M. Alain Barnier m'a signalé il y a quelques jours la vente aux enchères d'un album de photographies ayant appartenu à Jean Preti. Cette vente s'est déroulée à Enghien (au nord de Paris) le 6 novembre 2015. Hélas je n'étais pas au courant à l'époque et je n'ai donc pu m'y rendre.
L'abbé Durand et Jean Preti. Gravure provenant de leur livre :
Stratégie raisonnée des fins de partie du jeu d'échecs - Paris 1871 & 1873, par l'abbé Durand et Jean Preti
Jean Preti fut le fondateur de la célèbre revue d'échecs La Stratégie dont j'ai indiqué quelques liens dans la partie bibliographie de ce blog. Jean (ou Jean Louis) Preti fut également un fort joueur d'échecs qui fréquenta le Café de la Régence de 1844 à son décès en 1881.
Je donnerai sa biographie dans un prochain article.
Extrait du catalogue.
La photo en haut et gauche est celle de Jules Grévy, 4ème président de la République Française, et amateur du Café de la Régence...
Le Catalogue de la vente se trouve en ligne en suivant ce lien. Il s'agit du lot n°415 en page 46.
Alain Barnier m'indique que le lot, estimé à 600 / 800 euros est parti à près de 5000 euros !...
Texte de présentation du lot dans le catalogue :
Estimation: €600 - €800
Description: ÉCHECS par CARJAT, MAYER & PIERSON, A. GIROUX, E.COURRET, G. RIZZARDI, E.BARON... Un album de portraits de personnalités du monde des échecs, ayant appartenu à Jean-Louis Preti (1798-1881). 121 tirages au format carte de visite rassemblées dans un album et 2 cartes cabinet. Personnalités nommées à la mine de plomb et/ou à l'encre sur les montages ou aux dos de certaines épreuves. Plusieurs envois à Jean Preti. Portrait de Jean-Louis Preti avec l'Abbé Philippe Ambroise Durand, coauteurs de ""Stratégie raisonnée des ouvertures de jeux d'échecs (1862)"" en début d'album. Cartes mosaïques et portraits de joueurs d'échecs dont : Prince Villafranca, Fery d'Esclands, Comte de Casabianca, Comte de Basterot, Staunton, Grosdemange, Juan Carlo, Henri Frau, de Blémur, Gosse, Van de Steene Bone, C.A. Gilberg, D. Harrwitz, Numa Preti... Reliure détachée, album à restaurer.
Il est fort dommage que ces photos ne soient pas consultables, car il s'agit d'un patrimoine important du Café de la Régence. En tout cas, si l'heureux propriétaire de l'album lit ces quelques lignes et accepte de me montrer les photos j'en serais ravi !
En tout cas je remercie M. Alain Barnier de m'avoir communiqué cette information.
jeudi 17 mars 2016
lundi 7 mars 2016
Honneur à Deschapelles ce 7 mars
Alexandre Louis Honoré Lebreton Deschapelles est né le 7 mars 1780.
Le seul portrait de Deschapelles connu à ce jour.
La revue Le Palamède, sous la plume de Saint-Amant, commençait ainsi son article nécrologique en novembre 1847 :
Sa mémoire a disparu pour la plupart d'entre nous, y compris pour la seule revue française d'échecs qui existe de nos jours.
Il y a quelques mois, celle-ci citait le très talentueux Grand Maître Maxime Vachier-Lagrave comme le plus fort joueur d'échecs français depuis Philidor...
C'était biffer d'un coup de plume les noms de Deschapelles et La Bourdonnais, par simple méconnaissance historique.
Car sachez le, en son temps Deschapelles fut considéré comme plus talentueux que Philidor aux échecs.
Son tort ? Peut-être ne pas avoir laissé d'écrit sur le jeu d'échecs.
Nos amis russes eux ne l'ont pas oublié.
En ce 7 mars, jour de son anniversaire, la Fédération Russe des Échecs lui consacre un article.
Персона Дня = Personnalité du jour
Voici une courte biographie de Deschapelles en suivant ce lien.
Pour terminer, voici sa demande manuscrite de Légion d'Honneur, à une époque où cette médaille était offerte au grand jour à ceux qui faisaient honneur à la France. Il l'obtiendra le 1er juin 1804.
Citoyen Chancelier,
Élève de l'école militaire de Brienne, *Soldat à quatorze ans, blessé avant dix-sept de quinze coups de sabre et privé de la main droite**, je me croirai plus que récompensé si vous me jugez digne d'entrer dans la légion d'Honneur.
Je vous salue avec respect
Lebreton Deschapelles
*35ème, aujourd'hui 106ème 1/2 brigade
**resté sur le champ de bataille armée du Rhin, le 24 messidor an 4"
(Bataille d'Ettligen - 9 juillet 1796)
Source : Base LEONORE - Dossier Deschapelles
Le seul portrait de Deschapelles connu à ce jour.
La revue Le Palamède, sous la plume de Saint-Amant, commençait ainsi son article nécrologique en novembre 1847 :
Sa mémoire a disparu pour la plupart d'entre nous, y compris pour la seule revue française d'échecs qui existe de nos jours.
Il y a quelques mois, celle-ci citait le très talentueux Grand Maître Maxime Vachier-Lagrave comme le plus fort joueur d'échecs français depuis Philidor...
C'était biffer d'un coup de plume les noms de Deschapelles et La Bourdonnais, par simple méconnaissance historique.
Car sachez le, en son temps Deschapelles fut considéré comme plus talentueux que Philidor aux échecs.
Son tort ? Peut-être ne pas avoir laissé d'écrit sur le jeu d'échecs.
Nos amis russes eux ne l'ont pas oublié.
En ce 7 mars, jour de son anniversaire, la Fédération Russe des Échecs lui consacre un article.
Персона Дня = Personnalité du jour
Voici une courte biographie de Deschapelles en suivant ce lien.
Pour terminer, voici sa demande manuscrite de Légion d'Honneur, à une époque où cette médaille était offerte au grand jour à ceux qui faisaient honneur à la France. Il l'obtiendra le 1er juin 1804.
"Au citoyen Lacèpede, membre du sénat, chancelier de la légion d'honneur.
Citoyen Chancelier,
Élève de l'école militaire de Brienne, *Soldat à quatorze ans, blessé avant dix-sept de quinze coups de sabre et privé de la main droite**, je me croirai plus que récompensé si vous me jugez digne d'entrer dans la légion d'Honneur.
Je vous salue avec respect
Lebreton Deschapelles
*35ème, aujourd'hui 106ème 1/2 brigade
**resté sur le champ de bataille armée du Rhin, le 24 messidor an 4"
(Bataille d'Ettligen - 9 juillet 1796)
Source : Base LEONORE - Dossier Deschapelles
dimanche 14 février 2016
L'hôtel de Breteuil
Quand Paul Morphy arrive à Paris, il s'installe d'abord à l'hôtel Meurice, rue de Rivoli.
Sans en préciser les raisons, son secrétaire F.Edge, indique dans son livre qu'ils décidèrent d'en changer un ou deux jours après leur arrivée à Paris pour résider à l'hôtel de Breteuil (jusqu'à la fin de leur séjour parisien). C'est de cet hôtel que Morphy a écrit la lettre citée dans mon précédent article.
Si l'hôtel Meurice existe toujours, ce n'est plus le cas de l'hôtel de Breteuil.
F.Edge indique en page 156 de son livre sur le voyage de Morphy en Europe :
"Hotel Breteuil, at the corner of the Rue de Rivoli and du Dauphin, where we had a magnificent view of the palace and gardens of the Tuileries, and were within a stone's throw of the best quarters of Paris and the Régence."
Emplacement de l'hôtel de Breteuil, au coin de la rue de Rivoli et de la rue du Dauphin (Rue Saint-Roch). Morphy occupe sans doute une chambre en étage et dispose d'une vue dégagée sur les jardins et le palais des Tuileries.
"Hôtel de Breteuil, au coin de la Rue de Rivoli et du Dauphin, ou nous avions une vue magnifique du palais et des jardins des Tuileries, et où nous étions à un jet de pierre des meilleurs quartiers de Paris et de la Régence".
Plan du quartier, de nos jours.
La rue du Dauphin est maintenant la Rue Saint-Roch, et l'annuaire du commerce Didot-Bottin de 1859 nous précise :
" Breteuil (ancien hôtel de), tenu par Mme Garnier, née Humbert, grands et petits appartements, chambres pour familles, rue du Dauphin, 1, au coin de la rue de Rivoli, en face les Tuileries."
La suite à côté de la sienne est occupée par Daniel Harrwitz, et Morphy apprendra quelque temps plus tard que son appartement était auparavant occupé par Saint-Amant !
C'est dans cette suite que se déroulera le match entre Morphy et Anderssen, venu spécialement à Paris pour jouer contre le champion américain.
Le Palais des Tuileries en 1871 après son incendie. Du fait de son angle de prise de vue, c'est approximativement cette vision qu'avait Morphy depuis sa chambre d'hôtel.
Source : Gallica - Les ruines de Paris et de ses environs, 1870-1871 / Cent photographies par A.Liébert
Pour rappel, le Palais des Tuileries fut sauvé en 1848 par Saint-Amant, alors mandaté par la toute nouvelle République. Puis la Commune de Paris en eut raison en 1871 lors d'un incendie qui le détruisit en grande partie. Après bien des tergiversations, les ruines du palais des Tuileries furent finalement rasées en 1883.
Le Palais des Tuileries (en rouge) qui n'existe plus de nos jours...
Sans en préciser les raisons, son secrétaire F.Edge, indique dans son livre qu'ils décidèrent d'en changer un ou deux jours après leur arrivée à Paris pour résider à l'hôtel de Breteuil (jusqu'à la fin de leur séjour parisien). C'est de cet hôtel que Morphy a écrit la lettre citée dans mon précédent article.
Si l'hôtel Meurice existe toujours, ce n'est plus le cas de l'hôtel de Breteuil.
F.Edge indique en page 156 de son livre sur le voyage de Morphy en Europe :
"Hotel Breteuil, at the corner of the Rue de Rivoli and du Dauphin, where we had a magnificent view of the palace and gardens of the Tuileries, and were within a stone's throw of the best quarters of Paris and the Régence."
Emplacement de l'hôtel de Breteuil, au coin de la rue de Rivoli et de la rue du Dauphin (Rue Saint-Roch). Morphy occupe sans doute une chambre en étage et dispose d'une vue dégagée sur les jardins et le palais des Tuileries.
"Hôtel de Breteuil, au coin de la Rue de Rivoli et du Dauphin, ou nous avions une vue magnifique du palais et des jardins des Tuileries, et où nous étions à un jet de pierre des meilleurs quartiers de Paris et de la Régence".
Plan du quartier, de nos jours.
La rue du Dauphin est maintenant la Rue Saint-Roch, et l'annuaire du commerce Didot-Bottin de 1859 nous précise :
" Breteuil (ancien hôtel de), tenu par Mme Garnier, née Humbert, grands et petits appartements, chambres pour familles, rue du Dauphin, 1, au coin de la rue de Rivoli, en face les Tuileries."
La suite à côté de la sienne est occupée par Daniel Harrwitz, et Morphy apprendra quelque temps plus tard que son appartement était auparavant occupé par Saint-Amant !
C'est dans cette suite que se déroulera le match entre Morphy et Anderssen, venu spécialement à Paris pour jouer contre le champion américain.
Le Palais des Tuileries en 1871 après son incendie. Du fait de son angle de prise de vue, c'est approximativement cette vision qu'avait Morphy depuis sa chambre d'hôtel.
Source : Gallica - Les ruines de Paris et de ses environs, 1870-1871 / Cent photographies par A.Liébert
Pour rappel, le Palais des Tuileries fut sauvé en 1848 par Saint-Amant, alors mandaté par la toute nouvelle République. Puis la Commune de Paris en eut raison en 1871 lors d'un incendie qui le détruisit en grande partie. Après bien des tergiversations, les ruines du palais des Tuileries furent finalement rasées en 1883.
Le Palais des Tuileries (en rouge) qui n'existe plus de nos jours...
samedi 6 février 2016
Chapitre 17 – 1855 à 1859 – Un météore nommé Morphy
Contenu du chapitre 17
Transformation des cafés parisiens – Renaissance du Café de la Régence – Galerie de portraits au nouveau Café de la Régence par Alphonse Delannoy – Arnous de Rivière et Laroche de Bayonne – Daniel Harrwitz nouveau maître de la Régence – Paul Morphy arrive en Europe – Arrivée du prodige américain à Paris – Victoire contre Harrwitz – Une simultanée à l’aveugle mémorable – Triomphe de Morphy à Paris – Anderssen perd son match contre Morphy et reconnait sa grande supériorité – Banquet d’adieu
J'ai déjà eu l'occasion de rédiger quelques articles sur le premier séjour de Paul Morphy à Paris durant l'automne 1858 et l'hiver 1858/1859 :
Sur la fameuse simultanée (article 1 et article 2) et ses suites notamment.
A compléter au sujet de son séjour à Paris, par le livre de Frederick Edge son secrétaire qui l'accompagne durant toute sa tournée en Europe (ouvrage en anglais). Paul Morphy, The Chess Champion, Londres 1859.
Lettre manuscrite de Paul Morphy du 8 octobre 1858
Celle-ci est publiée dans la revue La Stratégie d’août 1884 dans l'article nécrologique relatif au décès de Paul Morphy.
C’est de l’hôtel de Breteuil que Morphy écrit cette lettre, dans un français parfait, proposant d’inviter le champion allemand Adolph Anderssen à Paris. Rappelons qu’Anderssen a la réputation d’être le plus fort joueur d'échecs d’Europe depuis sa victoire au tournoi international de Londres en 1851.
« Hôtel Breteuil ce 8 Octobre 1858
Mon cher Monsieur
J’ai reçu dernièrement deux lettres, l’une du club d’échecs de Leipzig, l’autre de celui de Breslau, m’invitant à me rendre en ces villes pour engager un match avec M. Anderssen. Il m’est impossible d’accepter ces propositions, mais j’en ai une à vous faire, qui, je l’espère, sera agréable aux amateurs de la Régence. J’offre de consacrer les 295 francs qui m’ont été remis de la part des parieurs de M. Harrwitz à payer les frais de voyage de M. Anderssen. L’invitation lui serait adressée par les amateurs de la Régence.
Agréez l’assurance de ma haute considération.
Paul Morphy »
Transformation des cafés parisiens – Renaissance du Café de la Régence – Galerie de portraits au nouveau Café de la Régence par Alphonse Delannoy – Arnous de Rivière et Laroche de Bayonne – Daniel Harrwitz nouveau maître de la Régence – Paul Morphy arrive en Europe – Arrivée du prodige américain à Paris – Victoire contre Harrwitz – Une simultanée à l’aveugle mémorable – Triomphe de Morphy à Paris – Anderssen perd son match contre Morphy et reconnait sa grande supériorité – Banquet d’adieu
J'ai déjà eu l'occasion de rédiger quelques articles sur le premier séjour de Paul Morphy à Paris durant l'automne 1858 et l'hiver 1858/1859 :
Sur la fameuse simultanée (article 1 et article 2) et ses suites notamment.
A compléter au sujet de son séjour à Paris, par le livre de Frederick Edge son secrétaire qui l'accompagne durant toute sa tournée en Europe (ouvrage en anglais). Paul Morphy, The Chess Champion, Londres 1859.
Lettre manuscrite de Paul Morphy du 8 octobre 1858
Celle-ci est publiée dans la revue La Stratégie d’août 1884 dans l'article nécrologique relatif au décès de Paul Morphy.
C’est de l’hôtel de Breteuil que Morphy écrit cette lettre, dans un français parfait, proposant d’inviter le champion allemand Adolph Anderssen à Paris. Rappelons qu’Anderssen a la réputation d’être le plus fort joueur d'échecs d’Europe depuis sa victoire au tournoi international de Londres en 1851.
« Hôtel Breteuil ce 8 Octobre 1858
Mon cher Monsieur
J’ai reçu dernièrement deux lettres, l’une du club d’échecs de Leipzig, l’autre de celui de Breslau, m’invitant à me rendre en ces villes pour engager un match avec M. Anderssen. Il m’est impossible d’accepter ces propositions, mais j’en ai une à vous faire, qui, je l’espère, sera agréable aux amateurs de la Régence. J’offre de consacrer les 295 francs qui m’ont été remis de la part des parieurs de M. Harrwitz à payer les frais de voyage de M. Anderssen. L’invitation lui serait adressée par les amateurs de la Régence.
Agréez l’assurance de ma haute considération.
Paul Morphy »
jeudi 21 janvier 2016
Précisions sur Deschapelles et le whist(e)
M.Philippe Bodard, spécialiste de l'histoire du bridge (et du whist) m'a envoyé quelques corrections relatives à ce personnage fascinant qu'est Deschapelles.
Je l'en remercie et je m'empresse de vous en faire part.
Le seul portrait de Deschapelles connu à ce jour.
Extrait de la couverture du livre Alexandre Honoré Deschapelles: The French king of chess
1) Le Traité du Whiste n'est pas de 1840 mais de 1839. La 1ère édition parait chez Furne qui cède tout son stock à Perrotin en 1840. Les 2 éditions sont donc absolument identiques.

Je l'en remercie et je m'empresse de vous en faire part.
Le seul portrait de Deschapelles connu à ce jour.
Extrait de la couverture du livre Alexandre Honoré Deschapelles: The French king of chess
1) Le Traité du Whiste n'est pas de 1840 mais de 1839. La 1ère édition parait chez Furne qui cède tout son stock à Perrotin en 1840. Les 2 éditions sont donc absolument identiques.

Le livre de Deschapelles dans son édition de 1839 - Google Book
2) Ce n'est pas Deschapelles qui est à l'origine du mot "Whiste" (1839) : il a certes tenté d'imposer cette orthographe parmi les 10 autres (!!!) que l'on peut trouver du mot whist à la même époque (1800/1830). Dès 1827, Lebrun dans son "Manuel des jeux de calcul ou de hasard" paru dans la fameuse collection Roret, et ayant fait l'objet de nombreuses éditions, Lebrun donc n'utilise que le vocable "Whiste", et il est le seul dans la littérature technique du whist, hormis plus tard Deschapelles.
Complément de JO Leconte : Deschapelles reprend à son compte le mot whiste (avec un "e" final).
"(...) Deschapelles est l’auteur du Traité du jeu de Whist, fort savant, trop savant même, car il n’est pas toujours facile à comprendre, même pour les personnes qui connaissent bien ce jeu. Les expressions y sont d’ailleurs un peu trop cherchées. Je ne sais si c’est par patriotisme, mais il a voulu, dans son traité, franciser les termes du jeu anglais, en écrivant, par exemple, whiste au lieu de whist, ombogue, au lieu de humbug, mot assez vulgaire, qui se traduirait aujourd’hui par blague. "
L’intermédiaire des chercheurs et des curieux – 10 mai 1875 – Article sur Deschapelles signé par J.Bruton
3) Enfin, mais la preuve absolue n'a pas encore été trouvée, et on peut donc continuer (!) avec cette légende, il est douteux que le coup Deschapelles (au whist, repris au bridge) soit de lui car Deschapelles n'a laissé aucune note à ce sujet. D'après mes recherches, ce "coup" n'apparait qu'en 1889 aux USA à l'initiative de Pettes, un auteur américain, grand idolâtre de Deschapelles, qui dirigeait du reste le fameux "Deschapelles Club" de Boston.
Photo du livre de Deschapelles dans son édition de 1840 - Prêt de Michel Roethel † (1926 - 2010).
2) Ce n'est pas Deschapelles qui est à l'origine du mot "Whiste" (1839) : il a certes tenté d'imposer cette orthographe parmi les 10 autres (!!!) que l'on peut trouver du mot whist à la même époque (1800/1830). Dès 1827, Lebrun dans son "Manuel des jeux de calcul ou de hasard" paru dans la fameuse collection Roret, et ayant fait l'objet de nombreuses éditions, Lebrun donc n'utilise que le vocable "Whiste", et il est le seul dans la littérature technique du whist, hormis plus tard Deschapelles.
Complément de JO Leconte : Deschapelles reprend à son compte le mot whiste (avec un "e" final).
"(...) Deschapelles est l’auteur du Traité du jeu de Whist, fort savant, trop savant même, car il n’est pas toujours facile à comprendre, même pour les personnes qui connaissent bien ce jeu. Les expressions y sont d’ailleurs un peu trop cherchées. Je ne sais si c’est par patriotisme, mais il a voulu, dans son traité, franciser les termes du jeu anglais, en écrivant, par exemple, whiste au lieu de whist, ombogue, au lieu de humbug, mot assez vulgaire, qui se traduirait aujourd’hui par blague. "
L’intermédiaire des chercheurs et des curieux – 10 mai 1875 – Article sur Deschapelles signé par J.Bruton
3) Enfin, mais la preuve absolue n'a pas encore été trouvée, et on peut donc continuer (!) avec cette légende, il est douteux que le coup Deschapelles (au whist, repris au bridge) soit de lui car Deschapelles n'a laissé aucune note à ce sujet. D'après mes recherches, ce "coup" n'apparait qu'en 1889 aux USA à l'initiative de Pettes, un auteur américain, grand idolâtre de Deschapelles, qui dirigeait du reste le fameux "Deschapelles Club" de Boston.
mardi 12 janvier 2016
Chapitre 16 – Musset à la Régence
Contenu du chapitre 16
Arrivée au Café de la Régence – Musset ami de Jules Grévy – Un terrible cocktail de son invention – Un Dandy magnifique mais dipsomane – En février 1848 à la Régence – Joueur de Whist – Joueur d’échecs plein de panache – Le problème des deux cavaliers – Alfred de Musset passe son temps au Café de la Régence – Au nouveau Café de la Régence – Décès – La statue de Musset – Une dernière anecdote
Arrivée au Café de la Régence – Musset ami de Jules Grévy – Un terrible cocktail de son invention – Un Dandy magnifique mais dipsomane – En février 1848 à la Régence – Joueur de Whist – Joueur d’échecs plein de panache – Le problème des deux cavaliers – Alfred de Musset passe son temps au Café de la Régence – Au nouveau Café de la Régence – Décès – La statue de Musset – Une dernière anecdote
Alfred de Musset au Café de la Régence
"Du coin de mon feu à Alfred de Musset" par Ernest Petit
Il s'agit d'un petit fascicule de quelques pages, publié en 1906, décrivant Musset au Café de la Régence et donnant un poème d'Ernest Petit écrit en 1856.
Alfred de Musset était un inconditionnel du Café de la Régence et un véritable passionné du jeu d'échecs. Deux exemples pour illustrer ce propos.
Tout d'abord le très célèbre problème des deux cavaliers publié dans La Régence en février 1849.
Ensuite un petit détail publié en 1838 dans Le Palamède, alors sous la direction de La Bourdonnais.
Nous y apprenons qu'Alfred de Musset a joué lors d'une séance à l'aveugle donnée par La Bourdonnais. Malheureusement la partie est inconnue à ce jour.
lundi 28 décembre 2015
Lionel Adalbert Bagration Félix Kiéséritzky
21/06/2020 - Correction d'un diagramme erroné
La postérité n'est pas tendre avec lui. Vous le connaissez peut-être car c'est l'adversaire malheureux d'Anderssen dans la fameuse partie immortelle jouée à Londres en 1851 en marge du 1er Tournoi International. Ou bien peut-être connaissez-vous la variante Kiéséritzky du Gambit du Roi ?
En tout cas, vers 1840, il a le tort de s'opposer à Saint-Amant, successeur désigné de La Bourdonnais, qui n'est pourtant pas un professionnel du jeu d'échecs (Saint-Amant est négociant en vin de Bordeaux).
Ce dernier aura d'ailleurs des mots assez durs sur les inventions de Kiéséritzky, comme vous le verrez un peu plus loin dans cet article.
À ma connaissance, le seul portrait officiellement reconnu comme étant celui de Kiéséritzky est le suivant :
Kiéséritzky est sur la gauche. Je ne connais pas la référence de ce dessin.
La page de Wikipédia au sujet de Kiéséritzky ne cite pas sa source et il est incomplet.
Il est en fait tiré d'un article paru dans la revue L'Échiquier de Paris de mars / avril 1951 signé par Louis Mandy, que voici :
Lionel, Adalbert, Bagration, Félix Kiéséritzky est né à Dorpat (Livonie) le 1er janvier 1806 (20 décembre 1805 suivant le calendrier julien). Il appartenait à une famille polonaise émigrée vers le milieu du dix-huitième siècle.
Son grand-père et son père s’étaient mariés à des Allemandes et sa famille était entièrement germanisée. Son père, Otto Wilhelm, avocat, avait épousé Félicitas Katarina von Hoffmann. Lionel était le plus jeune des quatorze enfants nés de cette union.
Je n’ai retrouvé trace que de deux de ses frères : Félix, l’aîné, et Guido, tous deux bons joueurs d’échecs, et d’une sœur prénommée Lydia (décédée en 1882).
En 1825, Lionel Kiéséritzky se fit inscrire comme étudiant en philologie à l’Université de sa ville natale. Il étudia également le droit et les mathématiques, matières pour lesquelles il avait des dispositions particulières.
En 1829, quittant l’Université, il s’établit professeur de mathématiques à Dorpat et son enseignement était très recherché par les meilleures familles de la ville.
À la mort de ses parents et jusqu’en 1837, il habita, avec sa sœur, la maison paternelle. Son frère Guido était un mathématicien et un physicien distingué qui consacra sa vie entière à la recherche d’un appareil destiné à donner un poli parfait aux lentilles de télescopes.
Ce frère, de même que sa sœur Lydia, avaient une réputation de parfaits originaux qui alimenta longtemps les commérages de la ville.
Lionel Kiéséritzky possédait une nature sensible, nerveuse, susceptible et, partant, très irritable.
Il intenta un procès en diffamation aux mauvaises langues qui s’occupaient des originalités de la maison Kiéséritzky et le gagna.
Mais le rappel incessant de ces évènements lui rendit bientôt insupportable le séjour à Dorpat.
Aussi décida-t-il d’aller se fixer à Paris. Il quitta, pour toujours, sa ville natale le 5 mai 1839.
Il fit le voyage par Riga, Rostock et Le Havre et arriva à Paris le 14 août 1839.
Là, il subvint modestement à ses besoins en donnant des leçons d’échecs à 5 francs l’heure et par des parties jouées à la Régence avec un enjeu de même importance. Il habita un certain temps au 5 de la rue de Lille, ainsi qu’au 24 de la rue Dauphine.
Kiéséritzky mourut à Paris au début du mois de mai 1853, âgé seulement de 47 ans.
(Acte de décès reconstitué de Lionel Kiéséritzky. Source : Archive numérisée de la ville de Paris.
Celui-ci décède le 19 mai 1853 dans le Xème arrondissement ancien de Paris.
Ce qui peut correspondre à l'adresse de son domicile du 24 rue Dauphine indiqué dans l'article.)
Au physique, c’était un homme d’une corpulence moyenne, avec tendance à l’obésité. Visage pâle aux traits fortement accusés, cheveux plats très bruns, yeux sombres et vifs, la tête légèrement inclinée en avant. Sa démarche vive et quelque peu sautillante.
Aimable, spirituel, affable et impartial, Kiéséritzky possédait une excellente mémoire ainsi qu’une intelligence vive et passionnée, alliée à une profonde et ardente sensibilité.
Son jeu était à la mesure de son intelligence, car Kiéséritzky jouait plus brillamment et génialement que sûrement et correctement. Il lui arrivait parfois de faire des coups surprenants et extraordinaires, mais il pouvait aussi, lorsqu’il était dans un mauvais jour, jouer fort médiocrement et même très mal.
Bien que mathématicien de profession, il était incapable de froid calcul et de réflexion soutenue et pratiquait au contraire une manière de jouer vive et hasardeuse dans laquelle son esprit et sa sensibilité pouvaient se donner libre cours. Il avait commencé très jeune à se familiariser avec les Échecs puisqu’il n’avait, parait-il, que trois ans lorsque son père lui montra un mat en trois coups par Dame et Fou. Depuis, il ne cessa de jouer avec ses frères Félix et Guido et devint rapidement leur maître.
Devant l’échiquier, Kiéséritzky, par son comportement toujours courtois et par son égalité d’humeur dans la victoire comme dans la défaite, était très aimé. Son jeu était riche de brillantes idées, mais non exempt de quelques coups baroques au moyen desquels il cherchait à introduire des variantes nouvelles. Son caractère ouvert le faisait rechercher par les milieux échiquéens français et sa précoce disparition fut unanimement regrettée.
Kiéséritzky avait encore eu l’occasion, dès son arrivée à Paris, de jouer avec La Bourdonnais qui l’avait signalé aux lecteurs du Palamède par ces mots laconiques mais précis : « M. Kiéséritzky, un jeune Russe, très fort ».
(Extrait du Palamède de 1839/1840
Le texte de La Bourdonnais est légèrement différent de celui donné dans l'article de Louis Mandy)
(La Bourdonnais a du mal avec le nom compliqué de Kiéséritzky...
Le Palamède 1840)
La Bourdonnais lui rendait Pion et deux traits, mais cet avantage, trop important, donnait la supériorité à Kiéséritzky. La Bourdonnais sut reconnaitre le talent de son adversaire et le proclama second joueur de France.
Après la mort de La Bourdonnais, survenue peu après, il ne resta que Saint-amant comme adversaire à sa taille, mais les ridicules prétentions de ce dernier firent de Kiéséritzky son ennemi, et cet état de choses dura malheureusement jusqu’au départ de Saint-Amant pour l’Amérique, en 1852. Toutefois, comme ils ont peu joué ensemble, du fait de leur antipathie, on ne peut se prononcer sur celui des deux qui était le plus fort.
La Bourdonnais était peut-être mieux renseigné sur le jeu de Kiéséritzky. Il connaissait également celui de Saint-Amant. Mais il connut Kiéséritzky trop peu de temps avant sa mort et n’eut pas suffisamment l’occasion d’asseoir son opinion. D’autant que, de 1837 à 1840, Saint-Amant s’abstint presque complètement de jouer aux Échecs.
Il semble cependant que Saint-Amant était meilleur en match que Kiéséritzky, bien que ce dernier eût un jeu plus inventif et ingénieux. Et il ne faut évidemment pas conclure que, du fait de la victoire de Kiéséritzky sur le nerveux Horwitz (Londres, 1846), le maître livonien aurait eu des chances de succès dans un match contre Staunton.
Mais Kiéséritzky et Saint-Amant ont eu tous deux une grande influence sur la vie échiquéenne en France, ce dernier plus certainement par la publication du Palamède que par la pratique du jeu, alors que Kiéséritzky était vraiment un joueur, toujours prêt à se mesurer avec qui le défiait, et un excellent professeur, dont les manières modestes contrastaient singulièrement avec la morgue hautaine de Saint-Amant.
En 1846, Kiéséritzky édita un recueil de 50 parties jouées la plupart par lui-même, au Cercle des Échecs et au Café de la Régence. Elles sont bien commentées, servent d’études théoriques et constituent un instructif souvenir de l’actif Groupe du Café de la Régence. Dans le domaine de la théorie, on lui doit de nombreuses nouveautés, notamment dans le Gambit Allgaier et le Gambit du Fou.
Dans les dernières années de sa vie, il se fit l’ardent propagateur d’une merveilleuse idée mathématique : « Les Échecs dans l’Espace », mais ni ses émules, dont étaient Harrwitz, Eugène Rousseau, Thompson, etc…, ni les quelques maîtres au nombre desquels figurait Anderssen, qui tentèrent de s’initier à cette espèce de mystère, ne purent se faire une idée bien nette de la question et Kiéséritzky, incompris, emporta son secret dans la tombe.
Le portrait que nous publions est extrait du très intéressant ouvrage : « Aus Vergangenen Zeiten (1) » que Ludwig Bachmann a consacré aux maîtres de la Régence et à leurs rivaux britanniques. La partie se rapportant à Kiéséritzky, avec les souvenirs du Dr. W. Schwartz de Riga à la « Wochenschach » et du conseiller de cour Dr. Guttceit d’Orel à la Berliner Schachzeitung de 1855, nous a fourni l’essentiel de cette étude.
Le fameux tableau de Marlet, gravé par Laemlein, comporte-t-il le portrait de Kiéséritzky ? Gaston Legrain a posé naguère la question dans ses Cahiers de l’Échiquier Français. Un certain personnage est désigné sous le signe de K… Est-ce Kiéséritzky ? En comparant le portrait ci-dessus à celui du tableau, en s’attachant particulièrement aux détails de la chevelure, du profil, de la redingote, je crois que l’on peut, sans témérité excessive, conclure par l’affirmative.
(Détail de la gravure de Laemlein - La Stratégie, novembre 1911
Kiéséritzky serait la personne que j'ai cerclée en rouge)
Louis Mandy.
(1) Vol . I, 5ème cahier (Edition de Bernhard Kagan, Berlin, s.d.)
En juillet 1846, Kiéséritzky se rend en voyage à Londres, où il a l'occasion de tester ses inventions contre le joueur anglais Georges Walker.
Quelques parties sont ensuite publiées dans le Palamède, dont le propriétaire et rédacteur en chef n'est autre que Saint-Amant.
Voici comment Saint-Amant juge les inventions de Kiéséritzky dans le Palamède en 1846...
1.e4 e5 2.f4 e5xf4 3.Cf3 g5 4.h4
« C’est le Gambit auquel M. Kiéséritzky donna, plaisamment sans doute, le nom d’irrésistible, il y a quelques années, et dont il avait pourtant essayé l’effet sans succès contre quatre joueurs de deuxième force. On ne doit donc pas être surpris du sort qu’il a eu contre le célèbre joueur anglais. »
Les amabilités continuent un peu plus loin...
« Le second joueur a non seulement le Pion de plus, mais encore la position. Le Gambit n’est pas jugé, sur cet échantillon, un Gambit irrésistible, mais un Gambit déplorable. Ce ne peut être sérieusement qu’on espère attacher son nom à des analyses si mal élaborées. »
Kiéséritzky teste à Londres un deuxième gambit qu'il affectionne et qui sera le thème de la partie immortelle 5 ans plus tard...
1.e4 e5 2.f4 e5xf4 3.Fc4 Dh4+ 4.Rf1 b5
« Ceci est regardé comme une fantaisie de M. Kiéséritzky. Nous ne pensons pas que cette manière de restituer le Pion qu’on avait de plus par suite du Gambit offert et pris fasse autorité et soit jamais regardée comme une bonne défense. »
Terminons cet article par ce qu'on peut appeler la quasi immortelle de Kiéséritzky.
Il s'agit d'une partie jouée le 6 mai 1850 lors d'une série de plus de 150 parties (!) contre le joueur allemand Schulten.
Cette partie a du se jouer sur un rythme rapide, peut-être vingt minutes par joueur tout au plus, car rappelons le, la pendule d'échecs n'existait pas encore en 1850.
La postérité n'a retenu que la partie immortelle contre Anderssen alors que celle-ci n'a probablement pas duré beaucoup plus longtemps.
En tout cas, le mat final est bien amené.
"M. Schulten vient de partir pour l'Allemagne. Pendant son dernier séjour à Paris, il a joué un grand nombre de parties avec M. Kiéséritzky;
il en a gagné 34 et perdu 107. Dix parties seulement ont été nulles. Cette grande différence s'explique moins par la force respective des deux antagonistes que par le choix du début.
A l'exception de cinq parties, M. Schulten choisissait toujours le gambit du Fou, et son adversaire celui du Cavalier.
La plupart de ces parties ont été jouées avec trop de précipitation, mais elles étaient presque toutes très piquantes."
La Régence - Journal des échecs - Juin 1850
Schulten / Kiéséritzky
Partie jouée le 6 mai 1850 au Cercle des échecs de Paris.
Ce cercle est alors situé au 1er étage du Café de la Régence
Les commentaires sont de Kiéséritzky pour la revue La Régence.
1. e4 e5 2. f4 exf4 3. Fc4 Dh4+ 4. Rf1 b5 5. Fxb5 Cf6
Au lieu de 5... Fb7 coup irréprochable, du reste, on peut jouer tout de suite Cf6 peut-être avec
plus de succès encore
6. Cc3 Cg4 7. Ch3 Cc6 8. Cd5 Cd4
Au premier abord plusieurs coups de cette partie paraitrons incompréhensibles, ils supporteront
pourtant l'examen. Les Noirs se laissent prendre une Tour, mais cela leur
donne une attaque excessivement forte.
9. Cxc7+ Rd8 10. Cxa8 f3 11. d3
Si les Blancs prenaient ce Pion avec le leur, ils perdraient non seulement le
Cavalier, mais encore la partie et en peu de coups. 11. gxf3
11... f6
Le double échec que les Blancs ont en vue en préparant le coup Fg5+ n'est point
si dangereux qu'on le pense, car les Noirs auraient également un double échec
à donner par Ce3. Cependant cette précaution n'est point mauvaise, et c'est
précisément à cause de d'elle que la partie a pu être terminée d'une manière
si brillante.
12. Fc4
Puisque les Noirs ne veulent pas prendre ce Fou égaré, les Blancs consentent à le conserver.
12... d5 13. Fxd5 Fd6 14. De1
A ce moment les Noirs annoncent le Mat en sept coups
(Diagramme provenant de la revue La Régence.
Remarquez la notation particulière des coups de la partie.
Il s'agit également d'une invention de Kiéséritzky mais qui s'avéra trop complexe et abandonnée par la suite).
14... fxg2+ 15. Rxg2
En jouant 15. Rg1 la partie serait finie plus tôt
15... Dxh3+ 16. Rxh3 Ce3+ 17. Rh4
Les blancs pouvaient couvrir avec le Fou, mais cela n'augmentait pas le nombre de
coups annoncé.
17... g5+ 18. Rh5 Fg4+ 19. Rh6 Ff8#
Le Mat se faisait aussi par 19... Cdf5+ 20. exf5 Cxf5#
0-1
(Position finale)
[Event "Cercle des Echecs"] [Site "?"] [Date "1850.05.06"] [Round "?"] [White "Schulten"] [Black "Kieseritzky"] [Result "0-1"] [ECO "C33"] [Annotator "L.Kieseritzky"] [PlyCount "38"] 1. e4 e5 2. f4 exf4 3. Bc4 Qh4+ 4. Kf1 b5 5. Bxb5 Nf6 6. Nc3 Ng4 7. Nh3 Nc6 8. Nd5 Nd4 9. Nxc7+ Kd8 10. Nxa8 f3 11. d3 11... f6 12. Bc4 d5 13. Bxd5 Bd6 14. Qe1 fxg2+ 15. Kxg2 15... Qxh3+ 16. Kxh3 Ne3+ 17. Kh4 g5+ 18. Kh5 Bg4+ 19. Kh6 Bf8# 0-1
Inscription à :
Articles (Atom)











