argent a dû être dépensée dans la boutique de Delaire, au 4 Rue des Pyramides à Paris, où il vendait du matériel d'échecs, y compris des jeux d'échecs luxueux et exclusifs comme celui présenté ici.

Il a également écrit plusieurs ouvrages sur les échecs, dont Le Traité - Manuel des Échecs en 1911 et Les Échecs Modernes, dont les deux volumes ont été publiés pour la première fois en 1914 et 1924. Sa plus grande réalisation est cependant sa participation à la création de la Fédération Française des Echecs, le 19 mars 1921. Henri Delaire est décédé pendant la Seconde Guerre mondiale, le 27 septembre 1941.

Les photos présentées ici comprennent deux photos de Delaire. La première montre Delaire (à gauche) lors d'une partie d'échecs contre Matthieu Lemarchand. La photo a été publiée dans un article du Monde Moderne en 1902 et a été faite dans le club d'échecs « Cercle Philidor ». La seconde photo est une nécrologie publiée par la Fédération Française des Échecs dans son bulletin d'avril 1942, honorant les réalisations de Delaire pour les échecs en France.


 
 
Heureux propriétaires d'objets achetés dans cette boutique Delaire.
On trouve cette marque également sur les livres d'échecs, comme par exemple dans cet exemplaire du livre "All change here" de 1919. (Collection de M. Oliver Sheppard).
 



Il semble que la boutique a continué à exister un certain temps dans les années 1950, bien après le décès d'Henri Delaire.
En effet on trouve plusieurs publicités de la boutique dans l’Échiquier de Paris. 
Par exemple dans le numéro d'octobre 1948.

J'ignore jusqu'à quand cette boutique spécialisée a existé.
En allant sur Google Street on peut constater que la boutique se trouvait en plein centre de Paris, près du jardin des Tuileries et du Louvre, à quelques centaines de mètres de la Régence.
 
Le 4 rue des Pyramides de nos jours.

mercredi 7 février 2024

Amusettes sur le Baron de Münchhausen

Au hasard de mes recherches sur internet, j'ai découvert deux textes en Russe datant de 1937 et signé d'un certain Efim Iavitch. Il s'agit d'amusettes au sujet du fameux Baron de Münchhausen et ses aventures extraordinaires. Bien entendu il s'agit ici de jeu d'échecs !
 
A noter que je n'ai absolument rien trouvé sur ce compositeur du jeu d'échecs Efim Iavitch. Si par hasard quelqu'un possède la moindre information à son sujet, je me ferais un plaisir de la publier. 
Ces deux textes ont été publié dans la revue 64 journal d'échecs et de Dames, du 10 avril 1937 pour l'histoire sur Philidor, et du 10 octobre 1937 pour l'histoire au Café de la Régence.
 
Les aventures surprenantes du Baron Münchhausen, illustration d'Alphonse Adolphe Bichard (1879)


J'ai découvert ces deux textes sur le site https://ru-chess-art.livejournal.com/ Всё о шахматной композиции - Tout sur la composition aux échecs.
 
Les positions et parties sont jouables via l'échiquier interactif à la fin de l'article. 
 
64 journal d'échecs et de Dames - 10 octobre 1937
 
Rencontre avec Philidor

- De très nombreuses années se sont écoulées depuis que le vieux Raspe m'a donné l'immortalité avec son beau livre. Sur ces mots, le baron de Münchhausen nous regarda tous et, fumant une pipe, continua en regardant tristement sa fumée bleuâtre :

- Où que j'aie été, qui n'ai-je pas rencontré au cours de ma longue vie ! J'ai vécu à Saint-Pétersbourg et en Turquie, j'ai connu Voltaire et Rousseau, j'ai joué aux échecs avec Napoléon (je vous le raconterai un jour), j'ai assisté au premier tournoi de Londres, j'ai vu le match de Morphy contre Anderssen, bref, j'ai connu presque tout le monde et vu presque tout ce qui était intéressant au cours des deux derniers siècles.

Je suis vieux maintenant, la vie a laissé des traces profondes en moi, et il vous est peut-être difficile d'imaginer que j'ai été jeune. Mais j'ai été jeune, mes amis, oui, oui, je vous l'assure. J'ai passé l'automne 1751 à Paris, où j'étais attaché au baron Manteuffel, qui se trouvait à Versailles pour une mission importante pour l'électeur de Bavière. Un jour, Manteuffel me convoqua d'urgence. Il était sombre et de mauvaise mine. Ses yeux étaient inquiets.

- Münchhausen, vous êtes mon seul espoir, me dit-il, vous êtes le seul à pouvoir remplir ma mission.
Sur ces mots, il me tendit un petit paquet.
- Remettez-le, continua Manteuffel, à son Altesse à Munich au plus tard à la fin de la semaine. Chevauchez comme un démon, Münchhausen, et souvenez-vous que si vous êtes en retard, l'Europe entière tombera dans l'abîme.

Plus de deux cents lieues me séparaient de Munich ; chaque minute était précieuse. Avec une révérence, je pris le paquet et, en moins d'une heure, j'étais hors des murs de Paris. Je devais parcourir la distance en un temps ridiculement court. La nuit, je m'endormais dans la voiture cahotante ; le jour, j'étais déjà à cheval, poursuivant inlassablement mon voyage. Sale et poussiéreux, je suscitais l'étonnement des postiers. D'innombrables dangers m'attendaient. 

Près de Coblence, une douzaine de bandits attaquèrent la voiture. J'en tuais la moitié et mettais les autres en fuite. Évitant différents dangers de noyade, j'ai failli me rompre le cou dans l'un des virages serrés.
Mais j'avais atteint Ulm. Le but était proche et, après avoir attelé mon cheval, je m'élançais avec une vigueur renouvelée. Mon dernier jour touchait à sa fin ; soudain, le cheval, couvert d'écume, siffla et tomba raide mort de fatigue.

Heureusement, la poste n'était pas loin. En y arrivant, je fus heureux de constater qu'une voiture toute prête attendait dans la cour.
- Une voiture et un cheval, et le plus vite possible, criai-je au facteur.
- Je n'ai ni l'un ni l'autre, répondit-il froidement.
- Mais non, m'écriai-je en montrant une voiture qui se trouvait à proximité, et qu'est-ce que ceci ?
- Elle a été prise par un voyageur qui se rend à Paris. Si vous voulez, vous pouvez lui parler ; voici sa chambre.

Lorsque j'ouvris la porte, je vis un jeune homme approximativement de mon âge. Il vint à ma rencontre.
- Écoutez, Monsieur, lui criai-je, je veux votre voiture et votre cheval.
- Ce n'est pas une raison pour vous déranger, répondit-il avec indignation.
- Mais je suis pressé, terriblement pressé. Donnez-les-moi.
- En aucun cas, je n'en ai besoin moi-même.

Désespéré, je regardai autour de moi ; le soir approchait ; si je n'obtenais pas un cheval, ma mission ne serait pas accomplie. Des notes éparses jonchaient la pièce. Soudain, je remarquai une petite table dans un coin, avec des pièces d'échecs jetées négligemment. Une idée brillante me vint à l'esprit.

- Voici une proposition, dis-je, jouons l'objet de notre différend aux échecs. Le gagnant aura la voiture et le cheval, et le perdant devra se contenter de s'ennuyer dans cette maudite gare.

Il hésita quelques instants, puis ses yeux s'éclaircirent.
- D'accord, répondit-il, je suis d'accord. Mais il serait injuste de ne pas vous prévenir que je m'appelle François-André Danican Philidor.
Oh, ce nom m'était familier. A Paris, au Café de la Régence, je l'avais souvent entendu, c'était le nom du premier joueur d'échecs au monde. Mais je ne suis pas du genre à baisser les bras. Rien ne peut m'intimider.
- Je m'appelle Friedrich Hieronymus Münchhausen. Dis-je avec un peu d'arrogance, Monsieur, je ne retire pas mon offre.
Nous nous sommes assis pour jouer ; je pris les Blancs et commençai la partie avec le pion du Roi, mon adversaire répondit en avançant le pion du Cavalier du Roi d'une case.

Je jouai avec esprit, initiative et beauté. Négligeant la sécurité de mon propre roi, je développai une forte attaque sur le Roi des Noirs. Dans mon cœur, je triomphai déjà. Mais mon adversaire semblait avoir tout vu. Se défendant calmement, il créa de fortes menaces. En sacrifiant quelques pièces, il donna à ses pions une force décisive. Enfin, deux d'entre eux se trouvaient sur la deuxième ligne.

C'est moi qui prit la décision. La gravité de la position était claire pour moi. Le Roi au centre était en danger immédiat. Un sourire apparut sur les lèvres de mon adversaire. Il était sûr de gagner.
Avec une concentration douloureuse, je réfléchis à la position. Il me semblait que l'avantage de mon vif jeu de figures était sur le point d'être réduit à néant. Peu à peu, des options se dessinèrent de plus en plus clairement devant moi. À présent, je souriais moi aussi.


- Échec et mat en dix coups !, annonçai-je bruyamment.

Mon adversaire secoua la tête d'un air incrédule, mais plein de confiance, je jouai 1.Dg5xd8+ Re8xd8 2.Tc4xc8 Rd8xc8 (les Noirs ne peuvent pas frapper la tour avec le fou à cause du mat en trois coups) 3.Ff1xa6+ Philidor hésita un instant. Mais constatant que Rc7 serait suivi de 4.Fa5+ Rb8 5.Tb3+ Ra8 6.Fb7+ Rb8 7.Cc6#, il s'empressa de jouer 3.... Rc8-b8. Suivi : 4.Ce5-c6+ Rb8-a8 (et ici après 4... Rc7 les Blancs font mat en trois coups) 5.Fa6-b7+ Ra8xb7 6.Ta3xa7+ Rb7-b6 7.Fb4-a5+ Rb6-b5 9.c3-c4+ Rb5-a4 9.Fa5-b4+ Ra4-b3 10.Ta7-a3#.

La faiblesse des pions les plus avancés était prouvée. Philidor se releva ébranlé. Son visage exprimait l'excitation. Il essaya de parler, mais je ne l'écoutai pas. En cinq minutes, je me précipitai vers Munich.
Le précieux paquet avait été livré à temps. L'Europe était sauvée, Manteuffel avait une étoile, j'avais un congé et la permission de rentrer à Paris.
 
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L'histoire suivante nous compte les aventures du Baron de Münchhausen au Café de la Régence...
 
D'après les histoires du Baron de Münchhausen.

Mes défaites


A la fin d'une longue journée d'hiver, nous nous sommes retrouvés autour de Münchhausen. Ce soir-là, le baron était plus animé que jamais. Positivement, il était inépuisable. Nous écoutions avec admiration ses histoires les plus drôles et les plus fantastiques. Soudain, quelqu'un dit :
- Racontez-nous, Münchhausen, vos défaites aux échecs !
 
Le regard du narrateur s'assombrit légèrement, mais après quelques instants, il redevint clair.
- Ah, mes amis, répondit-il, ce n'est pas un sujet très vaste. Vous savez que j'ai rencontré avec bonheur les plus illustres joueurs d'échecs du monde. Rares sont ceux qui résistent à mon jeu fort et courageux. Mais pourtant, parfois... Parfois.
C'est ce que nous avons entendu ce soir-là :
- C'est arrivé il y a de nombreuses années, a commencé Münchhausen.
- J'étais jeune à l'époque et je faisais mes premiers pas timides dans l'art des échecs. Je me rendais souvent au célèbre « café des échecs Parisiens », La Régence, qui conservait encore le souvenir de l'époque glorieuse de Deschapelles et La Bourdonnais. Très vite, la force de mon jeu, et surtout ma langue infatigable, m'y rendirent invincible.

Et un jour, alors que je regardais une partie et que, selon mon habitude, je discutais bruyamment des mérites comparés des deux partenaires, je remarquais un étranger qui regardait silencieusement la même partie. Il n'avait pas l'air d'apprécier mes remarques sarcastiques. Cette impertinence me fit bondir. Je résolus de lui donner une leçon sur-le-champ.

- Monsieur, m'écriai-je, voulez-vous jouer avec moi ? Non, non, et ne vous avisez pas de refuser, ajoutai-je, voyant qu'il essayait de s'y opposer ; vous allez jouer avec moi, bon sang, et tout de suite. D'ailleurs, il y a une table libre. Il me regarda avec appréhension et s'installa docilement.

Je pris les Blancs, et je décidai de jouer rapidement et énergiquement. Voici le jeu :
1.e2-e4 d7-d5 2.e4-e5 d5-d4 3.c2-c3 f7-f6 4.e5xf6 d4xc3 5.f6xe7 c3xd2+ 6.Fc1xd2 Ff8xe7 7.Cg1-f3 Cb8-c6 8.Cb1-c3 Cg8-f6 9.Cc3-e2 Cf6-d7 10.Cf3-d4 Cc6-e5.  Ici, pensant gagner la dame, j'ai joué 11.Cd4-e6, mais mon puissant adversaire répondit 11... Ce5-d3 et j'ai alors tristement constaté que j'étais maté.
 


- Une partie ne prouve rien, ai-je dit, faisons-en une autre. J'espère que vous me permettrez de reprendre les Blancs.

Ayant repris la partie avec le coup 1.e2-e4, après la réponse 1... d7-d5, décidant d'être plus prudent, j'ai joué 2.d2-d3. La partie s'est ensuite déroulée comme suit : 2... e7-e6 3.Cg1-f3 Cb8-c6 4.Fc1-g5 Ff8-b4+ 5.Re1-e2 (ayant à l'esprit un plan stratégique complexe) 5... Dd8-d7 6.Cb1-c3 Cg8-f6 7.a2-a3 h7-h6 8.Fg5-h4 Fb4-a5 9.e4-e5 d5-d4 10.Cc3-a4 (Dans le but de s'emparer du point c5) 10... Cf6-h5 11.Ca4-c5 Ch5-f4#.  Mon roi était maté.
 

J'étais vraiment en colère.

À ce moment-là, beaucoup de gens s'étaient rassemblés autour de nous. La rumeur de ma défaite s'était répandue partout. Tout le monde voulait être convaincu de ma défaite. En serrant les dents, j'ai alors proposé de jouer une troisième fois.
- Et puisque - disais-je - j'avais perdu les parties précédentes avec les Blancs, la justice elle-même m'oblige à les reprendre maintenant.

Voici notre troisième partie : 1.e2-e4 d7-d5 2.d2-d4 e7-e5 3.c2-c4 f7-f5 4.f2-f4 c7-c5.  Voulant éviter les complications, j'entreprends un long échange. Il s'ensuit au galop : 5.e4xf5 d5xc4 6.d4xc5 e5xf4 7.Fc1xf4 Ff8xc5 8.Ff1xc4 Fc8xf5 9.Ff4xb8 Fc5xg1 10.Fc4xg8 Ff5xb1 11.Ta1xb1 Th8xg8 12.Th1xg1 Ta8xb8.  Je me suis arrêté ici. Le peu de matériel restant sur l'échiquier m'a fait arrêter de penser à la victoire. Et décidant de clarifier définitivement la position, j'ai échangé les dames : 13.Dd1xd8+.
 

 


Quelle ne fut pas ma surprise et celle de tous ceux qui m'entouraient quand, en réponse à cela, mon adversaire, d'un air résolu, s'empara du Roi et joua 13....Re8xe1 ??
- Laissez tomber ces plaisanteries déplacées, criai-je avec irritation, remettez le Roi à sa place !
- Et pourquoi avez-vous fait ce déplacement ? me demanda-t-il.
- Qu'est-ce que c'est que cette question ridicule ? Vous ne savez pas faire la différence entre une Reine et un Roi ?
- Oui, je ne sais pas, répondit-il calmement. Je ne sais pas du tout jouer aux échecs. J'ai essayé de vous le dire dès le début, mais vous n’avez pas voulu m'écouter. Tout ce que j'avais à faire, c'était de copier, dans la mesure du possible, les mouvements que vous faisiez pour les Blancs.

Cette déclaration inattendue déclencha des rires assourdissants. Tout le monde riait ; je n'ai jamais entendu de rire plus désagréable. Je me sentais, je l'avoue, mal à l'aise. Toute mon autorité ne tenait qu'à un fil.
- Voici un cas remarquable, dis-je aussi fort que possible, et au son de ma voix, tout devint silencieux.
- Un homme qui ne sait pas jouer gagne soudain contre un joueur d'échecs aussi expérimenté et fort que moi. Je garantis, continuai-je d'une voix ferme, je garantis que cela ne pouvait arriver qu'à moi seul, qu'à un homme aussi extraordinaire que le baron de Münchhausen !
Sur ces mots, je partis. Mon honneur était sauvé. Mais pendant longtemps, je n'ai pas touché aux échecs.
 
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[Event "Première partie"] [Site "?"] [Date "????.??.??"] [Round "?"] [White "Münchhausen, Friedrich Hieronymu"] [Black "Inconnu"] [Result "0-1"] [PlyCount "22"] {Je pris les Blancs, et je décidai de jouer rapidement et énergiquement. Voici le jeu :} 1. e4 d5 2. e5 d4 3. c3 f6 4. exf6 dxc3 5. fxe7 cxd2+ 6. Bxd2 Bxe7 7. Nf3 Nc6 8. Nc3 Nf6 9. Ne2 Nd7 10. Nfd4 Nce5 {Ici, pensant gagner la Dame, j'ai joué} 11. Ne6 {mais mon puissant adversaire répondit} Nd3# { et j'ai alors tristement constaté que j'étais maté.} 0-1 [Event "Deuxième partie"] [Site "?"] [Date "????.??.??"] [Round "?"] [White "Münchhausen, Friedrich Hieronymu"] [Black "Inconnu"] [Result "0-1"] [PlyCount "22"] {[%evp 0,22,27,14,57,-14,5,-36,10,-16,9,-58,-12,-34,-69,-161,297,-172,-50,-58, 56,-76,-47,-29999,-30000]} {Ayant repris la partie avec le coup} 1. e4 { après la réponse} d5 {décidant d'être plus prudent, j'ai joué} 2. d3 { La partie s'est alors déroulé comme suit} e6 3. Nf3 Nc6 4. Bg5 Bb4+ 5. Ke2 { ayant à l'esprit un plan stratégique complexe} Qd7 6. Nc3 Nf6 7. a3 h6 8. Bh4 Ba5 9. e5 d4 10. Na4 {dans le but de s'emparer du point c5} Nh5 11. Nc5 Nf4# { Mon Roi était maté} 0-1 [Event "Troisième partie"] [Site "?"] [Date "????.??.??"] [Round "?"] [White "Münchhausen, Friedrich Hieronymu"] [Black "Inconnu"] [Result "*"] [PlyCount "25"] {Voici notre troisième partie} 1. e4 d5 2. d4 e5 3. c4 f5 4. f4 c5 {Voulant éviter les complications, j'entreprends un long échange. Il s'ensuit au galop :} 5. exf5 dxc4 6. dxc5 exf4 7. Bxf4 Bxc5 8. Bxc4 Bxf5 9. Bxb8 Bxg1 10. Bxg8 Bxb1 11. Rxb1 Rxg8 12. Rxg1 Rxb8 {Je me suis arrêté ici. Le peu de matériel restant sur l'échiquier m'a fait arrêter de penser à la victoire. Et décidant de clarifier définitivement la position, j'ai échangé les dames.} 13. Qxd8+ {Quelle ne fut pas mar surprise et celle de tous ceux qui m'entouraient quand, en réponse à cela, mon adversaire, d'un air résolu, s'empara du Roi et joua Re8xe1 !} * [Event "?"] [Site "?"] [Date "????.??.??"] [Round "?"] [White "Münchhausen, Friedrich Hieronymu"] [Black "Philidor, André Danican"] [Result "*"] [SetUp "1"] [FEN "2nbk3/p4p2/b2pp1N1/3PN1Q1/1BRK4/R1P5/1pp4q/5B2 w - - 0 1"] [PlyCount "19"] {[%evp 0,19,29981,29982,29983,29984,29985,29986,29987,29988,29989,29990,29991, 29992,29993,29994,29995,29996,29997,29998,29999,-30000] [#]Échec et mat en dix coups !, annonçai-je bruyamment. Mon adversaire secoua la tête d'un air incrédule, mais plein de confiance, je jouai} 1. Qxd8+ Kxd8 2. Rxc8+ Kxc8 { les Noirs ne peuvent pas frapper la tour avec le fou à cause du mat en trois coups} (2... Bxc8 3. Ba5+ Ke8 4. Bb5+ Bd7 5. Bxd7#) 3. Bxa6+ {Philidor hésita un instant.} {Mais, il s'empressa de jouer} Kb8 ({Mais constatant que} 3... Kc7 {serait suivi de} 4. Ba5+ Kb8 5. Rb3+ Ka8 6. Bb7+ Kb8 7. Nc6#) {Suivi} 4. Nc6+ Ka8 (4... Kc7 {les blancs font mat en trois coups} 5. Ba5+ Kd7 6. Nb8+ Ke8 7. Bb5#) 5. Bb7+ Kxb7 6. Rxa7+ Kb6 7. Ba5+ Kb5 8. c4+ Ka4 9. Bb4+ Kb3 10. Ra3# { La faiblesse des pions les plus avancés était prouvée. Philidor se releva ébranlé.} *