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samedi 9 mai 2026

Photo inédite d’Alekhine dédicacée à Nice, 9 septembre 1925

Merci à M.Guy Gignac (Québec) pour sa contribution (photo et texte) !
 
Pour compléter mon précédent article sur la fin du Café de la Rotonde, voici une photo inédite d'Alekhine que m'a envoyée Guy Gignac de sa collection personnelle. Cette photo est similaire à celle accessible sur Gallica et qui date de 1922, année de l'arrivée d'Alekhine à Paris.
 
Voici tout d'abord celle de Gallica. 
 
La légende de la photo indique :
Agence Meurisse
Le meilleur joueur d'échec (sic) du monde, [Alexandre Alekhine]
 
Et vous avez ci-dessous celle de M.Guy Gignac. 
 

Le lieu de la prise de la photo est tout à fait similaire, sans doute à proximité du Café de la Rotonde.
D'ailleurs je pense qu'il est possible de retrouver l'endroit de la prise de vue, ce sera l'occasion pour moi de me rendre au Palais-Royal... 
 
Pour ma part je pense que les deux photos ont été prise à quelques secondes d'intervalle.
Le vêtement d'Alekhine est le même (le col de la chemise, la cravate et le mouchoir dans la poche de la veste), ainsi que le graffiti, probablement écrit à la craie, que l'on peut voir derrière lui.
Sur la photo de Guy Gignac on peut lire "merd" (!), et sur celle de la BNF on distingue le "m". 
 
Manifestement Alekhine devait apprécier cette photo qu'il dédicace en 1925. 
  

 
M.Guy Gignac précise au sujet de la photographie :
 
Photographie inédite provenant des archives du Petit Parisien, prise en 1923 dans le somptueux Jardin du Palais Royal à Paris. Elle porte une élégante dédicace d’Alexandre Alekhine, alors arbitre en chef : « Avec mes hommages. A. Alekhine, Nice, 9/IX/1925 ». 
 
Cette signature fut apposée à l’occasion du 3ᵉ Congrès de la Fédération Française des Échecs, tenu à Nice du 2 au 11 septembre 1925, organisé avec le concours du Syndicat d’initiative de Nice, du Cercle artistique et du Groupe des joueurs d’échecs de Nice. Ce congrès, couronné de succès, introduisit pour la première fois un groupe secondaire destiné à sélectionner un futur participant au championnat de France l’année suivante. 

dimanche 3 mai 2026

La fin du Café de la Rotonde

Lors de mes recherches, j’ai découvert un texte « amusant » de l’écrivain Colette au sujet du Palais-Royal, publié dans Le Journal du 10 février 1935. Elle y mentionne les joueurs d’échecs et le Café de la Rotonde, mais surtout l’absence du tout-à-l’égout qui rendait le lieu peu désirable par le voisinage. 
 
C'est l'occasion de parler de ce café qui a accueilli les joueurs d'échecs de l'association "Les Échecs du Palais-Royal", descendant de l'UAAR (Union Amicale des Amateurs de la Régence), pendant un peu plus de dix ans. 
 

PROVINCE DE PARIS
Le Palais-Royal
PAR COLETTE

Quatre années, j’attendis en vain, tapie dans un entresol de la rue de Beaujolais, qu’un appartement devînt libre dans la maison, dans la région ensoleillée des beaux balcons, au-dessus du jardin rectangulaire, du bassin rond à panaches d’eau vaporisée, des ormes maigres et taillés.

C’était le temps où la « Rotonde » vendait ses repas huit francs et hospitalisait les joueurs d’échecs. Cette « Rotonde » rectangulaire a encombré, emprunté le jardin jusqu’en 1932, je crois. Elle ne possédait pas le tout-à-l’égout et ses résidus les plus bas se déversaient dans l’égout proche par un petit canal, — oserai-je dire qu’il était de fonte ? — et quasiment à l’air libre…

Une fois la semaine vers dix heures du soir, deux fois s’il y avait eu noces et festins, tous les habitants de la rue de Beaujolais fermaient, pâles et terrifiés, leurs fenêtres, brûlaient pastilles, charbons et baguettes d’encens. Quand le premier entracte du Palais-Royal lâchait les spectateurs au long des galeries, j’entendais leurs cris d’horreur et leur fuite. Conserve-t-on, aux Beaux-Arts, l’étrange correspondance, dont l’objet chavire le cœur, que j’engageai avec Édouard Herriot contre la pestilence ? Je ne sais. Mais il fallait qu’un charme bien fort m’attachât au Palais-Royal pour que j’attendisse, quatre ans d’après, d’y être supplantée.
(…)
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Colette au balcon de son appartement donnant sur le jardin du Palais-Royal. https://visites-guidees.net/palais-royal-la-fenetre-de-colette/

J’ai déjà eu l’occasion de parler du Café de la Rotonde. Voici le lien avec un article au sujet des différentes migrations des joueurs d’échecs au Palais Royal.
https://lecafedelaregence.blogspot.com/2018/05/les-migrations-des-joueurs-dechecs-au.html

Les joueurs d’échecs, historiquement au Café de la Régence, en sont partis en fin d’année 1918, et ils ont changé à plusieurs reprises de lieu pour assouvir leur passion.


Café de la Régence – 161 rue Saint-Honoré - de 1855 à la fin 1918
Café de l’Univers – 159 rue Saint-Honoré - Année 1919 
Café de la Rotonde – de 1920 à septembre 1931
Café Le Véfour (anciennement Café de Chartres) – à partir d’octobre 1931

Au sujet du Café de la Rotonde, le site internet sur l’histoire du quartier du Palais-Royal , ou plus exactement le quartier Richelieu, par Institut National de Histoire de l’Art, nous indique :

(…) En 1796, le Caveau devient café de la Rotonde, lorsque le propriétaire, outrepassant la réglementation, entreprend d'adjoindre à son café une rotonde en saillie sur le jardin . Cette prise de liberté reflète les stratégies d'attraction mises en place pour attirer le flâneur suivant une architecture de la séduction où décor et innovations techniques se rejoignent. La structure légère recouverte de plomb est réalisée par un architecte de quartier, Martin Alexandre Habert dit Thibierge (1756-1836). Actif de la Révolution au Directoire, il est l'auteur des aménagements du café de la Régence, de Corazza, et de l'ancien passage Feydeau (…) 
 
Le lieu évolue au fil des années.
 

1re Vue du jardin du Palais-Royal, prise de la rotonde / Dessiné par Courvoisier. Gravé par Eugène Aubert. Vers 1814 - 1830. BHVP.
 
 

Gravure L'intérieur du Café de la Rotonde - Le Monde Illustré 1856 - Le lieu s'est agrandi considérablement.
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
 En 1914, Photo agence Meurisse. BNF
 
 BHVP 
 
Au Café de la Rotonde, c’est là que vont se dérouler de nombreux évènements marquants pour le jeu d’échecs durant une dizaine d'années.

Citons la venue de l’enfant prodige Samuel Reshevsky en 1920, les simultanées de Capablanca et Alekhine, ou bien celle à l’aveugle d’Alekhine le 15 mars 1922 (voir l’article dédié https://lecafedelaregence.blogspot.com/2022/10/paris-15-mars-1922-simultanee-dalekhine.html).
 

Le Miroir - 23 mai 1920 suivez le lien pour un article détaillé de cet évènement par Dominique Thimognier.
 
Photo Agence Meurisse BNF
 
C’est également le Café de la Rotonde qui accueille en juillet 1923 une partie du 1er championnat de France d’échecs sous l’égide de la toute récente Fédération Française des Échecs.  
 
Le Petit Parisien - 13 juillet 1923
Voir ici un article détaillé du 1er championnat de France d'échecs officiel, par Dominique Thimognier.
Les participants ne seront pas aussi nombreux qu'attendus. 
 
 En début d’année 1925, c'est également au Café de la Rotonde que se joue le premier tournoi international d'échecs depuis 1900 en France.
Ce tournoi réunit Alekhine, Colle, Opocensky, Tartakower et Znosko-Borowsky (voir ci-dessous la grille finale du tournoi). Alekhine n'est pas encore champion du monde et il est en France depuis 3 ans environ.
 
 
Journal Excelsior du 23 février 1925. Source Gallica
La grille finale du tournoi international remporté par Alekhine.

 

Alexandre Alekhine face à Edgard Colle (Belgique) - Source photo Gallica Agence Meurisse
On reconnait Tartakower à la gauche d'Alekhine, ainsi qu'Alphonse Goetz debout à la gauche de Tartakower.


Le dernier grand évènement accueilli dans ce lieu est le 7e championnat de France féminin remporté par Paulette Schwartzmann, en février 1931.
  
Je triche un peu. Il s'agit là d'une très belle photo du championnat de France féminin de 1928.
Agence Rol - BNF Gallica. 
Mme D'Autremont (à gauche) opposée à Melle Schwartzmann (assise à droite) sous les yeux d'Alexandre Alekhine et à sa gauche, la dynamique organisatrice du tournoi Mme Léon-Martin.
 
En début d'année 1931, le Café de la Rotonde est sur la sellette, comme on peut le lire par exemple dans le journal Excelsior du 26 février 1931. La vue gênée est-elle la seule raison ? L’insalubrité indiquée par Colette est-elle également une des causes non mentionnées ?  
 

Le café des joueurs d’échecs va-t-il être démoli ?

On sait que de nombreux joueurs d’échecs se réunissent dans un café installé dans les jardins du Palais-Royal.
Ce café a été construit sur l’emplacement d’un autre café qui appartenait à un M. Cuisinier, propriétaire des sept arcades toutes proches donnant sur le jardin et sur la rue de Beaujolais.
Mais aujourd’hui, ces arcades appartiennent à d’autres propriétaires que le café, et ceux-ci ont leur vue gênée par le toit de l’abri des joueurs d’échecs. D’où une demande en démolition.
La cour de Paris avait rejeté cette requête, mais la chambre civile de la Cour de cassation vient de casser la décision. L’arrêt explique qu’en 1780 le duc d’Orléans reçut le palais en don du roi ; il fit alors construire la ceinture d’immeubles entourant les jardins, afin de masquer les maisons hétéroclites existant alors aux environs. 
Mais le duc d’Orléans institua diverses servitudes de vue et c’est par application de ces clauses restrictives que la Cour suprême a cassé l’arrêt de la cour de Paris.
L’affaire est soumise à une autre cour d’appel. La démolition du café va-t-elle être ordonnée suivant la thèse de la chambre civile ?
 
Mais c’est terminé en septembre 1931, comme nous l’apprend par exemple Le Figaro du 1er septembre 1931. Le "cabaret", situé à l'emplacement de l'actuel hôtel du Louvre et mentionné dans l'article, est sans aucun doute l'ancien Café de la Régence, place du Palais-Royal et qui n'avait rien d'un cabaret. L'auteur de l'article ne savait probablement pas que le Café de la Régence s'était installé ensuite 161 rue Saint-Honoré, contraint et forcé en 1855.
 
Le lieu ensuite évoqué dans l'article est le Café Véfour, anciennement le Café de Chartres, restaurant gastronomique de nos jours. 
 


Les joueurs d’échecs du Palais Royal

L’Association des joueurs d’échecs du Palais-Royal quitte aujourd’hui 1er septembre le pavillon de la Rotonde, qu’elle occupait depuis 1920 et où ont eu lieu, ces dix dernières années, tant de séances mémorables du noble jeu.

Dès que l’on apprit que la pioche des démolisseurs menaçait le fameux pavillon de verre, le président de la société, M. Conti, proposa de transférer le siège de l’association dans la galerie de Beaujolais, en ce même Palais-Royal auquel le cercle d’échecs reste fidèle. On sait qu’avant la Révolution un groupe de joueurs d’échecs « poussaient du bois » dans un cabaret situé à l’emplacement occupé actuellement par l’hôtel du Louvre. Le café de la Régence, tout voisin, fut ensuite pendant plus d’un siècle le siège d’associations successives dont la dernière se transporta en 1918 au café de l’Univers, d’où elle était venue s’installer au pavillon de la Rotonde.

Dans le nouveau local — un café aux décors anciens classés par les beaux-arts, établissement vieux de plus d’un siècle et demi et où le jeune Bonaparte tint des réunions orageuses avant le 18 brumaire — les joueurs d’échecs du Palais-Royal vont préparer une séance d’inauguration d’un intérêt et d’une nouveauté exceptionnels dans l’histoire des échecs : un grand maître, probablement M. Tartakower, jouera, sans voir l’échiquier, huit ou neuf parties simultanées contre huit jeunes maîtres qui joueront également à l’aveugle. De sorte qu’aucun échiquier ne se trouvera dans la pièce occupée par les adversaires et ce sera seulement dans les salles voisines que le public pourra suivre les parties sur des échiquiers témoins tenus à jour.

Cette ingénieuse idée, due à M. Conti, outre l’attrait de la nouveauté, soulignera nettement le magnifique progrès de la France dans ce noble jeu, car il y a seulement une dizaine d’années on aurait trouvé difficilement à Paris trois joueurs capables de tenir tête, dans de telles conditions, à un maître international.

Il faudra attendre un peu plus d’un an, en  août 1932, pour que la démolition soit effective.
 
ON VIENT DE DÉMOLIR À PARIS UN CAFÉ CÉLÈBRE DU PALAIS-ROYAL

Par un procédé ingénieux, qui l’a jeté à terre d’un seul coup, le café de la Rotonde, qui s’élevait au Palais-Royal, vient d’être démoli, ainsi l’a voulu l’administration des beaux-arts. Et pourtant c’était un endroit historique qu'écrivains et artistes comme le tragédien Talma, le peintre Horace Vernet, le compositeur Boieldieu ont fréquenté pendant tout le dix-neuvième siècle et qui, depuis sa fondation, fut un rendez-vous célèbre des joueurs d’échecs.
 

 


 
 
 
 
 
 
 
 
 


 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Excelsior - 24 août 1932
 

La démolition de la Rotonde - Agence Rol
 
 

samedi 4 avril 2026

L'encrier d'Alekhine

En 2024, pour le centenaire de la FIDE, j'ai publié quatre articles au sujet de la première olympiade du jeu d'échecs.  Et dans le dernier article, il est question d'un encrier offert à Alekhine. Guy Gignac (Québec) en est l'heureux propriétaire actuel. Revoici les photos de cet objet tout à fait exceptionnel.
 

Au Docteur Alexandre Alekhine
Les participants du 1er tournoi olympique d'échecs reconnaissants
Paris, Juillet 1924
 
Celui-ci est explicitement mentionné dans le bulletin numéro 12 de la FFE (page 7 - octobre 1924) en ces termes
 
  
(...) Puis le lieutenant Gudju, concurrent roumain, demande la parole. Il explique que les participants du tournoi, désireux d’exprimer leur reconnaissance envers le grand maitre Alekhine « en qui il salue le génie des Échecs », et envers M. Vincent, âme du tournoi, « qui, pour tous, représente la France, terre de justice et de liberté » ont décidé de leur offrir, par souscription, un souvenir. Et il tend au maitre Alekhine un magnifique encrier de marbre et un buvard où tous les concurrents ont apposé leur signature, et, à M. Vincent, un superbe étui à cigarettes en argent.  (...)
 
Alexandre Alekhine devant une grille au Palais-Royal.
Gallica - Agence Meurisse - Mars 1922

 
Le nom de Gudju (francisé en Goudjou) apparait comme l'initiateur de ce cadeau à Alekhine.
Guy Gignac, que je remercie, m'a écrit dernièrement et il a complété les informations relatives à cet objet.
 

Menu du banquet du 5e congrès de la FIDE en 1928 à La Haye.
Une note manuscrite au dos du menu indique :  
 « J’ai pensé de lui offrir un encrier, afin qu’il se souvienne toujours de nous quand il écrira toutes les adresses qui seront ensuite répandues dans le monde entier. »
 
Guy Gignac donne les précisions suivantes :

L'encrier remis à Alekhine par le lieutenant Ioan Gudju, juillet 1924, avec plaquette justificative.

Magnifique encrier en marbre offert à Alexandre Alekhine par le lieutenant roumain Ioan Gudju lors du premier tournoi olympique d’échecs de Paris en juillet 1924. L’objet, œuvre du sculpteur français Hippolyte François Moreau — artiste renommé pour ses statuettes en bronze, régule et étain — se compose d’un socle en marbre orné de deux encriers en verre munis de leurs capuchons, le dessous étant garni de feutrine de protection.
 
La statuette en régule, allégorie élégante typique de l’époque, témoigne du savoir-faire de Moreau, issu d’une famille d’artistes comprenant également ses frères Mathurin et Auguste. Une plaque métallique vissée sur le socle porte l’inscription : « Au Docteur Alexandre Alekhine. Les participants du 1er tournoi Olympique d’échecs reconnaissants. Paris, juillet 1924 ».

Alekhine présidait alors la commission des arbitres, ce qui confère à cet hommage une dimension particulière. Le geste de Gudju trouve un écho intéressant quelques années plus tard : lors du Ve Congrès de la F.I.D.E., tenu du 21 juillet au 6 août 1928 à La Haye, le menu comportait une photographie du président de la F.I.D.E, le Dr A. Rueb. Sur l’un des prospectus, le lieutenant roumain inscrivit cette remarque révélatrice : « J’ai pensé de lui offrir un encrier, afin qu’il se souvienne toujours de nous quand il écrira toutes les adresses qui seront ensuite répandues dans le monde entier. »

Grâce à cette note, le geste de 1924 apparaît sous un jour plus clair : Gudju voyait dans l’encrier un symbole destiné à perdurer. L’ensemble, mesurant 20 × 11 × 21 cm, constitue ainsi un artefact exceptionnel lié à l’un des moments fondateurs de l’histoire échiquéenne internationale.

 
Concernant Ioan Gudju, Dominique Thimognier en a parlé lors de sa conférence à Budapest en septembre 2024 pour le 100e anniversaire de la création de la FIDE
Ioan Gudju représentait la Roumanie lors de la création de la FIDE. 
 

Son père, Hercule Anton Gudju, a effectivement fréquenté assidûment le Café de la Régence à la fin du XIXe siècle.
 
Hercule Anton Gudju 
Photo trouvée par Dominique Thimognier
Petite digression : on trouve pas mal de parties notées par Hercule Anton Gudju parmi la très belle collection d'items échiquéens de la bibliothèque de Cleveland. En voici le lien direct.
Certaines n'ont jamais été publiées et d'autres portent des notes manuscrites indiquant qu'elles ont été publiées dans La Stratégie, ou La Vie Moderne (où Samuel Rosenthal tenait la chronique dans les années 1880).  
 
Celle-ci par exemple contre Jules Arnous de Rivière montre le très bon niveau de ce joueur.
 
 
 
[Event "Café de la Régence"] [Site "?"] [Date "1881.07.29"] [Round "?"] [White "Arnous de Rivière, Jules"] [Black "Goudjou, Hercule Anton"] [Result "0-1"] [ECO "C45"] [PlyCount "48"] [EventDate "1873.01.24"] 1. e4 e5 2. Nf3 Nc6 3. d4 exd4 4. Nxd4 Bc5 5. Be3 Qf6 6. c3 d6 7. Be2 Qg6 8. O-O Nge7 9. Bf3 O-O 10. Kh1 Ne5 11. Nd2 Nxf3 12. gxf3 f5 13. Rg1 Qf7 14. Bh6 Ng6 15. exf5 Bxf5 16. Nxf5 Qxf5 17. Be3 Rae8 18. Qb3+ Kh8 19. Bxc5 dxc5 20. Qxb7 Re2 21. Rad1 Rxf2 22. Qe4 Qh3 23. Nf1 Ne5 24. f4 Nf3 0-1

dimanche 4 août 2024

Un portrait inédit d'Alekhine

Je remercie Thierry Lafargue m'a écrit il y a quelques semaines pour me faire part d'une exceptionnelle acquisition.

Il s'agit d'un jeu de voyage offert par Alekhine à Léo Nardus, le peintre-mécène, en 1936, pour le remercier de son séjour chez le peintre en Tunisie, ainsi qu'un portrait d'Alekhine par ce même Léo Nardus (avec le certificat d'authenticité).

Léo Nardus était un grand ami de Frank Marshall qu'il a toujours soutenu et de David Janowski (qui s'est finalement fâché avec lui).
Vous pouvez lire, en anglais, plusieurs articles au sujet de Léo Nardus sur le site d'Edward Winter chesshistory.com

Léo Nardus (auto-portrait)

Huile sur toile de 60 x 45 cm, non datée, mais probablement réalisée à la fin des années 1930.



 
Delaire, 4 rue des Pyramides, Paris
 
Le coffret de voyage, de chez Delaire, fermé,  fait 25 x 19 cm.
Il a été offert par Alekhine à Nardus en 1936 à La Marsa, la résidence de Nardus en Tunisie .
Les cases (percées pour y positionner les pièces), sont en cuir rouge et jaune.
Les battants sont recouverts d'un tissu matelassé à l'intérieur .
J'ignore en quoi sont faites les pièces. (bakélite ? ) .
Le tout en excellent état.

Pour le jeu-coffret de chez Delaire, malheureusement, Thierry n'a aucune preuve irréfutable, mais il a pu avoir accès à l'agenda du petit-fils Nardus (Serge, décédé il y a quelques années) sur lequel il est fait mention de ce don d'Alekhine à son grand-père. 
Il était présent à l'époque (1936) à La Marsa en Tunisie. Il raconte même, avoir joué au ping-pong avec Alekhine, et que le grand Champion avait un goût prononcé pour le Porto...(ce qui, en passant, remettrait en question le soi-disant sevrage d'Alekhine entre les 2 matchs contre Euwe !).

dimanche 21 juillet 2024

Samedi 20 juillet 2024 - Centenaire de la FIDE

Hier, samedi 20 juillet 2024, plusieurs évènements ont eu lieu à Paris et à Asnières (siège de la FFE) pour la célébration du centenaire de la Fédération Internationale Des Échecs.

Parmi eux, deux avaient un intérêt historique selon moi :
Rejouer la signature de la création de la FIDE.
Honorer la mémoire de Pierre Vincent, fondateur de la FIDE.

La signature pour la création de la FIDE a eu lieu le dimanche 20 juillet 1924.
Vous pouvez voir les 4 articles que j'ai consacrés à ce sujet.
 
 
Samedi matin, la FIDE actuelle a ainsi rejoué cet évènement à la mairie du IXème arrondissement de Paris. Voici un petit film diffusé par la FIDE.
 


 

Un peu plus tard, une cérémonie a eu lieu au cimetière de Montmartre en hommage à Pierre Vincent fondateur de la FIDE.
En décembre dernier, suite à une recherche collective, j'ai fini par trouver la tombe de Pierre Vincent au cimetière de Montmartre à Paris. Voir l'article à ce sujet.
Hier, j'ai modestement apporté ma pierre à l'édifice en fournissant la plaque commémorative pour la cérémonie. 
 
Avant la cérémonie, la plaque et le bouquet de fleurs.

Entouré par Eloi Relange et Arkadi Dvorkovitch


La tombe est dans son jus. Impossible de la rénover sans l'accord des ayants droit.
Propriété privée, il est juste toléré d'y déposer des objets (fleurs, plaque par exemple).
 
Lors de cette cérémonie, Willy Iclicki, président de la commission d'histoire de la FIDE a prononcé quelques mots au sujet de Pierre Vincent.
Le Président de la FIDE, M. Arkadi Dvorkovitch a ensuite déposé un bouquet, puis Eloi Relange, président de la FFE, a déposé la plaque sur la tombe.
 

Pour la petite histoire, Willy Iclicki a montré une photo lors de son allocution. On y voit Pierre Vincent et Alexandre Alekhine. En fait cette photo est tronquée, en voici l'originale.
 
Source Gallica -Agence Rol, 1er février 1925.

Quelles sont les personnes sur cette photographie ?
De gauche à droite 
Pierre Vincent, secrétaire de la FFE
Alexandre Alekhine
Fernand Gavarry, président de la Fédération Française des Échecs
James Conti, vice-président de la FFE et secrétaire général des Échecs du Palais-Royal (l’ex UAAR Union Amicale des Amateurs de la Régence) 
Et dans le fond on devine une assistance nombreuse et sans doute des jeux d'échecs visibles entre Gavarry et Conti.

A quelle occasion cette photo a été prise ?
Ceci est résumé par plusieurs journaux, par exemple dans Le Journal du 31 janvier 1925.
C'est pour fêter la demande de naturalisation d'Alekhine (il sera naturalisé français en 1927). 
Cette simultanée fera l'objet d'un futur article :-)