Tel est le titre du recueil de parties publié en 1846 et dont l’auteur est Lionel Kieseritzky.
Ci-contre la seule (?) représentation connue de Lionel Kieseritzky (à gauche - trouvée sur internet, si quelqu'un connait la source ?)
Quelques explications sur le titre de ce livre :
Le Cercle des Echecs, faute d’un nombre suffisant de membres, ce club d’échecs avait du fermer ses portes en 1839.
En 1841, grâce à Claude Vielle, propriétaire du Café de la Régence, le Cercle des Echecs renait au premier étage du Café.
C’est par exemple ce lieu qui accueillera le match entre Saint-Amant et Staunton en 1843, véritable championnat du Monde avant l’heure.
Au sujet de Lionel Kieseritzky vous trouverez ici quelques bribes sur sa vie. J’espère que ce nom ne vous est pas inconnu ? Il s’agit en fait d’un des protagonistes de la fameuse « partie immortelle » jouée à Londres en 1851 (Anderssen / Kieseritzky).
On y apprend néanmoins qu’il comptait parmi les plus forts joueurs en France à l’époque (vers 1840 – 1850), véritable joueur professionnel, vivant à Paris de ses leçons d’échecs et de la rédaction du journal « La Régence ».
En fait après avoir trouvé ce recueil de parties sur Google Book, j’ai en vain cherché une transcription des parties, un peu rebuté par la notation exotique utilisée.
Donc je n’ai pas eu le choix, et je les ai donc finalement toutes saisies pour mieux appréhender l’esprit et la façon de jouer des joueurs d’échecs de l’époque. Ces parties sont toutes datées entre 1840 et 1846.
Avant de donner mon point de vue, voici un extrait du préambule de cet ouvrage.
Depuis long-temps, au Cercle des Echecs, plusieurs amateurs exprimaient le désir de voir reproduire les parties exécutées par les meilleurs joueurs. Souvent des reproches amicaux ont été adressés à l’auteur de cette petite brochure, pour avoir manqué à cette obligation qui lui imposaient, en quelque sorte, les circonstances et sa position. C’est donc pour satisfaire à ce désir que la publication de ces cinquante parties a été entreprise. Mais il paraît nécessaire de protester d’avance contre la pensée que nous ayons eu l’intention de présenter ici une collection de parties modèles. Ceci n’entrait pas dans notre plan. La plupart de ces parties, jouées sans prétention aucune et assez rapidement, ne peuvent pas se distinguer par des coups savamment médités ; cependant nos lecteurs trouveront, en les étudiant, des détails intéressants, et, de temps à autre, des combinaisons heureusement conduites. Pour les personnes qui ont joué ces parties, notre petite collection sera, encore après de longues années, un agréable souvenir qui leur rappellera les heures amicalement passées au Cercle des Echecs.(…)
Signalons que Lionel Kieseritzky avait inventé son propre système de notation. Un peu déroutant de prime abord comme je l’ai déjà mentionné plus haut…
Une petite note dans le livre mentionne :
Le Cercle des Echecs, visité par toutes les notabilités qui passent dans la capitale, vient, par les soins de M. Vielle, son propriétaire, de recevoir un accroissement notable et un aménagement de tous points plus confortable ; nous saisissons cette occasion pour nous faire l’écho des honorables Membres du Cercle et reconnaitre le zèle et le bienveillant empressement qu’il met dans tout ce qui peut contribuer à la prospérité du noble Jeu des Echecs.
Je consacrerai un prochain article à Claude Vielle, personnage totalement oublié mais si important pour le jeu d’Echecs en France au XIXème siècle.
Pour revenir à ces 50 parties, Lionel Kieseritzky indique un point très important : (…) La plupart de ces parties, jouées sans prétention aucune et assez rapidement (…)
Rappelez-vous, nous sommes un peu après 1840 et les parties se jouent bien évidemment sans pendule. L’école Française, Labourdonnais notamment, avait la réputation de jouer rapidement.En fait les parties sont globalement d’un niveau assez médiocre suivant nos critères actuels. Il ne faut pas être trop sévère.
Les grands principes stratégiques que tous les amateurs appliquent à notre époque n’arriveront que plusieurs dizaines d’années après (je pense notamment à Tarrasch, Nimzovitch etc.).
Mais c’est le beau jeu, le gambit est roi, l’attaque à outrance est la règle.
Voici la 43ème partie de l’ouvrage, jouée le 20 février 1840 entre Boncourt et Lionel Kieseritzky. Exprès, c'est un peu le contre-pied de ce que je viens de dire sur l'ouvrage ! Plus tard je publierai les gambits du Roi !
Il est intéressant de noter que Boncourt est alors âgé d’environ 70 ans, et qu’il est un des meilleurs joueurs français depuis une vingtaine d’années à l’époque. Je vous invite à lire l’article le concernant sur Wikipedia (en anglais).
La partie est commentée par François-Jules Devinck, président du Cercle des Echecs.
Mise à jour du 13/11/2019 : Vous pouvez retrouver toutes les parties de ce recueil en suivant ce lien
Bonjour,
RépondreSupprimerPour information, J'avais saisi et mis en ligne sur mon site en 2009, un fichier de parties consacré à plusieurs championnats de l'UAAR du début du 20ème siècle.