mercredi 29 juillet 2026

La FFE rend hommage à La Bourdonnais

L’une des missions de la Commission Art, Culture et Histoire de la Fédération Française des Échecs consiste à faire connaître et à honorer les grands champions qui ont marqué l’histoire des échecs français.

La plaque commémorative en l'honneur de La Bourdonnais

Chacun connaît la domination exercée par les joueurs soviétiques, puis russes, sur les échecs mondiaux durant la seconde moitié du XXe siècle. On sait beaucoup moins que les joueurs français furent considérés comme les meilleurs au monde pendant plus d’un siècle, approximativement de 1720 à 1843. Cette longue période de suprématie prit fin avec la défaite de Pierre-Charles Fournier de Saint-Amant face à l’Anglais Howard Staunton, lors de leur célèbre match disputé à Paris en fin d'année 1843.

Le premier championnat du monde officiel ne fut organisé qu’en 1886, avec la victoire de Wilhelm Steinitz sur Johannes Zukertort. Mais qui étaient les meilleurs joueurs avant cette date ?

Dans son numéro du 15 août 1879, la revue La Stratégie proposait la liste suivante de ceux qu’elle appelait les « Rois des échecs » :

1. Philidor
2. Deschapelles
3. La Bourdonnais
4. Staunton
5. Anderssen
6. Morphy
7. Steinitz
 
Revue La Stratégie du 15 août 1879 page 248

Les trois premiers noms de cette prestigieuse liste sont français. Il serait même possible de leur ajouter Legall de Kermeur, le maître de Philidor, dont le nom reste aujourd’hui associé au célèbre mat de Legall, connu de tous les joueurs d’échecs.

C’est pour rappeler cette place exceptionnelle occupée par la France dans l’histoire des échecs que je me suis rendu à Londres au début du mois de juillet 2026. Au nom de la Fédération Française des Échecs, j’y ai déposé une plaque commémorative sur la tombe de Louis-Charles Mahé de La Bourdonnais. Je m'étais déjà rendu sur place il y a maintenant un peu plus de 10 ans !

Philidor fut lui aussi enterré à Londres, mais sa sépulture a aujourd’hui disparu. Il en va de même pour celle d’Alexandre Deschapelles, personnage extraordinaire décédé en 1847 et inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Des trois grands maîtres français parfois réunis sous l’appellation de « trinité des joueurs d’échecs français », La Bourdonnais est donc le seul dont la tombe soit encore visible.

Cette plaque rappelle désormais aux visiteurs du cimetière londonien de Kensal Green le souvenir de celui qui fut considéré, durant les années 1820 et 1830, comme le plus fort joueur d’échecs au monde.
 

“LOUIS CHARLES DE LA BOURDONNAIS,
The celebrated Chess Player,
Died 13th December, 1840,
Aged 43 years.”


 
La pierre tombale penche dangereusement... 

Dans le cimetière de Kensal Green se trouve également la tombe d'Howard Staunton, le champion anglais. 
 

Et celle d'Alexander McDonnell, adversaire malheureux de la série de matchs contre La Bourdonnais en 1834.

3 commentaires:

  1. En 1721, le Duc de Mortemart, "fameux Champion aux échecs pour la Nation française" a été battu "a platte couteur" par Mr Gordon de Cluny. Voyez Edward Winter, C.N. 10255:

    https://www.chesshistory.com/winter/winter149.html#CN_10255

    Donc, n'était pas le meilleur joueur du monde un Ecossais?

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  2. Merci beaucoup pour cette remarque. J'avoue que je ne connaissais pas l'anecdote.
    Je garde le lien précieusement pour un futur article.
    J'ai indiqué "approximativement 1720" car c'est à peu près à cette époque que Legall joue aux échecs. Alors ce n'est peut être pas 1720 exactement, mais peut-être 1725, bref approximativement 1720 ! Pourquoi pas alors en 1720 précisément, nous aurions donc un écossais pour ternir le flambeau, c'est une découverte pour moi.
    Legall est né en 1702 et il aura la réputation d'être juste un cran en dessous de Philidor jusqu'à un âge avancé. En 1787, le comte de Brühl, le considère comme le meilleur joueur d'échecs après Philidor. Disons que le règne de Philidor démarre en 1755 quand il bat son ancien maître Legall à son retour d'Angleterre, et après avoir battu Stamma et Janssen. Et avant, à partir des années 1720 (date exacte à déterminer), c'est Legall qui mène la danse de cette "école française" qui dominera le jeu d'échecs jusqu'au match entre Staunton et Saint-Amant en 1843.

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    1. Je vous remercie de votre réponse intéressante. Robert Gordon de Cluny ne pouvait trop long "ternir le flambeau": il est mort en April 1729 (Edward Winter, C.N. 10255).

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