samedi 3 juillet 2021

Naissance de l’association des échecs du Palais-Royal et fin de l'U.A.A.R.

L’année 1918 est critique pour les échecs au Café de la Régence. Un désaccord profond avec le propriétaire des lieux, Lucien Lévy, entraîne la fuite des joueurs d’échecs. Voir les deux articles que j’ai consacrés à ce sujet (il y a presque 10 ans !) : premier article et deuxième article

Le Journal Officiel du 7 septembre 1918 indique 

Source : Gallica

« UNION AMICALE DES AMATEURS D’ÉCHECS DE LA RÉGENCE. Association. Groupement d’amateurs d’échecs. Siège à Paris, Café de l’univers, rue Saint-Honoré, 159. 4 septembre 1918 ».

L’UAAR. fusionnera avec l’association LES ÉCHECS DU PALAIS-ROYAL créée quelques mois auparavant en juin 1918 également au Café de l’Univers (peut-être par des joueurs dissidents déjà partis du Café de la Régence ?!). Voici un autre extrait du Journal Officiel du 7 juin 1918.

Source : Gallica

« Date de la déclaration : 5 juin 1918
Titre : Les Échecs du Palais-Royal (association amicale)
Objet : groupement d’amateurs d’échecs
Siège social : café de l’Univers, 159, rue Saint-Honoré  »

L’association des Échecs du Palais-Royal quittera le Café de l’Univers en 1920 (je ne connais pas la date exacte) pour se retrouver au Café de la Rotonde dans le jardin du Palais-Royal. Le Café de la Régence ne sera plus que l’ombre de lui-même pendant près de 10 ans, avant le retour d’une certaine activité échiquéenne à La Régence vers 1930.

Mais en attendant, dans les années 1920, les joueurs d'échecs ne sont guère optimistes sur l'avenir de la Régence. Citons d’abord Alphonse Goetz dans la revue Cinéma du jeu des Échecs de décembre 1922.

« Tournoi d’Hiver du Cercle d’Échecs du Palais-Royal
Le Cercle du Palais-Royal, qui a son siège au Café de la Rotonde, est l’ancienne Association Amicale des Amateurs de la Régence, qui a quitté le Café de la Régence en 1918 et qui a pris depuis un si brillant essor sur l’initiative intelligente de notre camarade Conti. 
Le Café de la Régence, où quelques dissidents avaient essayé d’abord de maintenir une association d’amateurs, semble perdu pour la cause des échecs en France. » 

Ou bien encore, Gaston Legrain dans les Cahiers de l’Échiquier Français (3ème cahier trimestriel – 1925 – Page 75). Gaston Legrain évoque une association éphémère : La Régence-Association Française d’Amateur d’Échecs – créée après le départ de l’U.A.A.R.

Source : Gallica

« Hélas ! Cette association  n’eut qu’une durée éphémère et la ruche n’a plus maintenant que quelques abeilles passagères. Depuis le départ de la Société de l’Union Amicale d’Échecs de la Régence, devenue celle des Échecs du Palais-Royal, la petite salle du fond, dernier refuge des joueurs d’échecs, n’est plus – horresco referens – qu’un coin servant d’office à l’immeuble brasserie-restaurant. Un de ses murs a été abattu. De hauts comptoirs sur lesquels s’aligne toute la gamme des boissons et derrière lesquelles fument les percolateurs, ont remplacé la plupart des tables où s’affrontèrent les maîtres de l’échiquier. 

Le célèbre café est devenu un restaurant  la mode et quelques peintures murales, quelques gravures, une table, sont les seuls vestiges d’un renom séculaire et mondial. L’endroit jouit cependant d’une telle célébrité que les amateurs d’Échecs du monde entier qui viennent à Paris ne manquent jamais de lui rendre visite et d’y jouer quelques parties.

Le président du Marshall Chess Club de New-York raconte récemment qu’il avait eu comme adversaire à la Régence, il y a quelques années, un homme d’une affabilité extrême. Il découvrit le lendemain, par les journaux, que c’était Bonar Law, le ministre anglais.

Petit sanctuaire des Échecs, si riche en souvenir, nous ne croirons jamais que nous avons écrit la dernière page de ton histoire.»

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