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lundi 10 novembre 2025

La fin du Café de la Régence, revue et corrigée

Cela faisait longtemps que je cherchais à déterminer la date exacte de la fin du Café de la Régence en tant que restaurant, mais également en tant que lieu d'accueil des joueurs d'échecs. Le bottin des particuliers de 1955, consulté aux archives de Paris (et dont la collection est très partielle), et plusieurs articles de journaux de la fin de l'année 1955 semblaient avoir clos le débat. Voici l'article à ce sujet, rédigé en 2021.
Tout ceci semblait bien convaincant.
 
Et c'est ainsi que la plaque commémorative a été posée en avril 2023 au 161 rue Saint-Honoré.
Un évènement mémorable que je n'espérais plus, fruit d'une longue démarche de ma part auprès de la ville de Paris.
 
Mais pour autant je conservais un doute sur cette date de fin en 1955. Par exemple en septembre 2013 lors de ma visite à la datcha d'Ivan Tourgueniev à Bougival. C'est M. Alexandre Zviguilsky qui m'avait parlé de sa visite à la Régence probablement au début des années 1960, et qu'il y joua même aux échecs d'après ses souvenirs. 

Et quelques mois après le dévoilement de la plaque commémorative, Dominique Thimognier me faisait part d'un bulletin municipal de la ville de Paris qui indiquait une fermeture de la Régence en 1974 !
 
La petite musique trottait dans mon esprit, 1955 n'était pas l'année correcte, une recherche supplémentaire était indispensable. Mais comment faire ? Où chercher ?

L'évènement déclencheur fut un courriel que j'ai reçu il y a quelques mois de la part de M.Georges Vinaver, ce qui me détermina à trouver une solution. En voici un extrait :

Je m'appelle Georges Vinaver. Je ne suis pas joueur d'échecs. Mais vous connaissez, j'en suis sûr, un frère de mon arrière grand père, Szymon Winawer (c'est l'orthographe polonaise de mon nom). Mon père, encore enfant, l'a un peu connu. 

Ado, j'allais à la comédie française, et, après la représentation, il m'arrivait d'aller au Café la Régence. Dans le couloir longeant la salle, il y avait des gravures, dont certaines représentaient Szymon. Mystère: je lis que la Régence a existé jusqu'en 1955, or moi, j'allais à la comédie française dans les années 60. Il me semble bien qu'i existait encore un café la Régence, qu'il ait été ou non la Régence historique. 

J'ai cherché, avant internet, des gravures représentant Szymon, espérant retrouver celles que j'avais vues à la Régence. J'en ai, en fait, trouvé d'autres, et beaucoup de choses sur ses grandes parties, que mon savoir minimal aux échecs m'empêche de juger à leur juste valeur. 

(…)

Le souvenir que j'ai d'avoir été à la Régence dans les années 60 est il plausible ou sorti de mon imagination ?  Quand, exactement, le Café la Régence a t il disparu ? Je me souviens que les tasses, et les sous tasses portaient un dessin représentant un échiquier. 

 
Et c'est là que j'ai eu l'idée qui allait enfin apporter la vérité ! Il devait forcément exister quelque part des archives de la poste et de bottins téléphoniques sur une plus grande période que celle aux archives de Paris.
 
L'accès à la BHPT se fait uniquement sur rendez-vous
 
Effectivement, je me suis rendu fin août à la Bibliothèque Historique des Postes et des Télécommunications - BHPT, située rue Pelleport dans le 20ème arrondissement de Paris.
Objectif : tirer toute cette histoire au clair en consultant un maximum d'annuaires jusqu'à ce que je trouve trace de l'office du tourisme du Maroc qui s'est installé au 161 rue Saint-Honoré dans les années 70.

A la BHPT, j'ai pu consulter les bottins du commerce, au lieu de ceux des particuliers aux archives de Paris. La personne sur place m'a indiqué que les deux bottins étaient édités à des dates différentes au cours de l'année et qu'il était tout à fait possible qu'il existe des différences entre les deux.

Un endroit surprenant au sous-sol d'un immeuble du 20ème arrondissement de Paris

Vous avez ci-dessous quelques photos des bottins du commerce de 1954 à 1976, avec mes commentaires et ma conclusion finale. 
 


1954, le Café de la Régence est bien présent au 161 rue Saint-Honoré.
Détail intéressant, le siège social de l'association des Échecs du Palais-Royal s'y trouve également ! 
Après l'avoir quitté en 1918, l'association était d'abord partie au Café de l'Univers juste à côté au 159 rue Saint-Honoré, puis au Café de la Rotonde dans les jardins du Palais Royal, puis au Véfour, toujours au Palais Royal, puis dans un autre café du quartier comme le mentionne ci-dessous le numéro 43 de l'échiquier de Paris (janvier - février 1953).
 

L'échiquier de Paris n°43 - Janvier/Février 1953 - Collection personnelle
  
 
Bottin du commerce de 1956 - Le Café de la Régence est un restaurant, pâtisserie.
Il est donc toujours là au 161 rue Saint-Honoré. A noter que l'on y trouve également l'Hostellerie Guillaume le Conquérant 
 


Bottin du commerce de 1960 - L'appellation est toujours la même. 
   
Bottin du commerce de 1965 - Le terme de "pâtisserie" a disparu. Est-ce lié à un changement de gérant/propriétaire en 1965 ?
 
 

 
Dans le bottin du commerce de 1969, le terme "Régence" a disparu.
Au 161 rue Saint-Honoré se trouve un restaurant "Wimpy" self-service...
Poursuivons les années suivantes... 
 

 
Le mot "Régence" réapparait en 1970 et reste jusqu'en 1974 accolé au mot Wimpy.
Au début des années 1970 le bottin du commerce ne parait alors plus qu'une année sur deux. 

Et celui de 1976 (microfilm) indique, au 161 rue Saint-Honoré, l'office national Marocain de tourisme...
 
Conclusions :  
MM.Georges Vinaver et Alexandre Zviguilsky, n'ont pas rêvé, leurs souvenirs sont exacts, ils ont bien joué aux échecs au Café de la Régence au début des années 1960.
La date sur la plaque commémorative est donc erronée...1955 a été une année de changement pour le Café de la Régence, mais pas la fin de sa dénomination.
Avant de disparaitre définitivement en 1974 (comme l'indique l'article trouvé par Dominique Thimognier), le Café de la Régence était devenu un self-service...  
 
Mais il reste une interrogation sur la présence des joueurs d'échecs...Jusque quand ont ils pu y jouer aux échecs ?

samedi 18 mai 2024

Carte publicitaire du Café de la Régence

Article mis à jour le 20/05/2024 - Par M. Philippe Bodard - Remarque au sujet d'une date indiquée sur la carte publicitaire.
 
Voici une carte publicitaire, que je ne connaissais pas, du Café de la Régence.
C'est M. Oliver Sheppard qui a attiré mon attention sur cette carte, toujours en vente à ce jour sur Ebay et je l'en remercie.

Quelques remarques :
La carte date de 1953 d'après le texte que l'ont peut lire. 
Il est fait mention de la table de Bonaparte toujours visible ! il est donc possible de conclure que cette table a accompagné le Café de la Régence jusqu'à son changement de dénomination en fin d'année 1955.
le mystère est toujours présent quant au devenir de cette fameuse relique !
Mais je doute qu'il soit toujours possible d'y jouer aux échecs même si le restaurant revendique son passé lié aux échecs.
Le nom mentionné "Pierre Barberis, directeur du restaurant" m'était inconnu jusqu'à présent.

La table de Bonaparte en 1951 - Journal Ce Soir du 13 avril 1951 - Retronews.
La personne sur la photo est probablement un certain M. Dumont directeur de la Régence en 1951

Vous pouvez retrouver d'autres cartes de ce type dans un article que j'ai précédemment publié.

Photo Ebay

1718
La Régence
Place du Théâtre Français
OPERA 32-34 Paris (1er) 

Photo Ebay

Sur la gauche de la carte
Le plus ancien Café de Paris
Ouvert jusqu'à 2 heures du matin
Bar
Restaurant - Soupers
Pierre Barberis, Directeur du restaurant
 
Sur la droite de la carte (en Français et en Anglais) 
1424
Jeanne d'Arc est grièvement blessée durant le siège de Paris à l'emplacement actuel de la Régence.
Siège of Paris, Joan of Arc, wounded on the site where the Régence now stands.
1798
Napoléon Bonaparte, Premier Consul, joue aux échecs au Café de la Régence. Sa table préférée s'y trouve toujours.
Napoléon Bonaparte, Premier Consul, playing chess at the Café de la Régence. His favourite table there is still shown.
1953
Reprenant la tradition des grands joueurs d'échecs et des grands hommes qui la fréquentèrent, les célébrités très parisiennes déjeunent, dinent et soupent à la Régence redevenue à la mode.
In the tradition of the famous chess players and celebrities of other days, all Paris still lunches and dines at the Régence.
 
20/05/2024 - Comme l'indique fort justement M.Philippe Bodard, les dates mentionnées sont un peu farfelues :
M. Barberis n'est pas vraiment doué en histoire ! (ou du moins il est responsable de la publicité).
1424 : Jeanne d'Arc blessé en commandant le siège de Paris ?
Mais elle aurait eu 12 ans !
Il s'agit de 1429 en fait (Jeanne a 17 ans).

 
Philippe a tout à fait raison et vous pouvez voir ici un article que j'avais rédigé à ce sujet.  
Il est également possible de faire une remarque sur la date 1798 et Bonaparte 1er Consul (au-delà de la véracité de cette anecdote et de la table).
Arrivé au pouvoir en 1799 par le coup d'État du 18 Brumaire, il est Premier consul — consul à vie à partir du 2 août 1802 — jusqu'au 18 mai 1804, date à laquelle l'Empire est proclamé par un sénatus-consulte suivi d'un plébiscite.
 
 
Photo Ebay.
Dos de la carte.
"Café de la Régence" Société Anonyme au capital de 1.600.000 francs - Registre du commerce de la Seine 192.287

lundi 12 avril 2021

La fin du Café de la Régence


Lors de l’écriture de mon livre sur l'histoire du Café de la Régence, je fus surpris par la difficulté de trouver des informations au sujet de la fin du Café de la Régence.

Le nombre de journaux numérisés n’était pas le même qu’actuellement, et lors de mes recherches aux archives de Paris, le seul élément tangible que j’avais trouvé était dans le bottin du commerce de Paris, où à l’adresse de la Régence, au 161 rue Saint-Honoré, on trouvait dans le bottin de 1955 l’Hostellerie Guillaume le Conquérant. 


Toujours à la recherche d’éléments utiles à mon sujet d’étude, j’ai fini par découvrir la fin de l’histoire de ce lieu unique pour le jeu d’échecs.

Depuis la scission de 1918 et la création de l’association des échecs du Palais-Royal, le Café de la Régence n’apparait plus comme un centre majeur du jeu d’échecs à Paris. Il reste néanmoins un lieu de pèlerinage, si l’on peut dire, pour beaucoup de touristes et joueurs d’échecs très intéressés par l’atmosphère de ce lieu et la fausse relique de la table de Napoléon. 

Néanmoins le gérant du lieu depuis 1922, Pierre Octave Brun, réussit à relancer cette activité échiquéenne au cours des années 1930. Les joueurs d’échecs s’y retrouvent, quelques événements s’y déroulent (simultanées, rares tournois), et la dernière trace d’activité échiquéenne avérée date de 1943.

Bulletin de la FFE 1943 - Document communiqué par Etienne Cornil

En 1946, Pierre Octave Brun cède son établissement et c’est là que démarre la fin du Café de la Régence. Dans les revues d’échecs, je pense en particulier à l’Échiquier de Paris, je n’ai trouvé aucune trace du Café de la Régence comme centre parisien du jeu d’échecs après la Deuxième Guerre mondiale et dans les années 1950. Il doit sans doute rester quelques courageux pour y jouer aux échecs et perpétuer cette tradition, mais cela reste anecdotique à mon avis.

En 1953 (et depuis plus de 40 ans à ce moment-là), le Café de la Régence occupe le 161 et le 163 de la Rue Saint-Honoré, au rez-de-chaussée et au 1er étage, c'est-à-dire toute la photo de gauche à droite. Le restaurant est très grand ! Au 161 se trouve aujourd'hui l'Office du tourisme du Maroc et au 163 un restaurant Japonais. 

Nous sommes en 1953, le Café de la Régence se trouve au 161-163 rue Saint-Honoré, il occupe le rez-de-chaussée ainsi que le 1er étage. Plusieurs célébrités parisiennes décident de créer un nouveau club à la mode.

Le journal Paris Presse L’Intransigeant du 27 septembre 1953 nous indique :

« Juliette Greco, Philippe Lemaire, Lise Deharme, Lise Delamare, Geneviève Fath fondent un club avec Marc Doelnitz.
Marc Doelnitz, créateur avec Gréco et Anne-Marie Cazalis du « Tabou », animateur de l’« Œil de Bœuf », du « Bœuf sur le Toit », du « Crazy Horse Saloon » et plus récemment du « Procope » va lancer un nouveau club.
« Celui-ci, dit-il, où tous les acteurs se retrouveront le soir »
Ce club siégera au premier étage du Café de la Régence, au Palais-Royal.
Dans le comité composé de Lise Delamare, Jacques Charron, Lise Deharme, Geneviève Fath, Juliette Gréco et Philippe Lemaire ces derniers donneront le côté sérieux du meilleur jeune ménage de Paris ».

En 1953, deux Grands-Maîtres soviétiques se rendent à Paris et constatent l’absence du jeu d’échecs au Café de la Régence. 

Projetons-nous en 1955, le Café de la Régence est alors devenu un lieu à la mode où se croise le Tout-Paris.

Source Retronews - BNF

Dans Paris-Presse L’Intransigeant, le 2 janvier 1955 :

« Les provinciaux ont sauvé les réveillons de Paris… Car les Parisiens, eux, ont préféré passer la nuit les uns chez les autres.
Par Jean-François Devay

(…) Il y a eu du monde partout, bien entendu, mais nous étions loin, cette nuit, de l’allégresse quasi hystérique de l’an dernier quand, à sept heures du matin, le Tout-Paris s’écrasait dans les boîtes de nuit.
(…) A « Cour et Jardin », le club de la Régence où les stars vont tous les soirs de la semaine, on les cherche vainement toute la nuit. Adieu Jean Marais, Michèle Morgan, la douzaine de duchesses, les trois ministres et le Tout-Paris des générales qui s’y déchainèrent le 1er janvier 1954. Cette nuit, il n’y eut pour représenter les acteurs qu’Ivan Desny, comédien français d’origine russo-britannique dont le cinéma allemand a fait son jeune premier numéro un. Arrivé tout droit d’Allemagne, il ne savait pas. Jacques Charon, venu un quart d’heure, lui expliqua que, cette année, les comédiens se couchaient tôt (…) »

Photo de Claude Geiger
Notez le nom "Cour et Jardin" allusion directe au théâtre.

Ainsi le club « Cour et Jardin » a rencontré un beau succès en 1954 et un peu moins en 1955.

Photo trouvée sur Ebay et datée de 1955.

Point de joueurs d’échecs, mais plutôt le Tout-Paris comme il est dit. Ce succès est de courte durée, car dans le journal L’Aurore du 26 décembre 1955 on apprend :

« C’est signé, c’est définitif et c’est navrant pour les vieux Parisiens : le Café de la Régence a été vendu à une société archiconnue pour les nombreux cafés qu’elle a déjà édifiés dans notre capitale.
M. Bataille, l’ancien propriétaire de la Régence, voulait transporter le club de gens de théâtre, « Cour et Jardin », situé au-dessus de son restaurant à l’ouest de Paris et faire exécuter la décoration de ses nouveaux locaux par Marc Doelnitz. Mais ce dernier, à cette nouvelle, a eu une crise de rage, car il affirme que le club installé loin de la Comédie-Française n’aurait plus aucun succès »

Photo trouvée sur Ebay et datée de 1955.

Le Bottin du commerce de Paris était manifestement déjà au courant au moment de sa parution. La fin est confirmée dans le journal Le Semeur du 8 janvier 1956

« Ce splendide échiquier, qui fut la propriété de Napoléon, est encore exposé dans une salle de l’historique « Café de la Régence », siège du club des gens de théâtre « Cour et Jardin », qui va bientôt disparaitre pour céder la place à un restaurant moderne. »


La photo, de très mauvaise qualité, représente bien un échiquier, alors que la relique connue jusqu’à présent était la table qui le porte. Espérons que la table n’a pas été détruite au profit de cet échiquier… A ce jour l’endroit où se trouve la table de Bonaparte reste un mystère. Pour l’échiquier, c’est la première fois que j’en entends parler, et il est permis de douter sur son appartenance passée.

Le rideau tombe définitivement sur le Café de la Régence et sa riche histoire…

A noter qu’en 2017, un restaurant nommé « Le Café de la Régence » s’est ouvert un peu plus loin, au 167 rue Saint-Honoré. Ce lieu n’a strictement aucun lien avec la Régence historique. Je doute qu’ils apprécient qu’on sorte un jeu d’échecs pour y jouer. Par contre ils n’ont pas hésité à se servir des photos du Café de la Régence historique.

lundi 1 juillet 2013

Deux soviétiques en visite à Paris

En feuilletant un livre sur Philidor édité en Russie, je suis tombé sur une page intéressante relative au Café de la Régence.
Ce passage assez court nous apprend qu’en 1952 le Café de la Régence a subit des travaux de transformation pour devenir un restaurant (Voir la photo de 1954 de la devanture du restaurant ainsi que le menu datant de 1953).
On y apprend également qu’il n’y a plus de joueurs d’échecs à cette époque.
J’en tire les suppositions suivantes : le Café de la Régence a changé de propriétaire après la deuxième guerre mondiale et le nouveau propriétaire n’était pas très emballé par la présence des joueurs d’échecs…

Voici les référence du livre (en russe)
François André Philidor
De Victor Khenkin et Vladimir Barsky paru en 2006
Editeur Olympia Presse – Moscou



(Salo Flohr et Alexandre Kotov)

Page 253

En 1953, les Grands Maîtres Kotov et Flohr visitèrent Paris. Ils trouvèrent le Café de la Régence, mais il n’y avait plus de joueur d’échecs.
Des vieilles reliques, il ne restait plus que la table de Napoléon et deux gravures accrochées dans un coin sombre.
L’une représentait Paul Morphy jouant à l’aveugle et l’autre Tourgueniev, un visiteur fréquent de ce café au milieu du 19ème siècle.
Avaient disparu, le buste de Philidor offert jadis par son fils ainsi qu’un grand portrait d’Alekhine.
Il ne restait plus rien de la grande époque. Il n’y avait même pas de table d’échecs.

Le propriétaire du café vint à la rencontre des deux visiteurs :
« Voyez-vous l’année dernière nous avons fait des travaux, et après une longue réflexion nous avons décidé de transformer le café en un restaurant « normal ». Vous savez vous-même que les joueurs d’échecs n’ont pas beaucoup de moyens. Ils commandent une tasse de café et restent toute la soirée à jouer aux échecs. Il n’y a aucun bénéfice à en tirer.
»

Un peu plus loin dans le livre

Dans un guide touristique paru à Londres en 1976, il est indiqué :
« A l’adresse suivante, 161 rue Saint-Honoré, se trouve le Café de la Régence, fondé en 1681
(sic) près du Palais-Royal…Actuellement le lieu appartient à l’office du tourisme du Maroc »...

En 2002, Averbakh visita Paris et chercha désespérément le Café de la Régence.


Décidément, le Café de la Régence est un lieu qui fait beaucoup rêver à l’étranger.

mercredi 23 janvier 2013

Menu du café de la Régence



Depuis plusieurs mois, j’ai changé de lieu pour mon activité professionnelle et du coup je bénéficie de beaucoup moins de temps pour me consacrer à ce blog et à la richesse de l’histoire du Café de la Régence.

Néanmoins je ne perds pas de vue ce qui peut apparaître sur internet ou ailleurs (la BNF notamment) à ce sujet. Et j’essaierai tant bien que mal de rédiger des articles dès que je le pourrai.

Ainsi j’ai découvert un peu par hasard à l’URL suivante http://placedelours.superforum.fr/t10689-menu-ancien-cafe-de-la-regence-1953 , un menu du Café de la Régence qui date du 13 novembre 1953.
Les documents visuels du Café de la Régence restent très rares et une nouvelle découverte est toujours la bienvenue.


Sur le forum où je l’ai trouvée, les différents intervenants discutent de la signature qui apparaît sur le dessin. Ce dessin date de 1926 et effectivement le nom de son auteur est difficile à identifier.


Dans la légende se trouve le texte : « Le plus ancien Café de Paris – 1718 ».
C’est oublier un peu vite le Procope fondé en 1686…
Par contre il n’y a aucune trace dans ce document d’une quelconque place pour le jeu d’échecs en 1953.
Il est également à noter que le dessin correspond plutôt à la façade du Café de la Régence après 1855, alors que la légende indique « La Régence en 1820 »…

Pour terminer, il est possible de rapprocher ce menu de la photo de la même époque que j’avais mise en ligne l’année dernière.