Comme me l'a fait remarquer à juste titre Oliver Sheppard, lecteur de ce blog, je n'ai pas encore mentionné Wilhelm Steinitz. Cet article a donc notamment pour but de combler cette lacune :-)
A ma connaissance, Steinitz est venu au moins 3 fois à Paris.
* En 1867 pour jouer le tournoi de l'Empereur, où il se classera 3ème derrière Kolisch et Winawer
* En 1882 alors qu'il est en route vers le très fort tournoi de Vienne qu'il remportera.
* Et en fin d'année 1895 alors qu'il doit se rendre à Saint-Petersbourg pour jouer un tournoi à quatre, avec Pillsbury, Lasker et Tchigorine.
Ainsi, en fin d'année 1895, La Stratégie annonce la visite de Steinitz qui l’année passée, en 1894 aux Etats-Unis, s’était fait sèchement déposséder de son titre de champion du Monde par Lasker sur le score de 10 victoires à 5.
Remarquez la dernière clause bien particulière de cette visite indiquée dans la Stratégie.
« Le seul événement parisien à relever est la prochaine arrivée de M. Steinitz qui a accepté un engagement d’une semaine au Grand Cercle ; l’illustre maître sera à Paris vers la fin de ce mois, mais sa visite aura un caractère absolument privé.
On nous affirme même qu’il lui a été imposé l’obligation de ne pas paraître au Café de la Régence pendant la durée de son engagement (!) »
On nous affirme même qu’il lui a été imposé l’obligation de ne pas paraître au Café de la Régence pendant la durée de son engagement (!) »
Dans le journal "Le Monde Illustré", Samuel Rosenthal tient la chronique sur les échecs de 1884 (au moment de l'incident du match Paris-Vienne), jusqu'à son décès en septembre 1902.
Cette chronique sert également de vitrine à l'activité du Grand Cercle et Cercle des Échecs, 16 boulevard Montmartre à Paris, dont il est le directeur officiel du salon des échecs.
Cette chronique sert également de vitrine à l'activité du Grand Cercle et Cercle des Échecs, 16 boulevard Montmartre à Paris, dont il est le directeur officiel du salon des échecs.
« C'est lundi prochain (NDA - le lundi 10 novembre 1895) que M. Steinitz arrive à paris, et dès le lendemain il commencera ses séances au Grand Cercle et Cercle des Echecs de Paris.
Il jouera pendant huit jours des parties simultanées contre les plus forts joueurs du cercle et nous ferons avec lui des parties en consultation.
Nous rendrons compte à nos lecteurs du résultat de cette intéressante lutte et nous publierons les meilleures parties »
Il jouera pendant huit jours des parties simultanées contre les plus forts joueurs du cercle et nous ferons avec lui des parties en consultation.
Nous rendrons compte à nos lecteurs du résultat de cette intéressante lutte et nous publierons les meilleures parties »
S.Rosenthal - Le Monde Illustré - 9 novembre 1895
La grande simultanée a lieu le jeudi 13 novembre.
A noter que l'article contient des noms avec une orthographe approximative, et qu'il y a un erreur dans le décompte des parties (6 nulles au lieu de 5 en fait).
A noter que l'article contient des noms avec une orthographe approximative, et qu'il y a un erreur dans le décompte des parties (6 nulles au lieu de 5 en fait).
« M. Steinitz, l'admirable joueur d'échecs qui dispute les tournois des deux mondes, a bien voulu se rendre, comme il nous l'avait promis, à l'invitation du Grand Cercle et Cercle des Échecs de Paris.
Il a commencé mardi dernier ses séances par des parties intéressantes avec les plus forts joueurs du Cercle. La journée s'est terminée par un dîner où le maître a été acclamé.
Il a commencé mardi dernier ses séances par des parties intéressantes avec les plus forts joueurs du Cercle. La journée s'est terminée par un dîner où le maître a été acclamé.
Jeudi, la réunion a été nombreuse et animée, le Cercle Militaire nous ayant envoyé ses meilleurs champions. M. Steinitz a fait onze parties simultanées. Cinq ont été nulles.
Ont été déclarées nulles les parties de MM. les lieutenants Néron et Delagre, du Cercle Militaire ; Chazeray, Max, Nodler et Colaço du Grand Cercle.
M. Steinitz ne pouvant rester avec nous que très peu de temps, nous avons dû renoncer à engager avec lui des parties sérieuses, comprenant qu'il fallait qu'il se ménageât pour le grand tournoi qui l'attend à Saint-Petersbourg.»
S.Rosenthal - Le Monde Illustré - 23 novembre 1895
Voici les 3 parties publiées dans Le Monde Illustré suite à la visite de Steinitz. Les deux premières l'ont été également dans La Stratégie.
Bien évidemment, Il n'est pas question pour Samuel Rosenthal de parler de la Régence dans l'article suivant paru le 30 novembre 1895 dans Le Monde Illustré, où Steinitz le remercie ... obséquieusement.
« Les séances de M. Steinitz au Grand Cercle et Cercle des Échecs de Paris ont pris fin samedi 16 courant, et en nous faisant ses adieux il nous a remis la lettre suivante :
Paris, le 21 novembre
Monsieur S.Rosenthal, directeur du Salon des Échecs et du Grand Cercle.
Mon cher Monsieur Rosenthal.
Monsieur S.Rosenthal, directeur du Salon des Échecs et du Grand Cercle.
Mon cher Monsieur Rosenthal.
Voulez-vous avoir la bonté de transmettre à M. le Président, au Comité et à tous les membres de votre si distinguée Société, l'expression de ma plus sincère reconnaissance pour la magnifique réception et la si grande hospitalité qu'on m'a accordée pendant mon séjour à Paris.
Avec une très grande satisfaction, j'ai également constaté et appris que les échecs en général avaient fait de grands progrès en France, et je pense que, autant que je puis en juger, cet heureux résultat est dû dans une large mesure à vos magnifique travaux et à votre bienfaisante influence, appuyée sur vos aimables qualités personnelles.
Cordialement vôtre
W. Steinitz
W. Steinitz
M. Steinitz a quitté Paris vendredi.
Il allait à Francfort pour des parties simultanées qui ont dû être jouées samedi soir, où il avait rendez-vous avec MM. Pillsbury et Lasker.
Ces messieurs doivent partir ensemble pour le match qui aura lieu à Saint-Petersbourg et qui commencera le 10 décembre, entre eux et Tchigorine.»
Il allait à Francfort pour des parties simultanées qui ont dû être jouées samedi soir, où il avait rendez-vous avec MM. Pillsbury et Lasker.
Ces messieurs doivent partir ensemble pour le match qui aura lieu à Saint-Petersbourg et qui commencera le 10 décembre, entre eux et Tchigorine.»
Mais il lui était impossible de ne pas passer au Café de la Régence une fois son engagement terminé avec Rosenthal, même si ce dernier n'en parle absolument pas. Le Grand Cercle et La Régence se regardent en chien de faïence...
« M. Steinitz est arrivé à Paris le 10 novembre et immédiatement il a commencé l’engagement avec le Grand Cercle et Cercle des Échecs (…).
L’illustre maître a joué de nombreuses parties avec les membres du cercle et quelques parties avec M. Rosenthal, chacun jouant alternativement avec un amateur, sans consultation.
Le 13 novembre a eu lieu une séance de onze parties simultanées sur lesquelles le champion en a gagné 6 et 5 ont été nulles, contre MM. Chasseray, Colaço et Nodler, du Grand Cercle, et Ledagre et Néron, du Cercle Militaire.(...)
Bien que la réception faite à M. Steinitz ait eu un caractère privé, il n’aura pas eu à se plaindre de la générosité des membres du Grand Cercle ; en dehors de ses frais de voyage et de séjour, 1 500 fr. lui ont été remis comme indemnité de déplacement.
Son engagement terminé, M. Steinitz a fait une visite au Café de la Régence, où il a été chaleureusement accueilli.
Le 18 novembre, le propriétaire du vieux Temple des Echecs a offert, en son honneur, un dîner auquel assistaient MM. Arnous de Rivière, Alapine, Tilton, Fox, du New-York Herald, Feisthamel et N. Preti.
M. Steinitz a quitté Paris le 22 novembre (…). »
M. Steinitz a quitté Paris le 22 novembre (…). »
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