L’anecdote est assez peu connue : en 1744, à seulement dix-sept ans, Philidor est arrêté à la suite d’un tumulte à la Comédie-Française et passe plusieurs jours en prison.
J’ai souhaité approfondir cet épisode, souvent résumé en quelques lignes dans les biographies de Philidor. L’article que vous allez lire est le résultat de plusieurs semaines de recherches dans des documents d’archives, des livres, des journaux anciens et les registres de la Comédie-Française. Leur confrontation permet aujourd’hui de reconstituer assez précisément cette étonnante histoire.
Mais avant d’en venir aux faits, il faut se souvenir que le théâtre du XVIIIe siècle était très différent du nôtre : au parterre, le public se tenait debout, commentait, sifflait, criait et pouvait parfois transformer une représentation en véritable tumulte.
La salle de la Comédie-Française rue des Fossés-Saint-Germain, d’après Charles-Antoine Coypel, 1726.
Le tumulte du 27 mai 1744 à la Comédie-Française
Quatre ans après les faits que je vais vous raconter, Voltaire s'emporte contre les conditions dans lesquelles on assiste au théâtre à Paris. Dans sa Dissertation sur la tragédie ancienne et moderne, placée en tête de Sémiramis, il décrit les spectateurs du parterre, debout, serrés les uns contre les autres, et qui parfois :
« se précipitent quelquefois en tumulte les uns sur les autres, comme dans une sédition populaire ».
Voltaire n'exagère pas tellement. Le 27 mai 1744, la Comédie-Française va justement connaître l'une de ces petites « séditions populaires ». Et, au milieu du tumulte, un jeune homme de dix-sept ans va se faire remarquer par la police. Il s'appelle François-André Danican Philidor.
Un autre monde que notre théâtre actuel
La scène ne se trouve évidemment pas encore dans l'actuelle salle Richelieu. Depuis 1689, la Comédie-Française est installée rue des Fossés-Saint-Germain, au numéro 14 de l'actuelle rue de l'Ancienne-Comédie. La salle est aménagée à partir d'un ancien jeu de paume : précisément le type de théâtre que Voltaire jugera quelques années plus tard indigne de Paris.
Paris-Musée, Plan au rez-de-chaussée de la salle de spectacle de la Comédie Française.
Pierre-Edme Babel, circa 1752
Pierre-Edme Babel, circa 1752
Surtout, il ne faut pas imaginer le public du XVIIIe siècle sagement assis dans le noir. Au parterre, les spectateurs sont debout. Ils commentent, applaudissent, sifflent, interpellent les acteurs et peuvent décider qu'une pièce leur déplaît. Le spectacle est aussi dans la salle.
À cette époque, les représentations commencent ordinairement vers cinq heures et demie de l'après-midi. Pour les pièces très attendues, certains viennent deux ou trois heures auparavant afin de trouver une bonne place. Le 27 mai, une partie du public ne quittera pourtant la Comédie-Française que vers onze heures du soir. Pour certains spectateurs, cela représente donc une présence de cinq ou six heures, peut-être davantage. À la fin de la soirée, les esprits ne sont certainement plus aussi frais qu'à l'entrée.
Ce mercredi 27 mai, le programme associe la tragédie de Crébillon Rhadamiste et Zénobie à une petite comédie, Amour pour amour.
Un détail mérite d'être relevé. L'un des acteurs qui va être pris à partie, Rosely, est alors un jeune sociétaire de la Comédie-Française. Le registre journalier montre que la veille encore, le 26 mai, il avait joué dans Le Malade imaginaire. Rosely, de son vrai nom Antoine-François Raisouche-Montet, n'est entré dans la troupe que quelques années auparavant.
L'autre acteur visé, Drouin, est plus nouveau encore : il a débuté à la Comédie-Française le 20 mai 1744, exactement une semaine auparavant, dans Amour pour amour. Bref, lorsque la représentation commence ce 27 mai, personne ne se doute encore que la soirée va se terminer avec la police dans les rues de Paris.
Tout part de l'arrestation de Lesueur
Le premier personnage à entrer dans notre histoire n'est pas Philidor mais un certain Lesueur. Pendant la soirée, celui-ci prend violemment à partie Drouin et Rosely. Paul d'Estrée, pour le journal Le Ménestrel du 4 juillet 1897, qui retrouvera un siècle et demi plus tard les rapports de police dans les Archives de la Bastille, écrit qu'il les traite de « f... acteurs ».
La police intervient et Lesueur est arrêté dans le parterre. C'est là que tout bascule. Une partie du public réclame sa libération. Fait remarquable, les comédiens eux-mêmes interviennent en sa faveur et demandent qu'on le relâche. L'officier de police refuse.
Mauvaise idée, au moins si l'objectif était de calmer la salle.
Le parterre prend fait et cause pour Lesueur. Les protestations deviennent des cris, puis un véritable tumulte. D'Estrée situe « l'ouragan » pendant Amour pour amour, qui suit Rhadamiste et Zénobie ; les documents de police montrent que l'affaire a commencé auparavant autour de l'arrestation de Lesueur. Autrement dit, le trouble né pendant la grande pièce se prolonge et envahit la petite.
Le spectacle devrait être terminé depuis longtemps, mais le public refuse de se disperser. Vers onze heures du soir, une partie des spectateurs est toujours là.
La police ne maîtrise plus vraiment le parterre
Dans les documents apparaît également un certain Chevry. Son titre exact reste à éclaircir, mais son rôle au cours de la soirée est assez clair : il intervient auprès des spectateurs, puis se retrouve personnellement pris à partie. Il semble donc appartenir au dispositif chargé du maintien de l'ordre dans le parterre, ou du moins en remplir la fonction ce soir-là. Il serait imprudent d'en faire formellement le « chef du service d'ordre » sans autre document.
Parmi les jeunes gens les plus agités, la police repère également Lestre, qu'il faut bien distinguer de Lesueur. Le dossier le qualifie à la fois d'« abbé » et d'« étudiant ».
Le mot peut tromper aujourd'hui. Un « abbé » du XVIIIe siècle n'est pas nécessairement un prêtre et encore moins le supérieur d'une abbaye. Le Dictionnaire de l'Académie française de 1740 précise lui-même que le titre est donné, par civilité, à ceux qui portent l'habit ecclésiastique sans posséder d'abbaye. Le Dictionnaire de Trévoux va même plus loin : le mot s'applique couramment à de simples ecclésiastiques, y compris sans bénéfice. (Dictionnaire de l'Académie française)
Que faut-il en conclure pour Lestre ? Pas grand-chose au-delà de ce que disent les documents. Il appartenait vraisemblablement au monde ecclésiastique ou en portait l'habit, mais rien ne permet pour l'instant d'affirmer qu'il était prêtre. Le fait qu'il soit également présenté comme étudiant convient d'ailleurs très bien à un jeune clerc encore en formation.
Et notre abbé-étudiant n'a, ce soir-là, rien d'un modèle de tranquillité. Les rapports le placent parmi les plus obstinés des jeunes gens et lui attribuent des encouragements à s'en prendre physiquement aux agents. La police n'oubliera pas son nom.
Le tumulte sort du théâtre
Finalement, les spectateurs quittent la salle. Mais l'affaire n'est pas terminée.
D'après les documents repris par Paul d'Estrée, les manifestants sortent « en bataillon serré ». Ils continuent à insulter la police et l'affrontement se poursuit jusque vers la descente du Pont-Neuf. Le sergent du guet et ses hommes ont les plus grandes difficultés à contenir le groupe.
Puis tombe une menace qui montre assez bien l'état d'esprit des mutins :
« Demain, nous reviendrons deux cents. »
Cette fois, la police prend la menace au sérieux. Le lendemain, 28 mai, les forces de l'ordre sont présentes en nombre à la Comédie-Française. Les deux cents séditieux annoncés ne viennent pas. Le parterre reste calme. Paul d'Estrée ne résiste pas à une remarque ironique :
« Il en est toujours ainsi des manifestations à date fixe. »
L'incident aurait pu s'arrêter là. Mais la police, elle, a de la mémoire.
Tous les lieux se retrouvent dans un périmètre de quelques centaines de mètres.
1- Emplacement de la Comédie Française, rue des Fossés-Saint-Germain. Et à proximité le Café Bernard.
2- La Rue Saint-André-des-Arts, adresse de Philidor
3- Le Pont Neuf qui relie la rive gauche et la rive droite de la Seine en passant par l'Ile de la Cité
3- Le Pont Neuf qui relie la rive gauche et la rive droite de la Seine en passant par l'Ile de la Cité
4- Quai de la Mégisserie, For-l'Évêque
Un jeune homme a attiré l'attention de l'inspecteur Poussot
Pendant le tumulte, un inspecteur nommé Poussot a observé avec attention certains des jeunes gens restés dans le parterre. L'un d'eux l'intéresse particulièrement. Il le fait suivre. Quatre jours plus tard, le 31 mai 1744, il peut fournir son nom et son adresse au lieutenant général de police, Feydeau de Marville :
« il était un des plus obstinés et des plus insolents de ceux qui restèrent dans le parterre ».
Le jeune homme habite une chambre garnie rue Saint-André-des-Arts, chez Compagnon, perruquier. Poussot le décrit comme un « libertin », affirme qu'il ne fait rien et ajoute qu'il aurait son père et sa mère à Paris mais ne les verrait pas. Et il écrit son nom comme il l'a entendu : « Fély d'or ». C'est Philidor !
Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque de l'Arsenal, Archives de la Bastille, Ms 11556
La retranscription de l'intégralité de son dossier se trouve à la fin de l'article.
Le portrait est peu flatteur et manifestement à charge. Le mot « libertin », notamment, appartient au vocabulaire moral de la police et ne doit pas nécessairement être compris dans son sens moderne. Mais une chose est certaine : Philidor s'est suffisamment fait remarquer le 27 mai pour que Poussot décide de le faire suivre et enquêter sur lui. Marville ajoute simplement en marge du rapport :
« Il me paraît que ce jeune homme serait encore bon à arrêter. »
Le sort de Philidor est pratiquement réglé.
Mais Philidor raconte une tout autre histoire
Le 9 juin, Philidor est arrêté et conduit en prison. Et nous avons sa version des faits, car le jeune musicien adresse immédiatement une supplique au lieutenant général de police. Sans surprise, elle diffère sensiblement de celle de Poussot.
Philidor se présente comme un jeune maître de musique âgé de dix-huit ans — il n'en a en réalité pas encore tout à fait dix-huit — qui, ce 27 mai, revenait tranquillement de donner ses leçons. Vers dix heures du soir, raconte-t-il, il aurait été surpris de voir encore autant de monde devant et dans la Comédie-Française. Il serait alors entré « par curiosité », serait ressorti presque aussitôt et se serait rendu au Café Baptiste.
Là, comme d'autres clients, il aurait simplement critiqué l'arrestation de Lesueur et déclaré que M. de Marville était trop juste pour ne pas lui rendre justice. On est très loin du jeune homme décrit par Poussot comme l'un des plus obstinés du parterre et accusé d'avoir poussé d'autres jeunes gens à la violence.
Qui croire ? Impossible de trancher complètement deux siècles et demi plus tard. Philidor a évidemment tout intérêt à minimiser son rôle. Mais les rapports de police ne sont pas davantage des comptes rendus neutres : ils sont rédigés précisément pour justifier des arrestations. La confrontation des deux versions est donc beaucoup plus intéressante qu'une tentative de choisir arbitrairement l'une contre l'autre.
Une chose, en revanche, semble établie : Philidor se trouvait bien dans le secteur de la Comédie-Française au moment du tumulte et il a pris position en faveur de Lesueur. La vraie question est de savoir s'il fut un simple curieux un peu trop bavard, comme il le prétend, ou l'un des meneurs du parterre, comme l'affirme Poussot.
Le mystérieux Café Baptiste
Le Café Baptiste, où Philidor affirme s'être rendu après son bref passage à la Comédie-Française, mérite que l'on s'y arrête. Il ne faut pas le confondre avec le célèbre Café Procope, lui aussi situé dans le quartier et pratiquement en face du théâtre.
Le Café Baptiste est aujourd'hui beaucoup moins connu. Une indication retrouvée chez Rétif de la Bretonne permet toutefois de le localiser. Dans Monsieur Nicolas, Rétif évoque une femme qui travaillait dans une boutique « où jadis était le café Baptiste » ; une note précise qu'elle était installée « rue de la C.-F. », c'est-à-dire rue de la Comédie-Française.
Cela place donc le café dans la rue même du théâtre, l'actuelle rue de l'Ancienne-Comédie, sans que nous puissions pour l'instant lui attribuer avec certitude un numéro précis.
La version de Philidor est donc géographiquement parfaitement plausible : sortir de la Comédie-Française et entrer quelques instants plus tard au Café Baptiste ne demandait qu'un très court déplacement.
C'est également au café que Philidor aurait commis une nouvelle imprudence. Joinville, un exempt de police, est présent lorsqu'il critique l'arrestation de Lesueur. Ses paroles ne tombent donc pas dans l'oreille d'un sourd.
Quelques jours plus tard, Joinville vient l'arrêter chez lui. Direction : le For-l'Évêque.
La « Bastille des comédiens »
Le nom du For-l'Évêque sonne aujourd'hui assez mystérieusement. Il vient du latin Forum Episcopi, le « tribunal de l'évêque ». L'endroit, situé rue Saint-Germain-l'Auxerrois, près du quai de la Mégisserie, avait d'abord servi de prison à la juridiction de l'évêque de Paris. Lorsque cette juridiction fut supprimée en 1674, le bâtiment devint une prison royale.
On y enferma notamment des débiteurs, mais aussi beaucoup de gens liés au monde du spectacle : comédiens indisciplinés, auteurs querelleurs et spectateurs ayant troublé les représentations.
L'historien Frantz Funck-Brentano lui consacrera d'ailleurs en 1903 un livre au titre particulièrement parlant : La Bastille des comédiens : le For-l'Évêque. Et l'un des derniers chapitres de l'ouvrage est précisément intitulé « Philidor et le neveu de Rameau ».
Le For-l'Évêque n'est donc pas la Bastille, mais pour un jeune homme ayant fait trop de bruit au théâtre, c'est une destination assez logique. Lesueur, dont l'arrestation avait déclenché toute l'affaire, n'y restera que cinq jours. Pour Philidor, Marville se montre moins indulgent. Une note du dossier prévoit qu'il sera libéré après quinze jours de prison.
Le jeune musicien qui, selon sa supplique, ne faisait que rentrer innocemment de ses leçons avant de céder à la curiosité, paye finalement beaucoup plus cher que l'homme dont l'arrestation avait déclenché le tumulte !
Philidor, dix-sept ans, loin de l'image du grand homme que l'on connait
L'anecdote pourrait ne sembler être qu'une petite incartade de jeunesse. Elle est pourtant intéressante pour une autre raison. Nous connaissons surtout Philidor à travers l'image qu'il laissera plus tard : le grand joueur d'échecs, l'auteur de l'Analyse du jeu des Échecs, le compositeur reconnu, l'homme reçu dans les meilleurs cercles de Paris et de Londres.
Les archives nous montrent ici quelqu'un de très différent. En mai 1744, il n'a que dix-sept ans et huit mois. Il vit modestement dans une chambre garnie rue Saint-André-des-Arts, donne des leçons de musique et fréquente ce Paris bouillonnant où le café, le théâtre et la rue se prolongent les uns les autres.
Et il semble avoir le caractère suffisamment vif pour attirer l'attention d'un inspecteur de police. Fut-il véritablement l'un des meneurs de la soirée ? Nous ne pouvons pas l'affirmer. Mais il est difficile, inversement, d'accepter sans réserve la version du jeune Philidor qui serait arrivé à dix heures du soir, aurait passé quelques instants au théâtre « par curiosité », puis aurait tranquillement gagné un café voisin. Poussot l'avait suffisamment remarqué pour le faire suivre et enquêter sur son domicile quatre jours plus tard.
C'est précisément cette incertitude qui rend l'épisode intéressant. Pendant quelques heures, le 27 mai 1744, Philidor n'est ni le meilleur joueur d'échecs d'Europe ni le futur compositeur de Tom Jones. Il n'est qu'un jeune Parisien au milieu d'un parterre en colère.
Un de ces parterres dont Voltaire écrira bientôt qu'ils ressemblent parfois à une « sédition populaire ».
Cette nuit-là, la comparaison était particulièrement bien choisie.
Sources et documents
· Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque de l'Arsenal, Archives de la Bastille, Ms 11554, dossiers de l'année 1744, Le-Lo : documents concernant notamment Lesueur et Lestre.
· Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque de l'Arsenal, Archives de la Bastille, Ms 11556, dossiers de l'année 1744, N-P : dossier Philidor, rapport de Poussot du 31 mai 1744, documents relatifs à l'arrestation et supplique de Philidor.
· Paul d'Estrée, « Une incartade de Philidor », dans la série Artistes et musiciens du XVIIIe siècle, Le Ménestrel, 4 juillet 1897. D'Estrée reproduit ou résume plusieurs documents des Archives de la Bastille, notamment le rapport de Poussot, la supplique de Philidor, la menace de revenir « deux cents » et le renforcement du dispositif policier le lendemain. Voir le document intégral à la fin de l'article.
· Registres journaliers de la Comédie-Française, 26 et 27 mai 1744 : programmes des représentations et présence de Rosely dans Le Malade imaginaire le 26 mai.
· Voltaire, Sémiramis, « Dissertation sur la tragédie ancienne et moderne », 1748 : description critique du parterre et comparaison avec une « sédition populaire ».
· Comédie-Française, histoire de la troupe et notice de Rosely : localisation de la salle rue des Fossés-Saint-Germain et renseignements biographiques sur le comédien.
· Dictionnaire de l'Académie française, 3e édition, 1740, article « Abbé », ainsi que le Dictionnaire de Trévoux, 1740 : le terme peut désigner un homme portant l'habit ecclésiastique sans être titulaire d'une abbaye ; il ne suffit donc pas à établir que Lestre était prêtre. (Dictionnaire de l'Académie française)
· Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne, Monsieur Nicolas : mention d'une boutique « où jadis était le café Baptiste », avec la précision « rue de la C.-F. », permettant de situer l'ancien café rue de la Comédie-Française.
· Frantz Funck-Brentano, La Bastille des comédiens : le For-l'Évêque, Paris, A. Fontemoing, 1903, 316 p., notamment le chapitre « Philidor et le neveu de Rameau », p. 296 et suivantes.
Le dossier Philidor - Manuscrit 11556 :






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