samedi 14 mars 2026

Le jeu d’échecs de Philidor : récit d’un sauvetage patrimonial

Ou comment la mobilisation de quelques personnes a permis le sauvetage d’un objet exceptionnel : le jeu d’échecs personnel de Philidor. 
Qu’elles en soient ici vivement remerciées.

Le premier acte remonte au mercredi 25 février 2026. Ce jour-là, je reçois un SMS de François Zutter, membre de la Chess History and Literature Society, association dont je fais également partie, me demandant si j’avais vu que le jeu d’échecs de Philidor devait être mis en vente aux enchères à Paris le vendredi 13 mars.

Pour ma part, l’information était totalement inattendue. Je n’en avais absolument pas connaissance. Et la nouvelle avait quelque chose d’extraordinaire, tout particulièrement en cette année du tricentenaire de sa naissance.

J’avais déjà eu l’occasion de voir et de photographier ce jeu d’échecs lors de l’exposition consacrée à Philidor au musée de Dreux durant l’été 2025. On pourra voir ici le reportage que j’avais consacré à cette exposition.

Le jeu d'échecs de Philidor exposé au musée de Dreux

Ce jeu figure également en photographie dans un ouvrage de référence, Philidor musicien et joueur d’échecs (Picard, 1995). Ce livre est incontournable pour qui s’intéresse à la vie de Philidor, puisqu’il contient notamment le texte de 135 lettres manuscrites déposées à la bibliothèque de Versailles par la famille Danican Philidor.

Revenons à la vente prévue le 13 mars.
La fiche descriptive du lot 58 se trouve ici :
https://www.rossini.fr/lot/175146/32505197-le-jeu-personnel-du-plus-grand-joueur-dechecs-du-xviiie

Photo provenant du catalogue de Rossini

Il faut souligner que ce jeu d’échecs apparaissait clairement comme l’un des objets majeurs de la vente. Sa photographie figurait d’ailleurs en couverture du catalogue.
 
Couverture et 4e de couverture du catalogue de vente
 
En contact avec la SEPhSociété d’Étude Philidorienne —, sa présidente, Mme Coutin, m’a indiqué :
« Nous avons essayé de raisonner la branche de la famille Philidor qui le possède : en vain ! Les propriétaires ont tenu à la formule “vente aux enchères”, tout en souhaitant qu’il soit préempté par un musée ou une autre institution nationale. »

Dès lors, une question s’imposait : que faire pour “sauver” ce jeu d’échecs historique ?
En tant que président de la commission Art, Culture et Histoire de la FFE, j’ai alors décidé d’alerter largement différents organismes officiels sur cette vente, en adressant dès le soir du 25 février un message à de nombreux destinataires institutionnels : BnF, ministère, musées, etc. 
 
Mon courriel se terminait par ces mots :
« Compte tenu de la portée internationale de cette vente et de l’intérêt probable de collectionneurs étrangers, je souhaite attirer votre attention sur le risque de sortie du territoire national de cet objet. »
 
Éloi Relange, président de la Fédération Française des Échecs, également en copie de ce message, l’a relayé à Yves Marek, ancien président de la FFE, haut fonctionnaire et passionné d’échecs. Celui-ci a immédiatement perçu l’intérêt patrimonial du jeu de Philidor et a soutenu cette demande de préemption. Son intervention a été probablement déterminante pour la suite.

Revenons maintenant au jeu lui-même. 

Oliver Sheppard a mené quelques recherches et m’a signalé cette page qui recense un grand nombre de jeux d’échecs britanniques :
https://www.britishchesssets.com/18thCenturyEnglishSets/index.html

La page suivante présente également une belle collection de jeux d’échecs classés par siècle :
https://www.chessantiquesonline.com/rochford_collection/Eng_Playing_Sets.html

Il est ainsi possible de conclure qu’il s’agit bien d’un jeu d’échecs anglais du XVIIIe siècle. Le modèle exact n’apparaît pas sur ces deux sites, mais on y trouve des exemplaires très proches, qualifiés d’extrêmement rares (avant même de parler de Philidor).

Nous sommes là face à un type de jeu qui donnera plus tard naissance au modèle dit « Calvert », au début du XIXe siècle. 

Un modèle de jeu britannique très proche de celui de Philidor - Photo british chess sets 
Milieu du XVIIIe siècle. Un jeu différent du modèle Français de type Régence. 

Et son évolution au début du XIXe siècle - Modèle Calvert, bien avant le jeu de type Staunton.

Le temps passe, et nous arrivons au vendredi 13 mars, jour de la vente aux enchères.
Ce fut aussi l’occasion de prendre quelques photographies sur place.

La maison de ventes Rossini se trouve rue Rossini, dans le centre de Paris, en face de Drouot, célèbre hôtel des ventes.

Au début de la vente, le jeu de Philidor constituait le lot 58. Très rapidement, les enchères se sont envolées. D’une mise à prix fixée à 8 000 euros, plusieurs enchérisseurs sur internet ont fait monter le prix autour de 20 000 euros. Puis s’est engagé un duel entre une personne présente dans la salle et un enchérisseur au téléphone. Après une joute de quelques dizaines de secondes, le commissaire-priseur adjugeait le jeu d’échecs de Philidor à 65 000 euros (!).

 

Dans la salle de vente, juste avant le coup de marteau final du commissaire priseur 

Immédiatement après la chute du marteau, une femme s’est levée dans la salle en déclarant :
« sous réserve de préemption du musée Carnavalet ».

Soulagement.

Les démarches entreprises avaient donc abouti : une institution avait heureusement perçu l’intérêt d’exposer cet objet au public, plutôt que de le voir potentiellement partir à l’étranger. Il est rare qu’une préemption annoncée n’aboutisse pas. J’espère donc que chacun pourra admirer prochainement ce jeu d’échecs au musée Carnavalet, où se trouve déjà le buste de Philidor sculpté en 1783 par Pajou.

Buste de Philidor au musée Carnavalet à Paris. Par Augustin Pajou, 1783.

Pour terminer, rectifions une erreur que l’on rencontre un peu partout au sujet de Philidor, y compris dans le catalogue de la maison Rossini. Philidor, enfant de France, n’a jamais fui son pays. Il se rendait chaque année à Londres pour des raisons matérielles et professionnelles, et s’est retrouvé bloqué en Angleterre, considéré comme émigré, sans pouvoir revenir à Paris, alors même que tel était son souhait le plus cher, comme le montre sa correspondance, souvent poignante, avec son épouse. 

vendredi 13 mars 2026

Une photographie méconnue de Jules Arnous de Rivière

J’ai récemment découvert, sur Facebook, une photographie de Jules Arnous de Rivière que je ne connaissais pas. Elle avait été publiée par Sarah Beth Cohen sur sa page Facebook.

Malheureusement, je n’ai pas pu obtenir d’indication sur la provenance de cette image et je ne dispose donc pas, à ce stade, de ses références exactes. Je suis par conséquent preneur de toute information à son sujet : où cette photographie a-t-elle été prise ? Peut-on en préciser la date ?

On y voit Jules Arnous de Rivière en train de jouer une partie d’échecs. On distingue également une très belle pendule, peut-être un modèle produit par la maison Fattorini & Sons. L’échiquier (plateau et pièces) est typique de ceux que l’on rencontrait au Café de la Régence. On aperçoit aussi des feuilles destinées à la notation de la partie.

À titre d’hypothèse, il me semble que cette photographie pourrait dater du début du XXe siècle.


mardi 10 mars 2026

Un placard du Café de la Régence retrouvé aux Archives Nationales

Décidément, les Archives nationales réservent des découvertes extraordinaires. 
Il y a environ un an, j’ai publié un article consacré à François Leclerc, propriétaire du Café de la Régence au XVIIIe siècle, décédé le mercredi 20 avril 1746.

J’ai découvert dernièrement un document remarquable — un placard, au sens strict du terme — dont un exemplaire a sans doute été affiché sur la façade du Café de la Régence.

Cote : MC/PL//13. Collection de placards de décès parisiens constituée par le Minutier central des notaires de Paris.
 


Vous êtes priés d'assister au convoi d'enterrement de Monsieur LE CLERCQ, Marchand Limonadier & Bourgeois de Paris, décédé en sa maison Place du Palais Royal; Qui se fera cejourd'huy Jeudi 21e Avril 1746 à quatre heures du soir, en l’Église de Saint-Germain-l'Auxerrois, sa Paroisse

Requiescat in pace (qu'il repose en paix)
 
L'église Saint-Germain-L'Auxerrois se trouve à proximité du Louvre

dimanche 15 février 2026

Le neveu de Rameau - Paris, Editions Monceau 1946

Cela fait maintenant 14 ans (!) que j'ai publié sur ce blog un article sur Diderot et Le neveu de Rameau, incontournable pour le Café de la Régence.
 
  
Si le temps est trop froid ou trop pluvieux, je me réfugie au café de la Régence. Là, je m’amuse à voir jouer aux échecs. Paris est l’endroit du monde, et le café de la Régence est l’endroit de Paris où l’on joue le mieux à ce jeu.  
 
M. Manfred Mittelbach m'a signalé, parmi beaucoup d'autres choses exceptionnelles sur lesquelles je reviendrai plus tard, une très belle édition du livre de Diderot. Cette édition date de 1946 et contient un grand nombre d'illustrations de qualité signées Philippe Ledoux.
 
Merci beaucoup à Manfred ! 
 
 
Cet ouvrage réalisé sous la direction artistique de Germaine Marquais, a été tiré à neuf cent quatre-vingt-dix-huit exemplaires sur vélin blanc à la forme des papeteries de Rives dont 11 numérotés de I a XI contenant un dessin original de Philippe Ledoux et neuf cent quatre-vingt-sept numérotés de 1 à 987. achevé d’imprimer le 15 mars 1946 sur les presses de Jourde & Allard, maître imprimeur à Paris, pour la typographie et dans l’atelier de André Bary pour les illustrations reproduites en héliotypie.  
 
 
J'ai réussi à le dénicher et je vous partage ici quelques dessins tirés de cette édition, dont deux qui représentent une vue d'artiste de l'intérieur du Café de la Régence dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle et qui me semblent tout à fait réalistes.  
 
 
L'intérieur du Café de la Régence 

 

 
L'intérieur du Café de la Régence  

samedi 3 janvier 2026

Les derniers mois de Lionel Kieseritzky

 
La fin de vie de Lionel Kieseritzky n'était pas très claire à mes yeux jusqu'à ce que je trouve plusieurs documents qui éclairent ses derniers mois. Voici le résultat de mon enquête.
 
J'ai déjà eu l'occasion d'écrire pas mal d'articles le concernant, dont voici les liens principaux dans ce blog :
Différentes lettres de sa correspondance, essentiellement avec son frère, où il décrit son arrivée à Paris, ses difficultés, etc.:
 
En 1851, Kieseritzky va à Londres pour le 1er grand tournoi international d'échecs qui se joue durant l'exposition universelle. Il s'y rend en tant que meilleur joueur français du moment. Ce n'est pas un grand succès pour lui, mais son nom restera à jamais dans les annales du jeu d'échecs grâce à la partie dite "immortelle" contre Anderssen en marge du tournoi.
 
 
Certificat d'arrivée en Angleterre. 
Kieseritzky arrive à Folkstone le 24 mai 1851.
Il est indiqué la nationalité Russe, mais il dispose d'un passeport du gouvernement français. 
Le tournoi de Londres a lieu du 27 mai 1851 au 15 juin 1851. 


Certificat d'arrivée en Angleterre.  
Et le 1er août 1851, Kieseritzky revient à Londres en provenance de Boulogne.
Il est amusant de voir que dans la profession il est indiqué gentleman.
 
La revue La Régence, dont il était le rédacteur, s'arrête en décembre 1851. 
 

 
Le système de notation très particulier, et qu'il avait inventé, est une des causes de l'arrêt de la revue qui n'est pas rentable.
 
Je retrouve ensuite sa trace dans un journal anglais Western Courier West of England Conservative du 26 mai 1852. Toujours dynamique, Kieseritzky essaye de mettre en place un match par correspondance entre Londres et Paris, près de 20 ans après celui de 1834-1836 dont La Bourdonnais était à l'origine.
 

British Newspaper Archive.
Western Courier West of England Conservative du 26 mai 1852 
 
Traduction en français de l'article
 
Notre chronique échiquéenne.
Le match entre la France et l’Angleterre
par correspondance et par l’intermédiaire
du télégraphe électrique.

Dans peu de temps, un match d’échecs aura lieu entre le Club de Paris et le club de St. George, à Londres. Le match devra se composer de deux parties jouées par télégraphe électrique, et de deux parties jouées par correspondance selon l’usage habituel.

M. Staunton s’est adressé à M. Kieseritzky et a proposé que lui-même, M. Wyvill et le capitaine Kennedy dirigent le match pour le compte du club de St. George ; il souhaite que M. K. s’entende avec M. Laroche et les autres amateurs français. Le prix du match serait de cinquante guinées, correspondant au reliquat de la souscription du Grand Tournoi.

Privé de la coopération de M. Laroche, en raison de ses affaires personnelles à Bayonne, et estimant que le match présenterait un très grand intérêt, M. Kieseritzky en a fait la proposition au Cercle de La Régence, qui l’a acceptée et a nommé un comité composé des messieurs suivants : MM. Devink (président), Crampell (secrétaire), Chamouillet, Delannoy, Garcia, Journaux, Kieseritzky et Séguin, chargés de fixer les conditions du match.

Le Cercle, après s’être entendu avec la Compagnie du télégraphe électrique, propose aux joueurs anglais que deux parties soient jouées par ce moyen, afin que chaque camp ait le premier coup une fois, et offre en même temps un prix supplémentaire de 1 250 francs aux vainqueurs.
 
Mais je n'ai pas trouvé d'autres informations relatives à ce match.
Je doute que celui-ci ait eu lieu.  
 
Kieseritzky a-t-il eu des problèmes de santé vers le mois de juin 1852 ?
C'est fort possible. 
 
Une lettre datée de quelques mois plus tard du collectionneur Camille Théodore Frédéric Alliey à Tassilo von Heydebrand und der Lasa indique

Lettre conservée à la bibliothèque de Kornik en Pologne, datée du 4 février 1853

Durant mon court dernier séjour à Paris, M. Kieseritzky a toujours été si malade que je n'ai pu me faire traduire les passages de la Schachzeitung qui, comme vous me le dite fort bien me seraient indispensables pour ma bibliographie.
 
Et c'est là que nous entrons dans les derniers mois de Lionel Kieseritzky.
Les archives de l'APHP (Assistance Publique Hôpitaux de Paris) permettent de trouver des informations essentielles avec un peu de patience (des dizaines de pages consultées). 
Et j'ai fini par trouver un registre qui mentionnait Lionel Kieseritzky à l'hôpital de la Charité à Paris (hôpital disparu de nos jours).
 
  
La page où se trouve l'indication du séjour de Lionel Kieseritzky à l'hôpital de la Charité.
Un hôpital pour les indigents, les marginaux, les étrangers etc. 

Kieseritzky est indiqué comme professeur de mathématiques, avec un domicile rue Dauphine dans le 10ème arrondissement de Paris (arrondissement suivant l'ancienne numérotation). D'ailleurs, le numéro 18 est erroné, Kieseritzky habitait au 24 de la rue Dauphine.  
On trouve ensuite son lieu de naissance Dorbath (Dorpat) en Lyvonie (sic), actuellement la ville de Tartu en Estonie. 

 
La page de droite nous renseigne beaucoup plus.
La mention "Garçon" indique qu'il est célibataire.
Ensuite on apprend qu'il a une hémiplégie (paralysie d'un côté du corps) et qu'il occupe le lit 14 dans la salle (Saint) Michel.
Il faut imaginer une grande salle avec une quarantaine de lits et peu d'intimité. 
Et en continuant sur la droite de ce triste tableau on peut lire "ramollissement du cerveau" et décès le 19 mai (1853) après 45 jours de séjour à l'hôpital de la Charité, soit une entrée le 4 avril 1853.
Le fait qu’il y reste 45 jours signifie :
il est grabataire (hémiplégie),
il n’a personne pour s’occuper de lui à domicile,
il devient un cas chronique, puis terminal. 
 
L'hémiplégie, ainsi que la mention médicale de l'époque "ramollissement du cerveau", indique assez clairement la pathologie dont souffrait Lionel Kiseritzky :  très probablement un AVC ischémique.
 
Détail terrible : la plupart du temps si le patient n'était pas réclamé, alors une autopsie avait lieu.
Ce qui a été très probablement le cas pour Lionel Kieseritzky. 
 
Les archives de Paris permettent de trouver l'acte de décès reconstitué
 

Difficile de trouver l'information de son décès dans les journaux français de l'époque.
Je n'ai pas trouvé de mention de son décès sur Retronews pour le moment. 
Mais j'en ai trouvé la trace dans un journal britannique.
 

British Newspaper Archive. 
11 juin 1853 Farmer's Friend and Freeman's Journal
 
Traduction en français de l'article
 
Mort de Kieseritzky, le grand joueur d’échecs.
— C’est avec un profond regret que nous devons annoncer la mort du célèbre Herr Kieseritzki, longtemps l’ornement et le favori du Club des échecs de Paris, et l’un des joueurs les plus brillants de son époque. Pour diverses causes pénibles, il avait été contraint, depuis de nombreux mois déjà, d’abandonner toute fréquentation du club, son intelligence s’en trouvant affectée, jusqu’à ce qu’enfin ses amis jugent prudent de le placer dans ce refuge des affligés, l’Hôtel-Dieu, où il rendit son dernier souffle le 18 du mois dernier.
 
L'article contient deux erreurs (Hôtel-Dieu au lieu de la Charité, et 18 mai au lieu du 19 mai).
Mais on y apprend qu'il avait abandonné toute activité depuis de nombreux mois... Sans doute depuis la proposition du match par correspondance en mai 1852.
 
Un scénario pourrait donc être un premier AVC en juin 1852, suivi d'une aggravation (2ème AVC ?) en début d'année 1853.
 
Restait la question du lieu de son inhumation. A nouveau il a fallu faire une recherche un peu fastidieuse en ligne. Mais on finit par y arriver grâce à la numérisation de plus en plus massive de documents anciens.
Cette fois-ci ce sont les registres des cimetières de Paris qui m'ont permis de découvrir son lieu d'inhumation.
 

Archive de Paris, registre des cimetières. Je l'ai donc trouvé au cimetière de Montparnasse.
Sur la page de gauche, il est donc possible de lire qu'il a été inhumé le 22 mai 1853 à l'âge de 47 ans.
Sur la page de droite, on lit qu'il a été inhumé dans la fosse commune de la 6ème division du cimetière Montparnasse. A nouveau un marqueur de sa grande pauvreté et de la tristesse de son état social à la fin de sa vie. 

Je me suis donc rendu au cimetière Montparnasse. 
En 1853 le cimetière Montparnasse est plus petit que le cimetière actuel. 
Une petite recherche m'a montré que la 6ème division de l'époque était désormais la 8ème division actuelle. On le voit en comparant le plan actuel avec un plan de 1865 (Astrié - Guide des cimetières). 
 


Mais il n'y a point de fosse commune de nos jours dans la 8ème division. En effet, celles-ci ont disparu au fur et à mesure de l'occupation de l'espace par de nouvelles tombes. Le contenu des fosses communes était alors transféré vers les différents ossuaires du cimetière (galeries dans le sous-sol du cimetière, voir ici un très bon article à ce sujet.).
 
Photo d'un ossuaire du cimetière de Montparnasse.
Photo prise sur le site https://www.neverends.net/les-escaliers-de-lossuaire-montparnasse/ 
 
Bref, il n'y a plus de trace d'un éventuel lieu d'inhumation de Lionel Kieseritzky au cimetière de Montparnasse. 
 
 
Pour la petite histoire, dans la 8ème division (anciennement la 6ème division) se trouve la tombe d'un autre champion d'échecs : Alexandre Alekhine.
 
La tombe d'Alexandre Alekhine