Sur les traces de Sergio Boffa et de son très bon livre sur Philidor, j'ai cherché à approfondir ce qu'il avait écrit concernant Philidor et le jeu de dames. C'est l'objet de cet article.
François-André Danican Philidor est entré dans l’histoire comme le plus grand joueur d’échecs de son temps. On sait beaucoup moins qu’il possédait également une solide réputation au jeu de dames à la polonaise, pratiqué sur un damier de cent cases.
Quelle était réellement sa force à ce jeu ? Les témoignages sont nombreux, parfois contradictoires. Nous possédons même six positions qui lui sont attribuées. Et sa réputation fut telle qu’en 1785 un libraire d’Amsterdam n’hésita pas à publier sous son nom… un traité qu’il n’avait jamais écrit.
Quelle était réellement sa force à ce jeu ? Les témoignages sont nombreux, parfois contradictoires. Nous possédons même six positions qui lui sont attribuées. Et sa réputation fut telle qu’en 1785 un libraire d’Amsterdam n’hésita pas à publier sous son nom… un traité qu’il n’avait jamais écrit.
« Le premier joueur de dames polonoises »
La première mention est spectaculaire. En 1755, l’article « Échecs » de l’Encyclopédie présente Philidor comme « peut-être le premier joueur de dames polonoises qu’il y ait jamais eu » (Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, t. V, 1755, article « Échecs »).
La première mention est spectaculaire. En 1755, l’article « Échecs » de l’Encyclopédie présente Philidor comme « peut-être le premier joueur de dames polonoises qu’il y ait jamais eu » (Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, t. V, 1755, article « Échecs »).
Philidor a alors moins de trente ans. Quinze ans plus tard, sa réputation demeure intacte. Dans la Correspondance littéraire du 1er décembre 1770, à l’occasion de la parution de l’Essai sur le jeu de dames à la polonaise de Manoury, on lit :
« Philidor, le plus grand joueur d’échecs qu’il y ait peut-être en Europe, est encore plus fort, s’il est possible, dans le jeu de dames polonaises. » (Correspondance littéraire, philosophique et critique, 1er décembre 1770, éd. Maurice Tourneux, Paris, Garnier, t. IX, p. 183).
« Philidor, le plus grand joueur d’échecs qu’il y ait peut-être en Europe, est encore plus fort, s’il est possible, dans le jeu de dames polonaises. » (Correspondance littéraire, philosophique et critique, 1er décembre 1770, éd. Maurice Tourneux, Paris, Garnier, t. IX, p. 183).
La formule est remarquable : au moment même où Philidor domine le monde des échecs, certains le considèrent comme encore meilleur aux dames.
Les dames lui auraient permis de vivre en Hollande
Cette réputation trouve un écho dans les biographies ultérieures. George Allen raconte dans The Life of Philidor qu’en 1745, alors que le jeune Philidor se trouve sans ressources en Hollande, son habileté aux échecs mais aussi aux dames lui permet de gagner quelque argent dans les cafés de Rotterdam puis d’Amsterdam (George Allen, The Life of Philidor, Philadelphie, 1863, p. 22-23). Le Palamède rapporte la même tradition en 1836 :
« le jeu des échecs et le jeu de dames dans lequel il était aussi de première force, lui servirent de ressources pendant son séjour en Hollande »
et ajoute en note que six positions composées par Philidor se trouvent dans l’ouvrage de Dufour (Le Palamède, t. I, 1836, p. 150-151). Il ne s’agissait donc manifestement pas pour Philidor d’un simple passe-temps occasionnel.
Cette réputation trouve un écho dans les biographies ultérieures. George Allen raconte dans The Life of Philidor qu’en 1745, alors que le jeune Philidor se trouve sans ressources en Hollande, son habileté aux échecs mais aussi aux dames lui permet de gagner quelque argent dans les cafés de Rotterdam puis d’Amsterdam (George Allen, The Life of Philidor, Philadelphie, 1863, p. 22-23). Le Palamède rapporte la même tradition en 1836 :
« le jeu des échecs et le jeu de dames dans lequel il était aussi de première force, lui servirent de ressources pendant son séjour en Hollande »
et ajoute en note que six positions composées par Philidor se trouvent dans l’ouvrage de Dufour (Le Palamède, t. I, 1836, p. 150-151). Il ne s’agissait donc manifestement pas pour Philidor d’un simple passe-temps occasionnel.
Mais George Walker tempère sérieusement la légende
Tous les témoignages ne sont cependant pas aussi enthousiastes. Dans la notice biographique placée en tête de son édition de The Celebrated Analysis of the Game of Chess en 1832, George Walker estime que la force de Philidor aux dames a été quelque peu exagérée par l’Encyclopédie.
Walker le considère bien comme un joueur « first-rate », donc de premier ordre, mais affirme qu’il n’était pas l’égal de M. Le Blonde et de plusieurs autres grands joueurs de dames de son époque (George Walker, The Celebrated Analysis of the Game of Chess, Londres, 1832, « Memoirs of Philidor », p. xiv, note). George Allen reprend précisément cette réserve dans sa biographie de 1863.
Tous les témoignages ne sont cependant pas aussi enthousiastes. Dans la notice biographique placée en tête de son édition de The Celebrated Analysis of the Game of Chess en 1832, George Walker estime que la force de Philidor aux dames a été quelque peu exagérée par l’Encyclopédie.
Walker le considère bien comme un joueur « first-rate », donc de premier ordre, mais affirme qu’il n’était pas l’égal de M. Le Blonde et de plusieurs autres grands joueurs de dames de son époque (George Walker, The Celebrated Analysis of the Game of Chess, Londres, 1832, « Memoirs of Philidor », p. xiv, note). George Allen reprend précisément cette réserve dans sa biographie de 1863.
La nuance est importante. Walker ne prétend nullement que Philidor était un joueur moyen : il conteste seulement l’image du champion absolu des dames que l’Encyclopédie avait contribué à construire. D’autres témoins restent au contraire très élogieux. Allen cite notamment Saint-Amant, qui écrit dans Le Palamède que Philidor était aux dames « d’une force tout-à-fait supérieure », tout en ajoutant qu’il y attachait moins d’amour-propre qu’aux échecs.
Six positions attribuées à Philidor
Heureusement, nous ne disposons pas uniquement de témoignages. En 1807-1808 paraît à Paris, chez Everat, le Recueil de coups de Dames et de fins de parties difficiles de M. Dufour. Sa table attribue explicitement six positions à Philidor : les numéros 3, 43, 86, 229, 274 et 322.
Heureusement, nous ne disposons pas uniquement de témoignages. En 1807-1808 paraît à Paris, chez Everat, le Recueil de coups de Dames et de fins de parties difficiles de M. Dufour. Sa table attribue explicitement six positions à Philidor : les numéros 3, 43, 86, 229, 274 et 322.
Quelques intitulés sont particulièrement intéressants :
n° 3 : « M. Philidor au Hollandais » ;
n° 86 : « M. Philidor à M. Léger » ;
n° 229 : « M. Philidor à M. C*** ».
Le nom de Léger est évidemment troublant puisqu’un joueur de ce nom fréquentait également le milieu échiquéen parisien et est traditionnellement associé au Traité des Amateurs. Il pourrait s’agir du même homme, sans pouvoir encore l’affirmer.
J’ai ressaisi les six positions dans une étude sur le site internet Lidraughts afin de contrôler les solutions données par Dufour : les six semblent correctes, mais je n'ai pas du tout le niveau aux dames pour les évaluer. Il vous faudra peut-être créer un identifiant Lidraughts pour les rejouer sur un damier.
n° 3 : « M. Philidor au Hollandais » ;
n° 86 : « M. Philidor à M. Léger » ;
n° 229 : « M. Philidor à M. C*** ».
Le nom de Léger est évidemment troublant puisqu’un joueur de ce nom fréquentait également le milieu échiquéen parisien et est traditionnellement associé au Traité des Amateurs. Il pourrait s’agir du même homme, sans pouvoir encore l’affirmer.
J’ai ressaisi les six positions dans une étude sur le site internet Lidraughts afin de contrôler les solutions données par Dufour : les six semblent correctes, mais je n'ai pas du tout le niveau aux dames pour les évaluer. Il vous faudra peut-être créer un identifiant Lidraughts pour les rejouer sur un damier.
Ces positions constituent donc les rares traces techniques dont nous disposons aujourd’hui pour juger directement le Philidor joueur de dames.
Un traité de dames « par le Sieur Philidor »
Sa réputation dans ce domaine était en tout cas suffisamment grande pour qu’elle soit exploitée commercialement. En 1785, paraît à Amsterdam, chez Gaspard Heintzen, un ouvrage intitulé : Traité du jeu de dames à la polonoise, par le Sr. Philidor, de l’Académie de Paris.
Sa réputation dans ce domaine était en tout cas suffisamment grande pour qu’elle soit exploitée commercialement. En 1785, paraît à Amsterdam, chez Gaspard Heintzen, un ouvrage intitulé : Traité du jeu de dames à la polonoise, par le Sr. Philidor, de l’Académie de Paris.
La page de titre ne laisse planer aucun doute : le livre est présenté comme une œuvre de Philidor. Pourtant, la comparaison avec l’ouvrage publié quinze ans auparavant par Manoury est accablante. La véritable édition de 1770 porte le titre Essai sur le jeu de dames à la polonoise, « par le Sieur Manoury, Marchand Limonadier, au coin du Quai de l’École », publiée à Paris chez Knapen et Delaguette. Or le texte de 1785 est, à quelques adaptations près, le livre de Manoury.
Philidor parle avec les mots de Manoury
L’« Avertissement de l’auteur » fournit une démonstration presque comique. En 1770, Manoury explique avoir trouvé un ouvrage intitulé L’Égide de Pallas et décidé d’en reprendre ce qui pouvait s’appliquer au nouveau jeu de dames à la polonaise. Il écrit notamment :
« je me suis approprié tout ce que j’ai trouvé dans l’Égide de Pallas… »
puis décrit les règles, positions et coups qu’il a réunis dans son livre. Quinze ans plus tard, le prétendu Philidor tient exactement le même discours à la première personne : il se serait lui aussi approprié les éléments de L’Égide de Pallas, aurait lui-même réuni les coups et composé l’ouvrage. On fait donc littéralement parler Philidor avec les mots de Manoury.
L’« Avertissement de l’auteur » fournit une démonstration presque comique. En 1770, Manoury explique avoir trouvé un ouvrage intitulé L’Égide de Pallas et décidé d’en reprendre ce qui pouvait s’appliquer au nouveau jeu de dames à la polonaise. Il écrit notamment :
« je me suis approprié tout ce que j’ai trouvé dans l’Égide de Pallas… »
puis décrit les règles, positions et coups qu’il a réunis dans son livre. Quinze ans plus tard, le prétendu Philidor tient exactement le même discours à la première personne : il se serait lui aussi approprié les éléments de L’Égide de Pallas, aurait lui-même réuni les coups et composé l’ouvrage. On fait donc littéralement parler Philidor avec les mots de Manoury.
Une copie, mais une copie légèrement actualisée
L’édition d’Amsterdam n’est pourtant pas une simple reproduction mécanique. Quelqu’un a repris et retouché le texte. Manoury écrivait en 1770 :
« Il a paru en 1767, chez la veuve Duchesne, un Almanach de perte & de gain… »
En 1785, la phrase devient :
« Il a paru en 1782, un Almanach de perte & de gain… »
L’éditeur a donc cherché à actualiser le texte. Plus significatif encore, l’ouvrage est adapté aux habitudes hollandaises. Chez Manoury, on lit qu’« en Allemagne » les pièces sont posées sur les cases noires, contrairement à l’usage français. L’édition de 1785 ajoute :
« en Hollande & en Allemagne ».
L’édition d’Amsterdam n’est pourtant pas une simple reproduction mécanique. Quelqu’un a repris et retouché le texte. Manoury écrivait en 1770 :
« Il a paru en 1767, chez la veuve Duchesne, un Almanach de perte & de gain… »
En 1785, la phrase devient :
« Il a paru en 1782, un Almanach de perte & de gain… »
L’éditeur a donc cherché à actualiser le texte. Plus significatif encore, l’ouvrage est adapté aux habitudes hollandaises. Chez Manoury, on lit qu’« en Allemagne » les pièces sont posées sur les cases noires, contrairement à l’usage français. L’édition de 1785 ajoute :
« en Hollande & en Allemagne ».
Manoury faisait marcher les pions « du blanc sur le blanc » ; la version hollandaise les fait désormais aller « du noir sur le noir ». Nous sommes donc devant une véritable réédition adaptée au public néerlandais, mais dont l’auteur a été remplacé par Philidor.
Un oubli qui trahit tout
La transformation n’a cependant pas été parfaite. Le livre de Manoury s’intitulait Essai sur le jeu de dames. Celui de 1785 devient un Traité. L’éditeur a pensé à modifier certains passages. Ainsi, la lettre placée à la fin de l’ouvrage, qui était en 1770 adressée à une dame « en lui envoyant l’Essai », devient en 1785 une lettre « en lui envoyant le traité du Jeu de Dames à la Polonoise ». Mais il en a oublié un. Juste un peu avant la lettre, dans la conclusion du prétendu Traité de Philidor, on lit toujours :
« ce n’est qu’un Essai sur le Jeu de dames que je présente au public »
Difficile de trouver plus joli aveu !
La transformation n’a cependant pas été parfaite. Le livre de Manoury s’intitulait Essai sur le jeu de dames. Celui de 1785 devient un Traité. L’éditeur a pensé à modifier certains passages. Ainsi, la lettre placée à la fin de l’ouvrage, qui était en 1770 adressée à une dame « en lui envoyant l’Essai », devient en 1785 une lettre « en lui envoyant le traité du Jeu de Dames à la Polonoise ». Mais il en a oublié un. Juste un peu avant la lettre, dans la conclusion du prétendu Traité de Philidor, on lit toujours :
« ce n’est qu’un Essai sur le Jeu de dames que je présente au public »
Difficile de trouver plus joli aveu !
Et le privilège de Manoury disparaît naturellement
L’édition originale de 1770 comporte également l’approbation et le privilège royal. Celui-ci précise explicitement que « le Sieur Manoury, Marchand Limonadier à Paris » souhaite faire imprimer « un Ouvrage de sa composition intitulé : Essai sur le Jeu de Dames à la Polonoise ». Dans le livre d’Amsterdam, ces pages ont évidemment disparu.
L’édition originale de 1770 comporte également l’approbation et le privilège royal. Celui-ci précise explicitement que « le Sieur Manoury, Marchand Limonadier à Paris » souhaite faire imprimer « un Ouvrage de sa composition intitulé : Essai sur le Jeu de Dames à la Polonoise ». Dans le livre d’Amsterdam, ces pages ont évidemment disparu.
On comprend pourquoi : conserver le privilège aurait quelque peu compromis l’attribution à Philidor. Le privilège de 1770 était d’ailleurs accordé pour six années et avait donc expiré depuis longtemps en 1785. Il vaut par conséquent mieux parler ici de réédition plagiaire ou de fausse attribution, plutôt que de contrefaçon au sens juridique strict.
Pourquoi utiliser le nom de Philidor ?
C’est sans doute la question la plus intéressante. Pourquoi un libraire d’Amsterdam aurait-il remplacé le nom relativement obscur de Manoury par celui de Philidor ? La réponse paraît assez évidente : le nom de Philidor faisait vendre. En 1785, il était depuis des décennies le joueur d’échecs le plus célèbre d’Europe. Mais surtout, l’Encyclopédie et la Correspondance littéraire avaient également diffusé l’image d’un Philidor extraordinaire joueur de dames.
Attribuer un traité de dames à Philidor était donc parfaitement crédible pour un acheteur de l’époque. Cette fausse attribution devient ainsi, paradoxalement, un témoignage supplémentaire de sa réputation au jeu de dames.
C’est sans doute la question la plus intéressante. Pourquoi un libraire d’Amsterdam aurait-il remplacé le nom relativement obscur de Manoury par celui de Philidor ? La réponse paraît assez évidente : le nom de Philidor faisait vendre. En 1785, il était depuis des décennies le joueur d’échecs le plus célèbre d’Europe. Mais surtout, l’Encyclopédie et la Correspondance littéraire avaient également diffusé l’image d’un Philidor extraordinaire joueur de dames.
Attribuer un traité de dames à Philidor était donc parfaitement crédible pour un acheteur de l’époque. Cette fausse attribution devient ainsi, paradoxalement, un témoignage supplémentaire de sa réputation au jeu de dames.
Paris Musée Carnavalet
Quelle était finalement la véritable force de Philidor ?
Il serait imprudent de reprendre sans réserve l’affirmation de l’Encyclopédie selon laquelle Philidor aurait été le plus grand joueur de dames ayant jamais existé. George Walker, qui connaissait bien les deux jeux, le considère certes comme un joueur de premier ordre mais le place derrière certains grands spécialistes comme Le Blonde.
À l’inverse, les témoignages contemporains de 1755 et 1770, son activité en Hollande, les souvenirs recueillis par Le Palamède et surtout les six positions conservées par Dufour montrent qu’il ne s’agissait certainement pas d’un simple amateur. La formule la plus raisonnable est probablement celle-ci : Philidor fut un très fort joueur de dames, reconnu comme tel par ses contemporains, mais sa renommée a sans doute amplifié son niveau réel jusqu’à en faire, parfois, l’équivalent aux dames de ce qu’il était incontestablement aux échecs.
Et le petit livre d’Amsterdam de 1785 en offre finalement une preuve inattendue : quinze ans après Manoury, il suffisait d’effacer son nom et d’écrire « Philidor » sur la couverture pour rendre un traité de dames beaucoup plus prestigieux !
Il serait imprudent de reprendre sans réserve l’affirmation de l’Encyclopédie selon laquelle Philidor aurait été le plus grand joueur de dames ayant jamais existé. George Walker, qui connaissait bien les deux jeux, le considère certes comme un joueur de premier ordre mais le place derrière certains grands spécialistes comme Le Blonde.
À l’inverse, les témoignages contemporains de 1755 et 1770, son activité en Hollande, les souvenirs recueillis par Le Palamède et surtout les six positions conservées par Dufour montrent qu’il ne s’agissait certainement pas d’un simple amateur. La formule la plus raisonnable est probablement celle-ci : Philidor fut un très fort joueur de dames, reconnu comme tel par ses contemporains, mais sa renommée a sans doute amplifié son niveau réel jusqu’à en faire, parfois, l’équivalent aux dames de ce qu’il était incontestablement aux échecs.
Et le petit livre d’Amsterdam de 1785 en offre finalement une preuve inattendue : quinze ans après Manoury, il suffisait d’effacer son nom et d’écrire « Philidor » sur la couverture pour rendre un traité de dames beaucoup plus prestigieux !











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